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RDC : Guillaume Ngefa tire la sonnette d’alarme sur la justice dans les zones occupées et propose des mesures urgentes
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a présenté au Conseil des ministres un rapport préoccupant sur la situation de la justice dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en particulier dans les zones sous occupation.
Il a rappelé que la Constitution de la République Démocratique du Congo, notamment en ses articles 19 et 149, confère à la seule autorité de la loi le pouvoir d’instituer des juridictions extraordinaires, tout en interdisant de soustraire quiconque au juge que la loi lui assigne. Or, dans les zones contrôlées par les forces d’occupation, la justice est quasiment inexistante. Cette vacance favorise de graves violations des droits humains, régulièrement documentées mais demeurant impunies en raison de l’absence d’une autorité judiciaire légitime.
Le ministre Ngefa a dénoncé l’initiative du M23 qui a récemment annoncé la création d’une commission prétendant préparer la relance du système judiciaire dans les territoires occupés, une démarche qu’il a qualifiée d’illégale et contraire à la Constitution.
Face à cette situation, le ministre de la Justice a recommandé plusieurs actions prioritaires :
– Protéger les civils et mettre fin aux violences ;
– Documenter les crimes commis pendant l’occupation et préparer leur poursuite judiciaire ;
– Adopter une résolution interdisant toute reconnaissance des actes ou décisions de justice émanant des autorités de fait, en les déclarant nuls et sans effet ;
– Assurer le rétablissement rapide des cours et tribunaux dans les zones libérées, parallèlement au déploiement des forces de sécurité ;
– Réaffirmer la politique de tolérance zéro contre l’impunité, en excluant de toute amnistie les auteurs et complices des crimes graves.
Pour concrétiser ces orientations, Guillaume Ngefa a proposé la mise en place d’une task force conjointe regroupant le Conseil supérieur de la magistrature, le Secrétariat général à la Justice ainsi que son cabinet ministériel, afin de travailler sur les mesures urgentes de consolidation de l’État de droit, notamment dans les villes d’Uvira et de Beni.
Tchèques Bukasa
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
