Actualité
Pénuries des produits pétroliers en RDC : Le ministre Didier Budimbu relâché par l’ANR
Le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu, a été remis en liberté hier jeudi 14 avril 2022, après avoir fait l’objet d’une interpellation par l’ANR (Agence Nationale des Renseignements) le mercredi 13 avril 2022. Selon plusieurs sources, il aurait été entendu sur des questions sécuritaires,le bradage des blocs pétroliers, la pénurie des produits pétroliers qui frappe le pays depuis un certain temps, mais aussi sur des détournements présumés des compensations pétrolières, dont le montant global s’élèverait à plus de 240 millions de dollars américains. Cet argent indument perçu par plusieurs sociétés pétrolières, notamment SOCIR (Société Congolaise Industrielle de Raffinerie), Sep Congo et autres, se volatilisait dans la nature, indique-t-on, depuis 2020.
La découverte du pot aux roses serait l’œuvre de François Beya, ancien Conseiller Spécial du Chef de l’Etat, actuellement en détention préventive à la Prison Centrale de Makala pour un dossier relatif à l’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. On laisse entendre qu’à l’époque, il avait alerté le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, qui ne lui aurait donné aucune suite.
On croit savoir que l’affaire vient de rebondir à la suite de la crise pétrolière, en marge de laquelle les opérateurs économiques engagés dans l’importation, le transport et la commercialisation des produits pétroliers font pression sur le gouvernement en vue d’obtenir le réajustement des prix à la hausse. Mais il y a aussi le contentieux de fameuses compensations financières mensuelles allouées à la profession pétrolière en vue de satisfaire leurs manques à gagner. Il semble que l’examen approfondi de cette « rubrique » a révélé le jeu caché des « pétroliers » et de certains membres du gouvernement Sama Lukonde comme de celui de Sylvestre Ilunga Ilunkamba dans le pillage des millions de dollars américains au détriment du Trésor public congolais.
Des sources proches du dossier de Didier Budimbu soutiennent que plusieurs ministres ayant eu à gérer les portefeuilles des Hydrocarbures, de l’Economie Nationale et des Financiers seraient également dans le collimateur de l’Agence Nationale des Renseignements. Il n’est pas exclu qu’un de ces quatre matins, ils soient convoqués à leur tour et appelés à s’expliquer sur les « trop-perçus » dont la traçabilité poserait actuellement problème.
S’il est démontré qu’un réseau constitué de ministres en fonctions comme ceux les ayant déjà quittées ainsi que des exploitants du secteur pétrolier étaient occupés à saigner à blanc les caisses de l’Etat sous prétexte du paiement de la facture pétrolière, la leçon à en tirer est que les malheurs des consommateurs congolais remontent à 2020 voire au-delà de cette année. Néanmoins, on ne va pas se précipiter à parler d’une maffia pétrolière qui a pris le pays en otage depuis plusieurs années, mais on n’est pas loin.
S’agissant des blocs pétroliers, dont le dossier était débattu en Conseil des ministres le vendredi 08 avril 2022, rien n’a filtré. On sait seulement que le gouvernement a levé l’option de lancer des études de faisabilité avant d’envisager des contrats éventuels d’exploitation avec des partenaires privés.
Il parait que malgré le relâchement du ministre Didier Budimbu, le dossier de la pénurie des produits pétroliers et des éléments qui interviennent dans la fixation de la structure des prix ne serait pas clos. Toutefois, c’est le soulagement du côté de son cabinet où on croit savoir que sa libération serait le signal de sa bonne défense face aux limiers de l’Agence Nationale des Renseignements.
Le Phare
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
