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RDC-Élections 2023 : Défi aux potentiels candidats à la présidentielle ( Par Jo M. Sekimonyo Auteur, théoricien, militant des droits de l’homme et économiste politique)

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Jusque-là, la liste des êtres et des créatures annonçant qu’ils se présenteront aux élections en 2023 pour la plus haute fonction de la nation est en partie assez honteuse et en partie un point d’interrogation, pour tout esprit sain et informé, pourquoi ils le feraient.

Les retombées d’un cycle électoral après l’autre pousse certains esprits à se demander si la démocratie est la voie à suivre pour sortir du cauchemar social et économique dans lequel se succèdent des générations de Congolais vivant dans le pays depuis l’indépendance.

On craint que lors du cycle électoral de 2023, une fois de plus, les Congolais ne prennent des décisions fondées sur les identités ethniques, et non sur un examen honnête de leur réalité et des problèmes auxquels la nation est confrontée. Elle est exacerbée par le fait que notre démocratie est devenue si défigurée (seuil, liste, vote indirect, etc…) qu’il est douteux qu’il s’agisse encore d’une démocratie, d’un mode de gouvernement qui dépend de la volonté du peuple.

Essentielle à une démocratie saine, l’amélioration de la qualité du dialogue public pré-électoral a jusqu’à présent été négligée. Et pourtant, c’est sa médiocrité en RDC qui garantit pratiquement que nous nous retrouverons toujours avec des représentants grossièrement inaptes ou terriblement égoïstes, ou tout au plus une permutation des mêmes.

         Dupont Dupond

J’ai du mal à saisir la différence, idéologiquement, entre Moise Katumbi, Matata Mpoyo, Martin Fayulu, ou encore Denis Mukwege et le président Félix Tshisekedi ou son prédécesseur Joseph Kabila. Eux, comme leurs fans, ne semblent pas s’en soucier.

Pire encore, il y a des noms mis en avant comme l’ancien leader de la CENI, Corneille Nangaa, pour des représentations purement ethniques ou provinciales sur la scène nationale, et rien de plus.

Armés du même esprit, ou pour le statu quo idéologique sur ce que c’est qu’être Congolais, ce que vaut un Congolais, qu’est-ce que le pacte national congolais, quel est le rôle et le pouvoir de l’Etat, et quels sont les piliers de l’économie politique nationale, leurs menus ne peuvent qu’être similaires, agrémentés de lamentations contre l’actuel président pour enflammer les naïfs. Franchement, au lieu de chercher à être sur le bulletin de vote aux élections présidentielles, ils devraient plutôt convoquer d’abord des élections primaires et des caucus au sein de ce bloc conservateur congolais, y compris le président Tshisekedi, pour que le vainqueur affronte un candidat dont le menu et l’idéologie sont différents d’eux, un libéral comme moi, en décembre 2023.

Eh bien, je mets au défi ces potentiels candidats à la présidence de présenter leur menu au lieu des poèmes pour prouver que j’ai tort, ou belle est bien raison !

                      Roulette russe

En 2019, les Congolais, dont moi, avaient espéré que Félix Tshisekedi serait le remède au niveau de vie misérable des Congolais en RDC. Quatre ans plus tard, nous sommes amèrement déçus qu’il n’ait pas seulement échoué à placer la nation sur des rails appropriés, mais qu’il semble avoir aggravé les problèmes de sécurité et économiques. Sur ce, il est essentiel de se demander pourquoi le président Félix Tshisekedi voudrait un second mandat et plutôt des excuses si cette fois il y a un menu à nous présenter en amont, puisqu’il n’en avait pas avant son premier mandat, clairement.

A noter qu’en 2018, comme Martin Fayulu et les autres candidats qui s’étaient alignés, il n’avait pas dit grand-chose de plus que « Kabila a échoué, il doit dégager, et je ferai mieux ».

À ce stade, il est vraiment difficile de voir quel genre de torsion peut le sauver. Allons-nous droit vers un scénario Donald Trump avec des partisans prenant d’assaut le bureau de la CENI, ou un François Hollande jetant l’éponge ? Tout indique qu’il semble déterminé à prendre la très malsaine chance 1 sur 2 que la vraie balle atterrisse en position de tir, autrement dit un échec cuisant à l’élection, pour faire plaisir à son ego et à ses supporters zélés.

Cependant, lorsqu’il s’agit de son prédécesseur, aujourd’hui sénateur à vie, Joseph Kabila, cela lui convient de se contenter de jouer le rôle Congolais de Jerry John Rawlings au lieu de tenter sa chance à la roulette russe.

                        Mon menu

Plus que je ne le crois fermement, la RDC a trop longtemps eu besoin de changements globaux et radicaux, voire de révolutions, dans tous les sens.

Dans un article publié mi-février 2023 « Pourquoi je serais candidat à la présidence », j’ai présenté mon menu que je vais encore une fois énoncer ici, mais cette-fois ci de manière synthétique. Il contient cinq révolutions qui englobent plusieurs redéfinitions ou réorientations de nous et de notre monde.

1. Révolution sociale

Qu’est-ce qu’être Congolais ? La nationalité congolaise devrait par naissance, jus soli.

Que vaut un Congolais ?

Soutenabilité – Fixer le salaire minimum à 1 $/h.

Prospérité – Accès à l’éducation qui veut dire matériels pédagogiques.

Dignité – Garantir une pension minimum à la retraite pour tous.

Quel est notre pacte national ? La coexistence en tant qu’individus au lieu de la cohésion tribale et culturelle. Eliminer les chefferies de la nomenclature de l’état. Retracer les territoires et les provinces et de déplacer leurs centres pour créer une zone économique durable.

2. Révolution politique

Quel est le rôle de l’État ?

Instaurer le système présidentiel pour fermer la porte tournante entre l’exécutif et le législatif.

Dépouiller le pouvoir central de ces revenus du secteur tant de secteur tel que minier.

Réduction de la fonction publique et l’élimination du rôle et de l’influence de l’Église dans les affaires de l’État.

3. Révolution de politique économique

Quelle est l’orientation de l’économie politique nationale ?

Discrimination positive au profit des citoyens congolais.

Politique budgétaire expansionniste/budgétaire déficitaire pour soutenir l’économie.

« Échelle » – Revitaliser la poste nationale. « Toile d’araignée » – Construction du chemin de fer.

4. Révolution financière

Enseigner aux Congolais à s’endetter au lieu d’épargner, de créer un écosystème dans lequel ils peuvent s’endetter, puis de leur apprendre à utiliser judicieusement la dette pour s’endetter davantage comme dans le monde moderne.

Collecte de ce que l’on pourrait estimer à des centaines de milliards de dollars que la Belgique et les USA doivent à la RDC.

Faire chanter les économies avancées qui se trouvent être aussi les pollueurs sur le « changement climatique global »

Initiative d’allégement de la dette HIC (pays très endettés comme les États-Unis, la Chine, la France) qui pourrait nous rapporter près d’un billion de dollars.

Les grandes économies sont aussi les nations les plus endettées. Donc, nous devrions tricher comme eux.

5. Révolution de la politique étrangère

Coloniser économiquement le monde.

Coloniser économiquement, socialement et culturellement l’Afrique centrale car tous nos voisins sont tous primitifs et continuent d’entraîner la RDC dans leur politique économique médiévale qui contribue largement à freiner notre développement social et notre modernisation économique.

              Le quatrième pouvoir

Pour que les électeurs puissent prendre des décisions éclairées lors du choix de leurs représentants, ils doivent être bien informés de l’actualité. C’est pourquoi le défi incombe à la presse et aux médias, qui doivent assumer pleinement leur rôle de garde-fous et de diffuseurs d’informations et d’analyses fiables pour enrichir le dialogue national et clarifier la ligne de démarcation lorsqu’elle existe ou signaler qu’elle n’existe pas entre les candidats.

Ils doivent défier les candidats potentiels, au-delà des présidentielles, avec des questions pertinentes et difficiles, notamment comment ils financeraient la transformation sociale de la nation, le développement économique et briseraient le cauchemar congolais quotidien. Leur solution, s’ils en ont une, qu’ils proposeraient devrait définir dans quel réservoir idéologique les placer.

                 Smash ou passe

« L’exceptionnalisme » congolais est un fait du poids démographique, de la taille géographique, et de toutes les ressources stratégiques dont regorge la RDC. Mais il appartient aux Congolais de l’intérieur et de l’extérieur du pays de saisir cette opportunité la phase avant les élections de 2023 pour utiliser l’outil le plus efficace de transformation sociale et de développement économique, un dialogue national franc et sain s’alignant derrière des idées ou des idéologies et non des individus ou des tribus.

Après tout, la démocratie est un marché d’idées pour améliorer le niveau de vie dans une société, pas un concours de beauté ou ethnique.

C’est vrai que je suis toujours tenté d’éclater de rire à chaque fois que quelqu’un s’approche de moi et me dit ou m’écrit que j’ai un bon menu et la motivation pour gagner la présidence, mais que je devrais abandonner car soi-disant le président Tshisekedi va gagner par fraude censée être déjà synchronisée. Après que cela continue de se produire, je le prends d’abord comme un terrible affront pour lui et pour toute la nation, puis comme une échappatoire à nos responsabilités d’électeurs, souverains primaires et pierre angulaire de la nation.

Si longtemps ignoré le fait qu’il ne tient qu’à nous congolais de défaire ce qu’il a fallu plus d’un demi-siècle pour créer et entretenir, puis après l’indépendance jusqu’à aujourd’hui pour maintenir, tout le processus de pensée coloniale sur c’est qu’être Congolais, ce que vaut un Congolais, qu’est-ce que le pacte national congolais, quel est le rôle et le pouvoir de l’Etat, et quels sont les piliers de l’économie politique nationale.

Jo M. Sekimonyo

Auteur, théoricien, militant des droits de l’homme et économiste politique

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ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné

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Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.

Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence

La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.

Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.

Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.

Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP

Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.

Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.

Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.

Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation

Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.

Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.

L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.

Les grands chantiers de la nouvelle équipe

Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.

Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.

Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.

La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.

Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé

L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.

Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.

L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.

Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.

Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.

Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC

L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.

Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.

A.B.

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