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Pénombre africaine face à l’étincelle congolaise : Le paradoxe de « Satonge » au carrefour de l’ODD 7 ( Tribune de Aldo Kamwanga, membre du Think Tank national CEVIST, Cedrhyc et international CARPEM)
Le rapport AFREC 2025 vient de paraître, couvrant la période charnière 2017-2023. Entre un bond spectaculaire de la desserte en RDC porté par les dynamiques nationales et le surplace relatif du continent, l’expert Aldo Kamwanga analyse ce « monstre » de paradoxes qui hante notre secteur énergétique.

Le document était attendu : l’AFREC (Commission africaine de l’énergie) a enfin mis à la disposition du public son bilan d’étape. En tant qu’organe technique spécialisé de l’Union africaine (UA), l’AFREC assure la coordination des politiques énergétiques et la validation des statistiques des 55 États membres. Son rôle est déterminant pour mesurer le chemin restant vers l’Objectif de Développement Durable n°7 (ODD 7) : un accès universel à une énergie abordable et durable d’ici 2030.
Pour l’observateur, les données révèlent une similitude troublante avec Satonge, ce personnage des légendes de Kinshasa : mi-homme mi-monstre, possédant un seul œil et une seule jambe. Une image saisissante de notre secteur : un géant qui voit grand, mais dont la marche est entravée par des déséquilibres structurels mondiaux.
L’étincelle congolaise : Un élan à confirmer
92 %. C’est le taux d’accès mondial à l’électricité mis en perspective par l’AFREC. Ce succès planétaire masque une fracture géographique : l’Afrique subsaharienne concentre désormais environ 559 millions de personnes sans accès, soit plus de 80 % du déficit mondial, contre 50 % il y a dix ans.
Pourtant, une lueur jaillit de Kinshasa.
Le rapport confirme une accélération majeure : en RDC, la proportion de la population ayant accès à l’électricité a plus que doubler en moins de dix ans. Cette performance contraste avec la moyenne de l’Afrique Centrale, qui stagne à 28 %. Cette « musculation » de la jambe de Satonge est le fruit de réformes structurelles courageuses.
Toutefois, la rigueur analytique impose une nuance : si la « desserte » progresse statistiquement, le défi de la stabilité du réseau demeure la prochaine frontière, une course contre la montre que le leadership national mène de front avec détermination.
Le Mythe du Marché face au mur du Capital
L’AFREC déconstruit le mythe du « marché » providentiel. Nous vivons une rupture de paradigme : le passage d’une économie de « flux » (brûler de la biomasse traditionnelle, responsable de 500 000 décès prématurés par an en Afrique) à une économie de capital. Comme je l’analysais déjà lors de la mutation des majors pétrolières, les fondamentaux ne changent pas : l’énergie moderne est une question d’infrastructure lourde.
Pour la RDC, le paradoxe est alimenté par les rigidités du marché mondial : alors que le pays fournit les minerais critiques essentiels à la transition globale, l’accès aux financements pour ses propres infrastructures reste entravé par une architecture financière internationale inadaptée. Il s’agit désormais d’ajuster cette architecture pour favoriser une synergie réelle entre l’extraction des ressources critiques et le développement des capacités énergétiques nationales. Le rôle central de la RDC invite à repenser les flux de capitaux : relever les défis du financement des grands projets hydroélectriques est l’étape clé pour aligner le potentiel industriel du pays avec les objectifs climatiques globaux.
La dette : Le « membre fantôme » de l’efficacité
Le rapport souligne l’urgence du GPL comme combustible de transition. Pour protéger nos forêts, le modèle de l’Afrique du Nord démontre que seule une adoption massive soutenue par l’État permet d’atteindre les cibles de cuisson propre, trop souvent sacrifiées. Ici, la souveraineté passera par une logistique robuste capable d’irriguer le pays profond.
Pourtant, l’injustice est inscrite dans les flux : 83 % des financements vers l’Afrique sont constitués de dettes. On demande à la RDC de résoudre son « trilemme énergétique » avec des chaînes aux chevilles imposées par un système financier qui peine à s’ajuster. Le succès du doublement de la desserte, malgré ce carcan, prouve que la fatalité peut être vaincue lorsque la vision régalienne rencontre une exécution rigoureuse. Satonge est en train de retrouver sa seconde jambe à travers l’action de l’ANSER.
Loin d’être un simple vœu pieux, la mise en œuvre des réformes institutionnelles actuelles tracent la voie d’une véritable renaissance. Le défi n’est plus seulement technique, il est celui d’une fierté retrouvée : transformer notre pays en un pôle de souveraineté énergétique. Si la solidarité internationale doit encore s’ajuster, l’étincelle congolaise, elle, est bien allumée. Le génie africain, debout sur ses deux pieds, n’aura bientôt plus besoin de béquilles pour marcher vers sa destinée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Journée internationale des Mines antipersonnel : Christelle Vuanga appelle au renforcement des efforts de déminage et à la garantie de la sécurité des civils
À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation au problème des mines antipersonnel, la députée nationale Christelle Vuanga a appelé au renforcement urgent des opérations de déminage en République démocratique du Congo, tout en insistant sur la nécessité de garantir la sécurité des populations civiles exposées à ces engins explosifs.

Prenant part à une activité de sensibilisation, elle a alerté sur la persistance de cette menace dans plusieurs zones affectées par les conflits armés, où les mines continuent de faire des victimes et de freiner le développement des communautés locales.
Un impératif humanitaire et sécuritaire

Christelle Vuanga a souligné que la lutte contre les mines antipersonnel constitue une priorité à la fois humanitaire et sécuritaire, appelant à des actions coordonnées pour assainir les zones contaminées et protéger les populations vulnérables.
Elle a insisté sur la responsabilité collective d’agir avec détermination pour le désarmement des zones touchées, affirmant que cet engagement vise à préserver la vie humaine, la dignité des citoyens et l’avenir du pays.

Engagement pour l’égalité et la voix du Congo à l’international
Au-delà de cette problématique, la députée a réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité des droits, notamment à travers la promotion de l’intégration des femmes dans les instances de prise de décision.

Dans cette même analogie, l’élue de Kinshasa porte également la voix du peuple congolais sur la scène internationale, plaidant pour une mobilisation accrue en faveur d’un Congo débarrassé des mines antipersonnel et résolument tourné vers un avenir plus sûr et inclusif.
Exaucé Kaya
