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RDC: la CENCO demande à F. Tshisekedi de poursuivre véritablement la lutte contre la corruption et l’impunité

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Réunis en Assemblée Plénière ordinaire à Kinshasa du lundi 14 au vendredi 18 juin 2021, les Evêques membres de la CENCO ont rédigé un message pour les fidèles catholiques et les hommes de bonne volonté. Ce message qui est un appel à la cohésion nationale a été rendu public par le Secrétaire général de la CENCO, l’Abbé Donatien Nshole, le lundi 21 juin 2021 à Kinshasa. Voici l’intégralité de ce message.  

MESSAGE DE LA 58ème ASSEMBLEE PLENIERE DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO)

 

APPEL A LA COHESION NATIONALE

 SOYONS UNIS (cf. 1Co 1, 10)

Nous, Cardinaux, Archevêques, Evêques et Administrateur Apostolique, réunis à Kinshasa en la 58ème Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 14 au 18 juin 2021, nous sommes penchés, entre autres, sur la situation actuelle de notre pays.

En vertu de notre ministère pastoral et prophétique, nous lançons un appel à la cohésion nationale pour un Congo stable où règnent la justice et la paix.

La cohésion, une force dans l’épreuve

« Unis par le sort, unis dans l’effort », nous Congolais, sommes appelés à former une communauté nationale autour des idéaux de liberté, de fraternité, de solidarité, de justice, de paix et de travail[1], comme chanté dans notre hymne national. Cette vision d’un Congo uni et fort, nous la manifestons souvent, comme à l’occasion de participation à des compétitions sportives, de l’octroi des titres internationaux à nos compatriotes ou quand la souveraineté de notre pays est menacée[2]. Le même élan a été traduit plusieurs fois dans les cadres de concertation[3] entre Congolais qui ont toujours permis  de trouver un consensus qui renforce la cohésion et l’unité nationale.

Dans cette perspective, nous avons apprécié à leurs justes valeurs, les premiers gestes du Président de la République, notamment la décrispation du climat politique et la liberté d’expression dans les médias, la libération des prisonniers politiques et d’opinions, le retour au pays des exilés politiques, la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement de base, et aujourd’hui la proximité avec nos frères et sœurs sinistrés par l’éruption du volcan Nyiragongo.

Ces gestes renforcent l’unité du Congo et la cohésion nationale. Cependant, nous constatons que cette unité est de plus en plus menacée par les antivaleurs telles que le népotisme, le tribalisme, le régionalisme, le clientélisme, l’exclusion des adversaires politiques, des pratiques et des discours qui fragilisent les liens sociaux. Cet état de choses brise le rêve commun et compromet la cohésion nationale sur plusieurs plans qui deviennent de véritables défis.

Les défis

Sur le plan socio-politique

L’option de la politisation de la CENI, avec la prédominance de la nouvelle Majorité au pouvoir, adoptée au Parlement, ne rassure pas tous les acteurs politiques et sociaux, et ne garantit pas un processus électoral crédible. Ce qui porte les germes de contestation et de crises de légitimité qui fragilisent davantage la cohésion.

Le processus constitutionnel de la décentralisation et du découpage des Provinces, initié dans le pays était censé rapprocher les gouvernants des gouvernés et lancer des dynamiques de développement endogène à partir de la base. Depuis le découpage territorial du pays en 26 Provinces, nous assistons à une instabilité chronique des institutions provinciales due, essentiellement à des manipulations politiciennes et à la cupidité de certains. Pareils comportements divisent les communautés au niveau des provinces et ne contribuent nullement à la consolidation de la démocratie ni à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Sur le plan socio-économique

Les efforts fournis par le Gouvernement méritent d’être soulignés, notamment la hausse des réserves de change au niveau de la Banque Centrale, et des initiatives prises dans les différents ministères. Mais, la majorité de la population continue à faire face à l’extrême pauvreté. Curieusement, à côté d’elle, il y a encore et toujours une poignée de compatriotes qui s’enrichit de façon scandaleuse et sans cause. D’aucuns se demandent si ce n’est pas le fruit de la corruption et du détournement des deniers publics au profit personnel. Cette situation a aussi un impact négatif sur la cohésion nationale dans la mesure où elle creuse davantage le fossé entre les riches et les pauvres.

Sur le plan sécuritaire et humanitaire

Nous avons, à plusieurs reprises, dénoncé l’insécurité et les violences qui endeuillent notre pays, plus spécialement dans le Nord et le Sud Kivu, ainsi qu’en Ituri. Ces événements malheureux, qui secouent notre pays, doivent être pour nous un motif d’assumer nos responsabilités et de resserrer davantage nos liens de solidarité et de fraternité (cf. 1Co 12, 26), afin de raffermir notre amour de la Patrie. En ce sens, nous saluons les dispositions militaires prises par le Président de la République et l’Etat de siège récemment décrété dont nous espérons les effets positifs. Cependant, nous déplorons le fait que certains de nos compatriotes pactisent encore avec les agresseurs pour des fins égoïstes, et d’autres en font une exploitation politicienne pour en tirer des dividendes.

Sur le plan de la justice et des droits humains

La Justice est un des piliers d’un Etat de droit ; elle grandit une nation (cf. Pr 14,34)[4]. Par contre, dans notre pays, elle continue à être mal rendue, gangrénée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos compatriotes, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices. La corruption, hélas, semble être le principal moyen pour gagner un procès. Par ailleurs, le droit cède la place au clientélisme, au régionalisme, au tribalisme et au népotisme. La cohésion nationale est ainsi mise à mal, particulièrement quand la Justice est exploitée pour écarter les concurrents politiques.

La population a bien accueilli la fin de la coalition et l’avènement du nouveau Gouvernement censé répondre à ses besoins.  Il s’avère que, dans la réalité, le budget national privilégie les institutions politiques au détriment du bien-être de la population. Cette injustice  ne fait que renforcer les inégalités sociales.

III. Nos recommandations

En vue de renforcer l’unité et la cohésion nationale, nécessaires pour le développement du pays, nous recommandons :

A Son Excellence Monsieur le Président de la République

– De promouvoir les initiatives favorisant l’unité nationale ;

– De veiller à la bonne représentativité géographique dans les institutions, notamment en décourageant le tribalisme ;

–   De mettre davantage l’Armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission de défendre et de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire national ;

– De poursuivre véritablement la lutte contre la corruption et l’impunité.

Au Parlement

13.– De ne pas voter les lois qui préconisent la discrimination et menacent la cohésion nationale ;

–   D’initier les lois qui détribalisent les institutions ;

–   De ne pas abuser des immunités parlementaires pour échapper à la justice ;

– D’améliorer sensiblement la loi électorale afin de rassurer la population de la crédibilité des élections en 2023.

Au Gouvernement

14.– De rééquilibrer les dépenses des institutions proportionnellement aux besoins de la population ;

–   De promouvoir des projets de société qui renforcent l’intégration nationale, tels que la construction des routes nationales ;

– D’évaluer au niveau national le processus de la décentralisation et les moyens les plus efficaces de stabiliser les institutions provinciales et de les mettre au service de la population ;

–   De veiller au respect du cycle électoral, gage de la démocratie ;

–   De revaloriser les fêtes nationales et les symboles forts de la Nation.

A nous, Peuple congolais

– De ne pas nous laisser entrainer par des discours et des actions séparatistes, car c’est la cohésion qui permet de souder le pays même dans les épreuves ;

– De soutenir toute bonne initiative de notre Gouvernement, au-delà de nos tendances politiques ;

– De lutter ensemble contre la pandémie du Coronavirus en respectant les gestes barrières et en nous faisant vacciner afin de nous protéger et de protéger les autres ;

–   De demeurer vigilant pour la tenue des élections en 2023.

A la Communauté Internationale

16.– D’appuyer les projets promoteurs de la cohésion nationale ;

–   D’évaluer le rôle des pays voisins de la RD Congo dans la persistance des violences et des massacres ;

– D’aider la RD Congo à lutter contre tous les mouvements fondamentalistes qui se     déploient dans le pays.

Conclusion

Unis par le sort, les uns ayant  « la nationalité congolaise d’origine », les autres l’ayant « d’acquisition individuelle »[5], nous sommes tous, à titre égal, filles et fils de la RD Congo. Nous sommes invités à apprécier ce que nous sommes, apprécier aussi les autres, afin de mettre ensemble ce qui nous est commun et ce qui nous différencie, pour le plus grand bien de tous et la gloire de Dieu. La diversité des tribus fait partie du patrimoine qui constitue le Congo, ce don béni que nous avons reçu de nos aïeux. Elle ne doit pas nous porter à l’exclusion des autres, mais plutôt à une opportunité d’enrichissement des uns et des autres, et une base pour le développement de notre Nation[6].

Comme Saint Paul l’a recommandé aux Colossiens en affirmant « Là, il n’est plus question de Grec ou de Juif, … de Barbare, …, d’esclave, d’homme libre ; il n’y a que le Christ, qui est tout et en tous » (Col 3, 11), nous vous prions, chers filles et fils de la RD Congo, de ne pas réfléchir ni agir en terme d’origine, de tribus ou de région. Soyons unis (cf. 1Co 1, 10) pour un Congo fort et prospère.

Au regard de l’impératif de sauvegarder la cohésion et l’unité nationale, nous décrétons pour l’Eglise-Famille de Dieu qui est en RD Congo, une Journée de prière pour l’Unité nationale, en la date du 30 juin 2021.

Par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et par celle de nos Bienheureux Isidore Bakanja et Marie-Clémentine Anuarite, que Dieu bénisse la RD Congo et son Peuple.

Fait à Kinshasa, le 18 juin 2021

 

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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