Diplomatie
Philippe II : Une semaine en RDC pour raffermir les relations bilatérales entre Kinshasa et Bruxelles
En prélude de ce grand événement, un briefing presse spécial sur les enjeux et perspectives des relations belgo-congolaises a été organisé ce lundi 6 juin 2022 par le ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya et son confrère des Affaires étrangères, le vice-premier ministre Christophe Lutundula Apala.
Signalons que la visite du Roi des Belges Philippe en République Démocratique du Congo prévue du 7 au 13 juin 2022, va raffermir les relations bilatérales entre Kinshasa et Bruxelles, autrefois au bord de la rupture. Cette visite royale qui est une première depuis celle du Roi Albert en 2010 marque un point de plus dans la stratégie diplomatique entamée par le président Félix Tshisekedi.
Rappelant l’importance de cette visite du Roi Philippe accompagné de la Reine Mathilde et du Premier ministre Alexander De Croo, Christophe Lutundula a souligné que ce voyage est une volonté politique ostensiblement exprimée après des moments de détérioration des relations entre Kinshasa et Bruxelles.
« La visite de sa Majesté le Roi Philippe et de son épouse, est un évènement de haute portée diplomatique et politique. En effet, depuis 2015, la RDC, notre pays, ne vivait plus en harmonie avec certains de ses partenaires traditionnels dont la Belgique. Comme vous l’avez dit, nous étions au bord de la rupture pour ne pas dire que nous étions dans une rupture qui ne disait pas son nom (…) C’est très important sur le plan des relations bilatérales, sur plan des relations multilatérales en particulier avec l’Union européenne », a dit Christophe Lutundula.
Le Vice-premier ministre, Ministre des Affaires étrangères a, en outre, démontré que cette visite royale s’avère une volonté de relancer un certain nombre de projets, un partenariat gagnant-gagnant et une coopération en matière de défense.
Prenant la parole à son tour, le Ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya a salué des relations affermies entre la RDC et la Belgique à la veille de la visite du Roi Philippe.
« Avec la Belgique, il sera aussi question de mémoire de réconciliation (..) Une visite du Roi qui marque un point de plus dans la stratégie diplomatique de Félix Tshisekedi que porte Christophe Lutundula », a déclaré Patrick Muyaya.
Une visite de 7 jours qui verra le Roi Philippe se rendre également à Lubumbashi et à Bukavu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Ukraine-Afrique : Kiev veut dépasser les 6,7 milliards USD d’échanges commerciaux avec l’Afrique
À l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée le 26 mai à l’Académie diplomatique Hennadii Oudovenko relevant du ministère ukrainien des Affaires étrangères, l’Ukraine a affiché sa volonté de renforcer ses relations politiques, économiques et sécuritaires avec les États africains. Prenant part au forum « Ukraine – Afrique : le Passé, le Présent et l’Avenir des Relations », le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha, a livré un plaidoyer en faveur d’un partenariat « pragmatique et mutuellement bénéfique » entre Kiev et le continent africain.

L’Ukraine et l’Afrique unies contre le néocolonialisme
Dans son allocution, Andrii Sybiha a rappelé que la Journée de l’Afrique symbolise « la victoire contre le colonialisme » et l’unité des peuples africains. Établissant un parallèle entre les luttes historiques africaines et la guerre que mène actuellement son pays, le ministre ukrainien a estimé que l’Ukraine comprend « mieux que quiconque » la valeur de la souveraineté et de la liberté face à « une agression néocoloniale ».
Le chef de la diplomatie ukrainienne a également insisté sur le rôle majeur que peut jouer l’Afrique dans les efforts internationaux pour la paix. Il a appelé à une mobilisation commune contre la désinformation et l’influence russe sur le continent, évoquant notamment le recrutement illégal de mercenaires africains par des réseaux liés à Moscou.
« Cette pratique doit être arrêtée. Il s’agit de sauver des vies », a-t-il déclaré avec fermeté.
Kiev mise sur l’essor économique et humain de l’Afrique
Qualifiant le XXIe siècle de « siècle de l’Afrique », Andrii Sybiha a dénoncé les visions stéréotypées encore portées sur le continent. Selon lui, l’Afrique représente aujourd’hui l’un des principaux moteurs de croissance mondiale grâce à ses ressources naturelles, son dynamisme économique et surtout son capital humain.
L’Ukraine entend ainsi devenir un partenaire fiable de cette « Renaissance africaine ». Le ministre a souligné l’ouverture du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy au dialogue avec les dirigeants africains ainsi qu’avec African Union.
Évoquant les liens historiques entre Kiev et plusieurs pays africains, Andrii Sybiha a rappelé que des ingénieurs et scientifiques ukrainiens avaient contribué au développement industriel de nombreux États africains au XXe siècle. Il a notamment cité des infrastructures emblématiques comme le Haut barrage d’Assouan en Égypte ou encore le complexe sidérurgique d’Ajaokuta au Nigeria.
Offensive diplomatique ukrainienne sur le continent africain
Le ministre ukrainien a annoncé l’ambition de son pays de dépasser le volume commercial de 6,7 milliards de dollars enregistré avant la guerre. Pour atteindre cet objectif, Kiev multiplie les initiatives diplomatiques sur le continent.
Huit nouvelles ambassades ont récemment été ouvertes en Afrique, portant à 18 le nombre total de représentations diplomatiques ukrainiennes. De nouveaux projets d’implantation sont également envisagés, notamment une ambassade en Zambie ainsi qu’un consulat général au Cap, en Afrique du Sud.
« L’Ukraine considère l’Afrique non comme un objet d’aide, mais comme un acteur égal et puissant de la politique mondiale », a affirmé Andrii Sybiha.
Selon lui, l’Ukraine souhaite proposer des solutions technologiques concrètes dans plusieurs secteurs stratégiques, avec une approche fondée sur le bénéfice mutuel et le partenariat d’égal à égal.
Sécurité, agriculture et numérique : les trois piliers de la stratégie ukrainienne
Le chef de la diplomatie ukrainienne a présenté une vision baptisée « Ukraine — partenaire stratégique pour le développement durable de l’Afrique — 2063 », en référence à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Cette stratégie repose sur trois axes majeurs.
– Le premier concerne la sécurité alimentaire. L’Ukraine veut aller au-delà du simple rôle d’exportateur de céréales pour devenir un partenaire technologique capable d’accompagner la modernisation agricole africaine, notamment dans les infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques.
– Le deuxième pilier porte sur la sécurité et la cybersécurité. Fort de son expérience acquise dans le conflit avec la Russie, Kiev propose son expertise dans la lutte contre les drones, la guerre électronique ainsi que la protection des systèmes numériques. Un projet d’alliance cybernétique régionale et un centre de surveillance contre la désinformation russe figurent parmi les initiatives annoncées.
– Enfin, le troisième volet concerne la transformation numérique et la formation. L’Ukraine souhaite partager son expérience dans la digitalisation des services publics à travers la plateforme Diia et développer des partenariats universitaires pour former une nouvelle génération de spécialistes africains.
Pour Andrii Sybiha, l’Afrique ne doit plus être perçue sous l’angle de l’assistance humanitaire, mais comme un espace stratégique de coopération internationale.
« Ensemble, nous sommes capables de construire un espace entièrement nouveau de sécurité et de développement », a conclu le ministre ukrainien.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
