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Éducation en RDC : l’appel d’un pédagogue congolais de France pour une réforme alignée aux standards internationaux
En France, le niveau d’études exigé pour enseigner à l’école primaire est Bac+3. Mais pour accéder à ce poste, il faut d’abord réussir le concours de Recrutement des Professeurs des Écoles (CRPE), à l’issue duquel l’on est nommé professeur des écoles, explique un enseignant et écrivain congolais vivant à Paris.
Ayant exercé comme vacataire dans l’enseignement privé catholique en France (une fonction équivalente à celle d’enseignant de relève en RDC) et aujourd’hui orienté vers l’éducation spécialisée, il partage son expérience afin d’éclairer ses compatriotes. Cette démarche intervient à l’occasion de la réforme annoncée dans le plan quinquennal (2025-2029) du Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté en RDC.
Dans un entretien à bâtons rompus accordé le mercredi 10 septembre 2025 à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, il est revenu sur son parcours et son choix d’orientation professionnelle.
« J’étais ce qu’on appelle un vacataire (remplaçant) au niveau de l’enseignement privé catholique et, n’étant pas Français, je n’avais pas le droit d’accéder à la fonction publique », souligne-t-il.
Et d’ajouter : « Je me suis tourné vers l’éducation spécialisée. Je m’occupe désormais d’entretiens avec des jeunes présentant des troubles du comportement. »
Pour obtenir ce nouveau statut, il a dû suivre trois années supplémentaires de formation en France, malgré son diplôme d’État en pédagogie générale et sa licence en communications sociales obtenus à Kinshasa.

Soutenant la réforme initiée par la Ministre d’État à l’EDU-NC, Raïssa Malu Dinanga, qu’il estime conforme aux standards internationaux, il recommande néanmoins une revalorisation salariale des enseignants congolais titulaires d’un Bac+3. Selon lui, les diplômes ne devraient pas être dépréciés. À titre comparatif, il rappelle qu’en France, un enseignant débutant touche environ 2 000 € par mois, et non 200 €.
En parallèle de sa carrière d’enseignant, il poursuit sa passion pour l’écriture. Il est l’auteur de quatre ouvrages : « Histoires étonnantes du Congo », « Le village qui n’existait pas », « Le bourreau des femmes seules » et « Lomami ».
Jules KISEMA KINKATU / CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
