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RDC : 120% des bénéfices pour un dollar investi dans la planification familiale !
Des experts en économie de la santé l’attestent sur base des évidences. Un seul dollar que la République démocratique du Congo investit dans la planification familiale rapporte 120$ en termes des bénéfices socio-économiques et sanitaires. C’est la synthèse d’un costing réalisé par OPTIONS, une société à responsabilité limitée basée à Londres, qui appuit la RDC sur les questions de Planification familiale et qui , dans le cadre du programme Wish ( woman’s integrated sexual health program) s’est investi dans ce travail afin de relever l’importance du financement de la Planification familiale dans le contexte de Covid 19.
L’analyse s’est penchée sur le cout global des interventions du Plan stratégique national de la Planification familiale 2014-2020 estimé à 144 millions de dollars américains, ce qui représente 12 USD par bénéficiaire (5 USD pour les contraceptifs et 7 USD pour les frais de soutien), dix fois inférieurs aux bénéfices produits par dollar investi dans la Planification familiale.
Si l’on considère cette analyse, le retour sur investissement est très important au regard de la prévalence élevée de la pauvreté qui caractérise la RDC malgré ses potentialités. Situation exacerbée par la crise mondiale liée à la pandémie de covid 19, laquelle a mis à rude épreuve le système sanitaire de la RDC déjà fragile.
Dès l’annonce des premiers cas en RDC, un plan de riposte budgétisé à 135 millions de dollars a été mis en place, l’état d’urgence décrété avec une série des mesures, dont la restriction des mouvements et la fermeture des écoles, universités, marchés , bars et aussi le confinement de la commune de la Gombe, principal centre d’affaires de la capitale congolaise. Cette situation a amplifié les conditions de vie déjà difficiles de la population mais selon le Programme national de la santé de la reproduction, elle a augmenté l’utilisation des services de planification familiale au niveau communautaire.
Les efforts du gouvernement en faveur de la planification familiale
Le gouvernement congolais a pris des engagements en faveur de la planification familiale lors de la conférence internationale d’Addis-Abeba sur la planification familiale. Des engagements politiques, financiers mais aussi en termes des programmes et des prestations des services.
Ces engagements ont impacté la croissance de la prévalence contraceptive qui est passée de 6,5 en 2005 à 18 % en 2019( PNSR) et ont conduit à la création d’une ligne budgétaire ‘’achats des contraceptifs’’
Le plan de mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle lancé en janvier 2020 a retenu la planification familiale comme l’une des interventions prioritaires dans le paquet des soins.
Dans le contexte de covid 19, le gouvernement en collaboration avec ses partenaires a mis en place un document normatif en vue d’assurer la continuité des services de la santé maternelle, de l’enfant et de l’adolescent et de minimiser l’impact de covid 19 sur les prestataires et les bénéficiaires de ces services.
Cependant, malgré ces efforts constatés, les défis restent encore importants. Le taux de mortalité maternelle en RDC est parmi les plus élevés au monde, 846 pour 100000 naissances (EDS 2013-2014), les besoins non satisfaits en contraceptifs pour les femmes mariées sont de 40,6%, et le financement de la planification familiale est à plus de 90% l’œuvre des partenaires extérieures. Le gouvernement n’a jusque-là contribué qu’à hauteur de 7%.
La Planification familiale a des avantages sur le plan sanitaire et socio-économique…
‘’Le financement de la planification familiale apporte un retour sur investissement considérable en termes des bénéfices sanitaires et socio-économiques’’, souligne Dieudonné KWETE, conseiller en financement de la santé à OPTIONS. La planification familiale a un impact sur la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. La garantie d’un financement suffisant pour les services essentiels de PF/SSR pendant la crise à COVID-19 va sauver des vies, reduire la pression sur le système de santé déjà surchargé, protéger des personnes vulnérables et soutenir les efforts de la reconstruction après la crise, soutienent les analyses de OPTIONS qui recommande le maintien des engagements nationaux et internationaux de la RDC dans les domaines de la PF, de la santé, de l’éducation, et de l’économie, au-delà de 2021 jusqu’en 2058 , les quels pourraient engendrer de dividende démographique d’environ 8% du PIB par tête d’habitant, amener le taux de prévalence contraceptive à environ 71,5%, ramener le taux de fécondité à 3 enfants et enfin ramener l’espérance de vie des congolais à 74,1 ans.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET