Politique
Processus électoral, Marchés publics, Finances, Social: foudroyante réplique de la Ceni à Nangaa
Lassé par les sorties médiatiques de l’ancien président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, sorties qui violent le serment prêté lors de sa prise de fonctions, le bureau de la Ceni, représenté par son 2 ème vice-président Didi Manara Linga a, au cours d’un point de presse tenu hier mardi 14 mars 2023 dans la salle Abbé Appolinaire Malumalu, indiqué que Corneille Nangaa qui n’est ni un modèle de gestion, ni un donneur de leçon, s’est illustré pour la 4ème fois, à travers les médias, par des déclarations tendant à jeter le discrédit et le mépris sur l’actuel management de la centrale électorale .
Corneille Nangaa a notamment échangé sur le dossier lié au processus de désignation de nouveaux membres, à la qualité de la photo en noir et blanc sur la carte d’électeur, à l’amateurisme dans la prise en charge des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours et aux faux chiffres quant au nombre des électeurs enrôlés dans l’aire opérationnelle 1.
Et pourtant Corneille, lui Corneille Nangaa, n’a pas été le fruit d’une compétition à sa désignation comme président de la Ceni. En d’autres termes, son profil n’a jamais été confronté à d’autres compétiteurs pour prétendre être le meilleur et donneur de leçon. Pour ce qui est de la photo en noir et blanc sur la carte d’électeur, le nouveau management avait décidé de recourir au système d’imprimantes thermiques incorporées dans le nouveau kit d’enrôlement. Didi Manara s’est interrogé sur le vrai amateur et le manque de planification. Selon lui, Corneille Nangaa avait brillé par un manque d’ingéniosité notoire et criant pour organiser l’enrôlement des Congolais à l’étranger.
Malgré l’installation avec 28 mois de retard de l’actuel staff, le processus électoral est irréversible car le calendrier est scrupuleusement respecté. Sous Nangaa, toutes les acquisitions se faisait de gré à gré de manière subjective, à la tête du plus offrant et au mépris de la loi sur la passation des marchés publics. Ce qui lui avait valu des sanctions qui courent à ce jour. Les chiffres parlant d’eux-mêmes, Didi Manara a rappelé que les statistiques diffèrent des données des électeurs. Corneille Nangaa doit savoir que les statistiques découlent des indicateurs tirés du monitoring des opérations alors que les données découlent de la consolidation et du traitement de celles-ci. C’est pourquoi l’actuel bureau de la Ceni, par souci de transparence, a rendu public les statistiques, du reste, provisoires tirées des éléments collectés lors du monitoring des opérations, en attendant la consolidation de toutes les données dont la remontée se fait progressivement dans chaque aire opérationnelle.
Parlant de la gestion de Nangaa, Didi Manara a noté que l’ancien président de la Ceni a laissé plusieurs arriérés de salaire et des loyers des bâtiments abritant les installations de la Ceni à travers le pays. Il a également laissé l’immeuble abritant le siège national de la Ceni dans un état de délabrement très avancé avec des installations sanitaires défectueuses. Et, grâce au nouveau management, ce bâtiment est réhabilité, les arriérés de salaire de 9 mois du personnel soldés et réajustés à 100% .
Yves Kadima/LE PHARE
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Sous pression américaine, l’AFC/M23 annonce un retrait conditionnel d’Uvira
Alors que Washington intensifie, depuis le vendredi 12 décembre, sa pression diplomatique sur le Rwanda accusé de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, le mouvement armé a publié un communiqué dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre annonçant son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, deuxième agglomération de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Moins d’une semaine après la prise de cette ville stratégique, l’AFC/M23 affirme répondre à une « demande des États-Unis » en décidant de retirer ses forces. Dans son communiqué, le mouvement présente cette décision comme un « geste de confiance » destiné à soutenir le processus de paix en cours, notamment les discussions de Doha, alors que les combats se sont intensifiés ces dernières semaines dans la région.
Cependant, ce retrait est assorti de plusieurs conditions. Le groupe rebelle exige la « démilitarisation de la ville d’Uvira », la « protection de la population civile » ainsi que le « contrôle effectif du cessez-le-feu à travers le déploiement d’une force neutre ». Autant de préalables que l’AFC/M23 juge indispensables pour éviter une reprise des hostilités et garantir la sécurité sur le terrain.
Cette annonce intervient dans un contexte de pression internationale accrue sur Kigali. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, avait déclaré le vendredi 12 décembre que le Rwanda contribuait à entraîner la région « vers davantage d’instabilité et vers la guerre ». Le week-end suivant, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a renforcé ce ton en accusant Kigali de violer l’accord de paix signé récemment à Washington.
Lundi 15 décembre, quelques heures avant la publication du communiqué de l’AFC/M23, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a également averti que son pays examinait « tous les outils à sa disposition », y compris des sanctions, afin de s’assurer que les engagements pris par les différentes parties soient respectés.
Dans l’attente de réactions officielles de Kinshasa et des partenaires régionaux, l’annonce de ce retrait conditionnel suscite autant d’espoirs prudents que d’interrogations sur sa mise en œuvre effective et sur l’évolution de la situation sécuritaire au Sud-Kivu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
