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RDC/Kongo central : mort suspecte à la Regideso-Matadi
Incroyable mais vrai. Pascal Mwanandeke, « Tonton » pour les intimes, a trouvé la mort dans les installations de la Regideso à Matadi dans des conditions rocambolesques.
Selon des responsables de la Regideso Matadi, l’infortuné était à la tête d’une équipe de 4 personnes appelées à réparer lundi 30 décembre 2019 une des canalisations de l’usine de traitement d’eau.
Il aurait été surpris par un gros moellon entrainé par un éboulement, alors qu’en sa qualité de Chef d’équipe, il tentait de récupérer un engin oublié dans le caniveau après l’exécution de leur tâche.
L’incident s’est produit à 15H00 mais Pascal Mwanandeke n’a été secourru qu’à 17heures soit deux heures plus tard alors que son corps était dejà inerte. Pourtant, l’incident s’est produit dans l’enceinte même de l’usine juste à quelques mètres des bureaux de la Regideso.
UN MONTAGE SELON LA FAMILLE
Les masques sont tombés quand les membres de Famille alertés par un des amis à Tonton Mwanandeke sont arrivés 24 heures après à Matadi.
Après avoir inspecté le site de l’incident et le corps de la victime ainsi que les premières photos diffusées par ses amis, les membres de la famille se sont convaincus que leur enfant a été assassiné avant d’être placé à l’endroit présenté par les responsables de la Regideso. Surpris par des versions contradictoires fournies par les témoins du prétendu incident, la famille a décidé de saisir le Parquet.
D’après leur constat, la victime ne présentait aucune contusion sur la tête ni aucune fracture des membres sur son corps supposé avoir été écrasé par l’éboulement des moellons; une seule plaie enfoncée à la gorge et la profondeur du canniveau de moins de deux mètres. Difficile pour un « mbingazor ». (costaud) de sa trempe de succomber facilement dans de telles conditions.
Qui pis est le téléphone de la victime est toujours porté disparu alors qu’il était supposé se trouver dans sa poche au moment de l’incident, à en croire ses collègues questionnés par la famille.
» Il s’agit d’un montage amer et difficile à avaler par n’importe qui, pour camoufler les faits », tempête Valentin Bayekula, un des proches à la victime.
À l’en croire, Pascal avait communiqué avec plusieurs personnes, amies ou connaissances, quelques heures avant sa mort.
Pour rappel, Pascal Mwanandeke avait quitté Kinshasa pour Matadi en 2014 aux côtés d’un cadre d’une institution bancaire.
Au départ de ce dernier, Pascal Mwanandeke avec son Graduat de l’ISC, a préféré rester dans la ville portuaire parce qu’il avait commencé à travailler à la Regideso en 2015 d’abord comme journalier avec l’espoir de voir sa situation se régulariser. Son statut devrait donc évoluer cinq ans après avoir rendu des nobles services à la Regideso dans le cadre des raccordements sociaux financés à hauteur de 190 millions de USD par la Banque mondiale à Kinshasa, Matadi et Lubumbashi.
La trentaine révolue, Pascal était reconnu comme un garçon ut-sic, loyal, honnête, doux et très engagé dans la foi catholique.
Il était le Chef d’équipe des plusieurs travaux exécutés à la Regideso.
Mais les responsables de cette antenne provinciale de la Regideso soulignent que Tonton était contacté ce jour là comme un « Tacheron », c’est-à-dire une personne appelée pour exécuter une tâche spécifique.
Pourquoi ferait-il l’objet d’un complot? Qu’a-t-il fait pour meriter un tel sort? pourquoi son statut est resté inchangé cinq ans après ? A-t-il été victime de tribalisme? Un mystère épais plane encore.
*LE PROCÈS APRÈS L’ENTERREMENT*
Après une semaine de tiraillements avec la Regideso, la famille a sollicité du Parquet/Matadi la levée du corps de la morgue pour son inhumation à Kinshasa. Et c’est après l’enterrement prévu aujourd’hui que la phase judiciaire devra se poursuivre.
La chapelle ardente est erigée en sa mémoire sur l’avenue Mobutu nº3O, Route Petro Congo, Arret Tunnel. A suivre.
Martinez Ngyaluka
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Nord-Kivu II : les enseignants appelés à reprendre les cours lundi, le SYECO maintient la pression
Les différentes parties prenantes du secteur de l’éducation dans la province éducationnelle Nord-Kivu II ont appelé, vendredi, à la reprise effective des cours dès le lundi 20 avril à Butembo et à Beni, au terme d’une réunion tenue entre autorités scolaires, syndicats et représentants des parents.

Autour de la table figuraient notamment le PROVED, les sous-PROVED, le DINACOPE, les gestionnaires d’écoles, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo (ANAPECO) ainsi que des organisations syndicales.
À l’issue de « débats houleux », les participants ont convenu de privilégier l’intérêt des élèves en appelant à la reprise des activités scolaires.
« Après discussions et échanges d’avis, nous nous sommes convenus de la reprise effective de toutes les activités scolaires à Butembo comme à Beni dès ce lundi. Nous demandons aux enseignants, aux chefs d’établissements et aux parents de s’y conformer pour l’intérêt des enfants », a déclaré le PROVED Norbert Bisismwa Belekembaka.
Selon cette autorité scolaire, la grève n’a plus sa raison d’être, le Gouvernement ayant déjà entamé le paiement du salaire du mois de mars, principale revendication des enseignants.
Il a, en outre, critiqué la position du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), qu’il accuse de maintenir un mouvement de grève « injustifié », notamment en conditionnant la reprise des cours au paiement du mois d’avril, encore en cours.
De son côté, l’intersyndicale de la province, regroupant plusieurs organisations syndicales à l’exception du SYECO, a soutenu les résolutions issues de la réunion et appelé ses membres à reprendre les cours dès lundi.

Même son de cloche du côté de l’ANAPECO. Par la voix de son représentant, Jean de Dieu Katembo Sangala, l’association a exhorté les enseignants à « revenir à la raison » et invité les parents à envoyer massivement leurs enfants à l’école.
Cependant, le SYECO, particulièrement actif à Butembo, maintient sa position. Réuni jeudi en séance évaluative, ce syndicat a décidé de poursuivre la grève, exigeant notamment le paiement du salaire du mois d’avril avant toute reprise des cours.
Pour rappel, les enseignants des écoles primaires publiques, notamment à Butembo et Beni, observent un mouvement de grève sèche depuis le lundi 13 avril dernier.
Dalmond Ndungo/ CONGOPROFOND.NET
