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RDC : changer de regard et offrir des infrastructures aux autistes
A l’initiative de la Fondation « Autisme RDC », soutenue par Univers Groupe Télévision, la première chaine événementielle du pays, et Zenit Group, la première édition de la campagne de sensibilisation “Autis’me” a été lancée à Kinshasa le vendredi 9 avril 2021 à Sulutani Hôtel à Gombe.
Dans son mot de bienvenue, Laurette Mandala, DG de Univers Groupe Télévision,a fait savoir à l’assistance que, le concept “autis’me” signifie tout simplement, apprendre a élever et aimer un enfant souffrant de l’autisme. « Ce trouble de développement qui se manifeste par l’altération de la communication et des interactions sociales, necessite beaucoup d’amour dans le chef des parents ainsi que des proches des enfants atteints de l’autisme afin d’intégrer leur monde de silence », a-t-elle plaidé.

Dans son mot de circonstance, la présidente de la Fondation autisme RDC, Reine Pembe Aselo, mère d’un enfant souffrant de l’autisme, a relevé l’inexistance des structures étatiques pour les personnes souffrant de l’autisme. ” Nous avons mis en place une structure légale qui impactera positivement sur la vie de personne souffrant de l’autisme”, a-t-elle révélé.

Puis d’ajouter : » La Fondation autisme RDC s’intéresse également aux familles des personnes qui vivent avec l’autisme. On nait autiste et on meurt autiste. Mais entre la naissance et la mort, il y a la vie. Donc, nous devons apprendre à vivre avec”.
Très sensibles à leur environnement, les enfants avec autisme affrontent difficilement certaines situations. Ainsi, la société devrait aider ces enfants à mieux gérer : leurs stress ; leurs émotions ; leurs troubles du comportement ; etc. Patience, organisation et imagination, tels sont les maitres-mots.

Notons que cette première édition de la campagne sur l’autisme a été marquée par la prestation de certains artistes congolais au nombre desquels, le slameur Yekima de Bel’art, le chanteur Jean Goubald Kalala et le ballet Mabina Masano de Fabrice Mukala.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
