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Processus électoral, enrôlement, Code QR, etc. : Le PPRD Félix Kabange Numbi très sceptique !
Le processus électoral actuel ne convient pas selon le Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme politique de Joseph Kabila.
Il estime que ce qui se passe 2 semaines après le début de l’enrôlement dans la première aire opérationnelle présage que les élections 2023 seront hypothètiques.
« Le FCC est resté constant. Si nous n’avons pas parlé, je pense que, comme le dit notre autorité morale, il ne faut parler que quand vous avez des mots plus forts que le silence. Nous avons tout dit quand on entamait ce processus électoral. Et nous avons prévenu le peuple Congolais qu’il ne faut rien attendre du processus électoral en cours », a rappelé, sur TOP CONGO FM, Félix Kabange Numbi, cadre du Front commun pour le Congo (FCC).
Pour cet ancien Ministre de santé, « Ce qui se passe 2 semaines après le début de l’enrôlement dans la première aire opérationnelle nous donne totalement raison. Ce qui se passe aujourd’hui présage déjà de ce que seront les élections de 2023 : hypothétiques. Tout le monde se rend compte que ce calendrier irréaliste ne sera pas respecté ».
Félix Kabange Numbi soutient que la plateforme politique de l’ancien président de la République Joseph Kabila ne peut s’engager dans un processus électoral avec une CENI monocolore.
« Nous ne pouvons pas entamer ce processus électoral avec une CENI qui n’est représentative que d’une seule famille politique, une CENI monocolore », dénonce-t-il.
Ce cadre du FCC estime que sa plateforme a déjà tout dit et qu’actuellement ils n’ont plus rien de nouveau à dire.
« Nous avons dit qu’il fallait reconfigurer le bureau de la CENI pour un processus équitable. Nous avons parlé de la Cour constitutionnelle qu’il fallait recomposer. Et nous avons parlé de la loi électorale », relève-t-il.
Pour l’instant, « le FCC a déjà tout dit et n’a plus rien à dire. Quand nous voyons les gens aller s’enrôler, nous ne disons rien parce que le peuple a besoin de cartes d’identité. Nous voyons la population aller chercher la carte d’identité et se rendre compte que le premier élément d’identification qui est la photo ne ressemble pas aux personnes identifiées et que le QR code est fictif et ne renvoie à aucun élément d’identification ».
Toutefois, Félix Kabange Numbi souligne que comme le peuple congolais, sa plateforme veut des élections.
Qu’à cela ne tienne, « nous avons besoin de ces élections. Le peuple se rend compte que la gestion décriée hier était peut-être la meilleure et il fallait peut-être parfaire certaines choses. Nous sommes très sereins parce que nous savons que ce processus est biaisé ».
En ce qui concerne la sensibilisation, Félix Kabange Numbi affirme que la CENI ne fait pas assez pour que le peuple s’enrôle massivement.
Pour la sensibilisation, « la CENI a d’énormes moyens pour faire la sensibilisation. Mais, nous nous rendons compte que la sensibilisation n’a pas été suffisante. Partout, il n’y a pas d’engouement. Avec ce délai d’un mois, il y a une volonté manifeste pour que la population ne s’enrôle pas ».
Ces propos de Félix Kabange Numbi viennent rejoindre ceux du Secretaire Permanent du PPRD, l’ancien parti présidentiel, qui a déclaré que son parti n’est pas engagé dans le processus électoral.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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Lutte contre les flux financiers illicites : La RDC muscle son arsenal judiciaire avec le projet LuCOFFI
La RD Congo intensifie sa riposte contre les flux financiers illicites. Sous l’impulsion du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, un ambitieux programme de renforcement des capacités a été lancé dans le cadre du projet LuCOFFI (Lutte contre les flux financiers illicites). Cette initiative, mise en œuvre avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ et financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), vise à renforcer durablement les compétences des autorités d’enquête et de poursuite dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

La RDC sous pression du GAFI
Depuis octobre 2022, la RDC est placée sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI) en raison de lacunes identifiées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Dans ce contexte, le projet LuCOFFI s’inscrit directement dans le plan d’action exigé par cette organisation internationale, notamment au titre du Résultat Immédiat 7, qui concerne le renforcement des capacités des institutions chargées des enquêtes financières. À la fin de l’année 2025, près de 64 % des activités prévues avaient déjà atteint un niveau d’exécution compris entre 80 et 100 %, marquant des avancées significatives dans la modernisation des outils et méthodes d’enquête.
Former un noyau d’experts nationaux
Au cœur du programme figure la formation des formateurs (Train-the-Trainer) organisée à Kinshasa du 23 au 27 février 2026. Cette session intensive de cinq jours a réuni des membres sélectionnés de l’UNICEP ainsi que des représentants de la CENAREF, avec pour objectif de constituer un noyau national d’experts capables de transmettre à leur tour les compétences acquises.
Les participants ont été initiés à l’utilisation du manuel de procédure en enquête financière parallèle, un outil méthodologique destiné à structurer les investigations financières et à mieux articuler celles-ci avec les enquêtes pénales classiques.
L’entrée des technologies analytiques dans les enquêtes
L’une des innovations majeures de cette initiative est l’introduction du logiciel Tovek, un outil d’analyse et de visualisation avancée capable de traiter d’importants volumes de données financières. Grâce à ses fonctionnalités de cartographie relationnelle et de détection de connexions cachées, ce logiciel permet d’identifier des réseaux financiers complexes et de retracer des flux suspects souvent dissimulés dans des structures opaques.
Des démonstrations pratiques ont permis aux enquêteurs congolais d’expérimenter l’application de cette technologie sur des cas simulés inspirés de situations réelles, notamment dans les secteurs minier et financier.
Vers une meilleure coordination des institutions
Au-delà de la formation, le projet LuCOFFI prévoit plusieurs activités complémentaires entre février et avril 2026. Celles-ci incluent la finalisation et la validation des outils d’enquête, la supervision d’enquêtes pilotes, l’organisation de voyages d’étude dans des juridictions partenaires ainsi que la tenue d’un atelier consacré aux leçons apprises.
L’objectif est d’améliorer la coordination entre les différentes institutions impliquées dans la lutte contre les flux financiers illicites et de consolider les mécanismes de coopération nationale et internationale.
Un pas vers la sortie de la surveillance internationale
La phase actuelle du projet marque une étape décisive dans la consolidation des réformes engagées par la RDC. La création d’un pool national de formateurs, l’introduction d’outils technologiques avancés et l’amélioration des mécanismes d’enquête devraient contribuer à renforcer l’efficacité du système judiciaire face aux crimes financiers.
La soumission du rapport final du projet, prévue en avril 2026, dressera le bilan des avancées et proposera une feuille de route pour la poursuite des réformes. À terme, ces efforts pourraient permettre à la RDC de satisfaire aux exigences du GAFI et de sortir progressivement de la liste des pays sous surveillance renforcée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
