Actualité
RDC: En attendant le verdict du Conseil d’État, les élus apportent leur soutien au bureau Mabunda
C’est la première plénière après l’audience au Conseil d’État dans l’affaire qui oppose le bureau de l’Assemblée nationale à Albert Fabrice Puela qui accuse Jeanine Mabunda de n’avoir pas déposé, dans le délai conformément à l’article 139 du règlement intérieur, le rapport financier.
En effet, au cours de cette plénière qui avait pour objectif d’auditionner le ministre d’État, ministre des Ressources hydrauliques, Eustache Muhanzi Mubembe, les élus nationaux ont saisi l’opportunité pour apporter leur soutien au bureau de l’Assemblée nationale chapeauté par l’élue de Bumba, Jeanine Mabunda.

À son entrée dans la salle du Congrès, les élus du peuple très joyeux ont sorti des affiches où l’on pouvait lire « Touche Pas à Mabunda, Touche pas à mon bureau ». Une façon pour eux, notent certains observateurs, de rappeler au Conseil d’État qui doit trancher dans ce dossier le 26 novembre prochain de ne dire que le droit sans subir des pressions politiques.
Rappelons-le, la première audience dans l’affaire qui oppose Fabrice Puela au bureau de l’assemblée nationale avait bel et bien eu lieu mercredi 18 novembre 2020 au Conseil d’État.
Devant le juge président, chaque partie a présenté ses moyens de défense.
Prenant la parole en premier, les avocats de Albert Fabrice Puela ont une fois de plus accusé le bureau chapeauté par Jeanine Mabunda de n’avoir pas déposé le rapport financier dans le délai conformément à l’article 139 du règlement intérieur. Conséquence : il doit absolument démissionner. À ce sujet, ils ont demandé au conseil d’État d’ordonner que le bureau demissionne pour laisser la place au secrétaire général de l’Assemblée nationale afin qu’il organise de nouvelles élections des membres du bureau.
Réagissant à cette accusation, les avocats de l’Assemblée nationale ont démontré que le conseil d’État n’était pas qualifié pour statuer sur les actes de l’Assemblée nationale en vertu du principe de la séparation des pouvoirs.
« Le rapport financier en question a été bel et bien déposé dans le délai, malgré l’État d’urgence et ses conséquences sur le fonctionnement des institutions dont l’Assemblée nationale », ont-ils soutenu devant les juges du Conseil d’État. Papy Niango et ses collègues ont demandé au Conseil d’État de se déclarer incompétent et de débouter le requérant PUELA.
MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
