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RDC : comment John Numbi a tenté de faire échouer les poursuites lancées contre lui
Le 6 août, le général congolais a essuyé un revers devant la Cour constitutionnelle, devant laquelle il avait discrètement tenté de faire invalider les poursuites engagées contre lui. « Jeune Afrique » livre les coulisses de ce bras de fer.
John Numbi a engagé le combat devant la Haute Cour militaire de RDC. Poursuivi et recherché officiellement depuis le 14 avril dernier pour « association de malfaiteurs » et « assassinat » dans l’affaire des décès de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, l’ancien général a décidé de se battre sur plusieurs fronts juridiques.
Selon nos sources, il s’en prend tout d’abord à la compétence de son principal accusateur, le lieutenant-général Lucien René Likulia, auditeur général auprès de la Haute Cour.
D’après John Numbi, ce dernier aurait outrepassé ses droits en déclenchant des poursuites contre sa personne sans avoir reçu l’autorisation préalable du président de la République.
La défense du général congolais (en fuite à l’étranger depuis mars) a souligné le 20 juillet devant la Haute Cour que celui-ci bénéficiait toujours du statut de membre de l’ordre des Héros nationaux « Kabila-Lumumba ». À ce titre, toute poursuite le visant ne pourrait être lancée sans l’autorisation du chef de l’État. Il réclame la condamnation de l’auditeur général pour « dol ».
Débat constitutionnel
John Numbi et ses défenseurs ont surtout souhaité déporter le débat sur le plan du droit constitutionnel. Selon nos informations, ils avaient déposé par écrit dès le 7 juillet une requête en inconstitutionnalité auprès de la Haute Cour militaire. Ils ont profité de l’audience publique du 20 juillet pour l’évoquer durant les débats portant sur leur requête contre Lucien René Likulia.
JOHN NUMBI ESTIME QUE L’ARTICLE 124 EST CONTRAIRE À LA CONSTITUTION
Selon nos sources, John Numbi s’est en effet attaqué à l’article 124 du code judiciaire militaire congolais, lequel dispose que la Haute Cour militaire est autorisée à juger « des demandes en révision et des prises à partie ». D’après la défense du général, ce texte est contraire à l’article 156 de la Constitution congolaise.
Celui-ci reconnaît que, si la Haute Cour a le pouvoir de juger les forces armées et de supplanter les tribunaux civils en cas d’état de guerre ou d’urgence, la procédure d’appel civil ne peut pas être suspendue. En d’autres termes, John Numbi estime que l’article 124 est contraire à la Constitution et que, selon cette dernière, un recours devant la Haute Cour devrait être jugé au civil.
Débouté le 6 août
Devant cette offensive, la Haute Cour militaire avait ordonné le 20 juillet la surséance de l’examen de l’affaire, saisissant alors la Cour constitutionnelle pour que celle-ci analyse le recours en inconstitutionnalité du général. Elle l’a finalement débouté le 6 août dernier, sous la présidence du juge Dieudonné Kaluba Dibwa.
Déclarant la requête « recevable » mais « non fondée », la Cour a souligné que John Numbi avait attaqué les actes de la Haute Cour militaire sur les bases du même article 124 dont il a ensuite contesté la constitutionnalité. Elle explique en outre que l’article 156 de la Constitution, qui fixe les prérogatives de la Haute Cour en matière d’appel notamment, ne saurait être exhaustif et qu’il laisse au législateur la possibilité de fixer à la justice militaire d’autres règles de compétence.
Jeune Afrique
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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
