Connect with us

À la Une

Haut-Uélé : Écocide en cours et présence controversée des Chinois dans les mines congolaises

Published

on

La province du Haut-Uélé est au cœur d’un scandale minier qui oppose exploitants chinois, autorités locales et communautés désespérées. Depuis 2021, des milliers d’exploitants chinois se sont implantés dans les territoires de Watsa, Faradje, Wamba et Dungu, utilisant des engins lourds interdits dans les zones d’exploitation artisanale (ZEA) et opérant dans une opacité totale.

Malgré les richesses colossales extraites ( près de 95 % de la production d’or du pays), la province reste l’une des plus pauvres de RDC. Il est temps de révéler les dessous de cette exploitation illicite, ses conséquences environnementales et sociales, et l’absence criante de compensations pour les populations locales. D’où viennent ces chinois, combien sont-ils et quel statut ont-ils réellement pour devenir intouchables ?

Les exploitants chinois présents dans le Haut-Uélé proviennent majoritairement de provinces voisines comme l’Ituri, où ils ont été contraints de quitter certaines zones en raison de mesures restrictives. Ils se sont redéployés dans le Haut-Uélé via des coopératives minières congolaises factices telles que la Coopérative minière de l’Est du Congo (COOMEC), la Société et coopérative minière pour le développement intégral (SOCOOMEDI), ou encore la Coopérative de Matete (COMIMA).

Selon les services des mines du Haut-Uélé, environ une centaine d’exploitants chinois opèrent dans la province, détenant un arsenal d’engins lourds : 104 excavatrices, 63 motopompes à haute capacité et 7 bulldozers rien que dans le territoire de Watsa. Comment exploitent-ils l’or ? Par des méthodes illégales et destructrices. L’exploitation chinoise dans le Haut-Uélé viole ouvertement le code minier congolais.

Par l’utilisation d’engins lourds dans les zones artisanales : Dragues, excavatrices et bulldozers sont déployés dans les ZEA, où seuls les nationaux sont autorisés à opérer manuellement. Par des partenariats opaques avec des coopératives. Les Chinois signent des protocoles avec des coopératives locales (parfois sans droits légaux sur les ZEA), leur versant jusqu’à 15 000 $ mensuels pour utiliser leurs zones et bénéficier d’une protection juridique et sécuritaire.

La majorité des exploitants chinois ne disposent ni de permis de recherche (PR) ni de permis d’exploitation minière (PEM). Mais il s’observe une militarisation des sites exploités par des Chinois. Le recrutement de militaires pour protéger les sites entraîne un usage disproportionné de la force et bloque l’accès aux services de l’État. C’est ici que le rôle trouble du gouverneur Jean Bakomito Gambu interroge tout observateur averti.

La synergie de la société civile du Haut-Uélé a toujours alerté sur une destruction systématique de l’écosystème. Il y a une pollution des eaux et déforestation. Les engins lourds détruisent les forêts, polluent les rivières et appauvrissent les sols. Ces excavations abandonnées causent des noyades, comme en attestent des statistiques non maîtrisées. Il y a même des rivières déviées et asséchées.

À Watsa, le gouverneur Jean Bakomito a constaté que des rivières sont « pratiquement détruites » par l’extraction semi-industrielle. Mais qu’a-t-il fait ? RIEN. Quelle mesure a-t-il pris pour y remédier ? AUCUNE. Un rapport accablant décrit des « crimes écologiques » commis avec la complicité des autorités locales. Lesquelles ? C’est à la justice de nous le dire. Malgré leurs profits colossaux, les exploitants chinois ne contribuent pas au développement local.

Aucune infrastructure durable, aucun hôpital, école ou pont significatif n’a été construit par ces entreprises. Les quelques réhabilitations routières (comme l’axe Ganga-Ndedu-Tora-Durba par Shandong Construction) visent principalement à faciliter l’évacuation des minerais. Les communautés dénoncent des compensations « trop faibles, totalement dérisoires » pour la destruction de leurs champs et forêts.

Il y a un mépris manifeste des travailleurs locaux. Des accusations de mauvais traitements et de salaires de misère avec complicité des autorités provinciales conduisent à une résistance locale. Le gouverneur Jean Bakomito a ordonné en 2024-2025 pour la forme la suspension de plusieurs coopératives (SOCOOMICO, Giro Goldfield) pour « illégalité » et « crimes écologiques ». Cependant, la société civile accuse les autorités provinciales de complicité active.

Le chef de division provinciale des mines et le SAEMAPE sont pointés comme « boucliers protecteurs des étrangers ». Le président Félix Tshisekedi a exigé en 2022 une enquête pour mettre fin à ces pratiques. Des jugements récents (comme la condamnation de trois Chinois à 7 ans de prison au Sud-Kivu) montrent une timide avancée judiciaire de cette colonisation économique qui ne dit pas son nom.

La présence prédatrice chinoise dans le Haut-Uélé piétine les lois, l’environnement et les droits des communautés. Derrière le discours de « partenariat », se cache une réalité amère : des routes dégradées, des rivières empoisonnées et une population appauvrie. Le gouverneur Jean Bakomito laisse le Haut-Uélé devenir un « no man’s land » où l’or coule… sans profiter aux Congolais. Il est temps de mettre sous les projecteurs ces pratiques et d’exiger des comptes.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

À la Une

Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique

Published

on

Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers

Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.

À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.

Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.

Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.

Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.

Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.

Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.

Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.

Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.

À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading