À la Une
RDC : Barrick Gold Corporation s’oppose à la cession des parts de SOKIMO à AJN Ressources Inc.
Le géant minier Barrick Gold Corporation, actionnaire avec Anglo Gold Ashanti dans Kibali Gold Mines, fait savoir qu’il « n’approuvera pas une vente controversée de la participation de SOKIMO à Kibali Gold Mines ».
« L’attention de Barrick Gold Corporation a été attirée sur les publications des médias selon lesquels la société minière de Kilo-Moto SA (SOKIMO) a signé un protocole d’accord avec AJN Ressources Inc. pour vendre, à cette dernière, sa participation de 10% dans la société Kibali Gold Mines SA. Barrick tient à préciser que la Sokimo est liée par contrat à Barrick et à Anglo Gold Ashanti, son partenaire de coentreprise, et de ce fait, ne peut pas vendre ou transférer ses actions dans Kibali Gold Mines SA, propriétaire de la mine d’or de Kibali, sans leur approbation. Cette approbation n’a pas été demandée et ne sera pas accordée » ; note Barrick Gold Corporation dans un communiqué daté du 20 février.
AJN Ressources Inc. a annoncé le 18 janvier 2020, dans un communiqué de presse, que AJN a signé un protocole d’accord avec la Société Minière de Kilo-Moto SA (SOKIMO) par lequel SOKIMO propose d’obtenir d’AJN la conversion de ses droits en une participation directe à diverses licences d’or détenues par SOKIMO en actions à AJN.
La mine d’or de Kibali est située au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), à environ 220 kilomètres à l’est de la capitale de la province du Haut Uele, Isiro, à 150 kilomètres à l’ouest de la ville frontalière ougandaise d’Arua et à 1 800 kilomètres de la frontière kényane. port de Mombasa. La mine appartient à Kibali Goldmines SA (Kibali) qui est une coentreprise détenue effectivement à 45 % par Barrick et AngloGold Ashanti, et à 10 % par la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO). La mine est exploitée par Barrick.
Deskeco.cd
À la Une
Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
