Société
RDC : Installation, ce lundi à Kinshasa, de la coalition pays du « Réseau des Défenseurs des Droits humains »
La directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), Maximilienne Ngo Mbe, a mis en place, ce lundi 25 avril 2022, la coalition pays du REDHAC en RDC à CEPAS dans la commune de Gombe.
Maximilienne Ngo Mbe a encouragé les participants à continuer à lutter pour la protection des DDH. Elle a, par la même occasion, indiqué que le Réseau des DDH est un réseau sous-régional qui compte 8 pays de l’Afrique centrale, des coalitions pays, des défenseurs individuels, avec pour mission, la promotion et la protection des défenseurs en Afrique centrale et l’implication pour la paix durable ainsi que la réconciliation dans la sous-région, avec plus de 400 organisations.
Elle a souligné que cette organisation lutte pour la protection et la sécurité des DDH, le renforcement des capacités des défenseur(e)s pour leur travail efficace, également dans la médiation, prévention, paix et réconciliation nationale.
Le 3ème vice-président du REDHAC et membre du Conseil d’administration, Rostin Manketa, a, dans son mot d’ouverture, remercié la directrice exécutive, et la délégation qui l’a accompagnée, ainsi que les participants Défenseurs des droits humains pour leur disponibilité et l’importance accordé à cette activité. « Face aux menaces, intimidations, et harcèlement auxquelles font face les DDH, nous devons nous unir afin de lutter ensemble et aller de l’avant », a-t-il exhorté, avant d’inviter les participants à contribuer positivement dans la mise en place de cette structure citoyenne en RDC.
Annie Bambe, membre du conseil d’administration et communicatrice du REDHAC, a procédé à la présentation et l’installation du Comité (bureau) de la coalition pays, composé des dirigeants et membres des organisations des ONGDH et des journalistes.
Le comité se présente de la manière suivante : M. Robert Kabakela, de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), coordonnateur ; Mme Viviane Kitete, du Centre de rééducation pour l’enfance délinquante et défavorisée, coordinatrice adjointe.
D’autres personnes intéressées étaient également désignées notamment, Me Valentin ( Lideprov) , Me Emmanuel Kabengele (RSSJ), M. Kabasonga (OSD), Me William Wenga ( Human Rescue), Me Kalala( Institut alternative), Me Badibanga ( Toge Noire), Mme Mathilde Akakashi(V- Congo), M. Jean Bosco Puna ( SYNECAT), Elda Along( UCOFEM) et M. Junior Safari( REPRODEV).
Les organisations des provinces font aussi partie du comité national, à savoir le Nord-Kivu ( Vicar), le Kasaï central( Me Arthur Padinganyi) et le Kongo central ( Me Willy Iloma)
Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
