Société
Plaques à 250 USD à Kinshasa : l’administration dénonce une perception illégale au cabinet d’un ministre provincial
Une vive polémique secoue l’administration provinciale de Kinshasa autour de la mise en circulation des nouvelles plaques d’immatriculation officielles hautement sécurisées destinées aux véhicules de l’Administration publique provinciale. Dans une correspondance largement diffusée aux autorités politiques et administratives, plusieurs services urbains dénoncent des tracasseries administratives et financières liées à la perception de 250 USD par véhicule, une opération qui serait effectuée, non pas par les services habilités, mais au cabinet du ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics, Urbanisme et Habitat.
Selon un entretien avec le président de l’intersyndicale l’administration publique de Kinshasa, les faits sont connus et documentés : « Normalement, ces plaques sont censées être gratuites pour les agents. Mais aujourd’hui, on leur fait payer au cabinet du ministre ». L’administration affirme avoir officiellement saisi le ministre pour demander la suspension de cette pratique, estimant que cette démarche constitue déjà une preuve de l’existence d’irrégularités. Elle s’interroge surtout sur la destination des fonds perçus, alors que cette opération a toujours été du ressort des services techniques, notamment ceux du transport public urbain.
Dans leur lettre, les signataires rappellent que la vente de ces plaques ne constitue ni une taxe ni un impôt légalement repris dans la nomenclature des recettes de la ville de Kinshasa. Ils soulignent qu’aucune procédure de constatation, de liquidation ou de recouvrement n’a été engagée par les services compétents, notamment la Direction générale des recettes de Kinshasa. À ce titre, toute perception d’argent dans ces conditions serait préjudiciable au Trésor urbain et contraire aux lois régissant le statut des agents publics, qui prévoient que l’État assure la mobilité des agents dans le cadre du service.
Face à ce qu’ils considèrent comme une dérive grave, les services urbains exigent la suspension immédiate des missions de perception sur le terrain et le rapatriement de toute l’opération au sein de l’administration régulière. Ils appellent également à la convocation urgente d’une séance de travail réunissant toutes les parties prenantes afin de lever les zones d’ombre, préserver l’image de l’administration provinciale et éviter toute suspicion de gestion opaque des fonds publics.
Dorcas Mwavita
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
