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OCC : une maffia se partageait 1.400.000 Usd par mois
Un réseau maffieux se partageait un reliquat de 1.400.000 Usd (un million quatre-cents mille dollars américains) par mois à l’OCC (Office Congolais de Contrôle). C’est la conclusion tirée par l’Inspection Générale des Finances), après un audit lancé le 17 décembre 2020 au sein de cette entreprise publique et conclu par un rapport transmis en date du 28 mai 2021 au Président de son Conseil d’Administration et à son Directeur général.
Les limiers des médias qui ont eu accès aux « observations définitives » sur la gestion de l’Office Congolais de Contrôle ont fait le constat malheureux de l’existence d’une maffia organisée au sein de cette entreprise publique.
Celle-ci a, en effet, créé une multitude de rubriques pour justifier des sorties illégales des fonds. Ces postes de dépenses concernent les frais de fonctionnement, les crédits, les loyers, les jetons de présence et primes diverses, les frais de mission, les achats de véhicules pour cadres, etc.
Selon le rapport d’audit de l’IGF, il est reproché au président du Conseil d’Administration de l’Office Congolais de Contrôle, des détournements présumés des frais de fonctionnement alloués à cet organe à hauteur de 820.180.330 Fc (huit cents vingt millions cent quatre-vingts mille trois cents trente francs congolais.
Il est fait également état des crédits, jusque-là non remboursés, accordés aux mandataires publics, de l’ordre de 154.052.706 Fc (cent cinquante-quatre millions cinquante-deux mille sept cent et six francs congolais. Cet argent était-il décaissé sous le régime d’une libéralité ou d’un don ? La question reste posée.
L’autre cas scandaleux épinglé par l’Inspection Générale des Finances est lié au paiement, en faveur de madame le Directeur général adjoint, des loyers de l’ordre de 108.200 Usd (cent et huit mille deux cents dollars américains) alors que des frais de logement sont libérés mensuellement pour son compte. Pourquoi l’institution d’un loyer parallèle pour une mandataire déjà prise en charge par l’entreprise sous la même rubrique ?
L’Inspection Générale des Finances a également constaté, comme irrégularité, le paiement, en faveur du personnel d’appoint et des mandataires, d’un montant global de 5.497.317.193 Fc (cinq milliards quatre cents quatre-vingts sept millions trois cents dix-sept mille cent quatre-vingts treize francs congolais). On signale, dans ce montant, l’affectation de 1.683.550.317 Fc ( un milliard six cent quatre-vingts trois millions cinq cents cinquante mille trois cents dix-sept francs congolais) uniquement pour le Directeur général et le Directeur général adjoint.
L’IGF a aussi enregistré le paiement irrégulier des primes et collations, sous la rubrique des primes extra time, de l’ordre de 42.710.787.025 Fc ( quarante-deux milliards sept cents dix millions sept cents quatre-vingts sept mille vingt-cinq francs congolais) en faveur du personnel d’appoint.
En dépit de la trésorerie continuellement au rouge de l’Office Congolais de Contrôle, ses mandataires se sont permis de payer, au personnel, une gratification de fin d’année de l’ordre de 1.037.927 Usd (un million trente-sept mille neuf cents vingt-et-sept dollars américains).
Comme si cela ne suffisait pas, la déperdition liée aux opérations de change des francs congolais contre des dollars américains pour des prêts s’est élevée à un total de 13.277.422 Usd (treize millions deux cents soixante dix-sept mille quatre cents vingt-et-deux dollars américains).
Les autres actes indélicats de gestion touchent à la signature des contrats d’abonnements judiciaires avec 20 cabinets d’avocats, à l’existence de mille comptes bancaires dont certains sont restés inactifs, occasionnant inutilement des frais de tenue des comptes, le recrutement de 130 nouvelles unités, portant les effectifs du personnel à 5.266 cadres et agents, etc.
Le tableau général de l’audit de l’Inspection Générale des Finances présente l’Office Congolais de Contrôle comme une « boutique familiale » de ses mandataires, où les sorties de fonds sont opérées selon l’humeur de ses mandataires.
Le transfert d’un tel dossier à la justice est vivement recommandé, afin de permettre à l’opinion nationale de connaître les tenants et aboutissants d’une maffia organisée, manifestement destinée à maintenir l’OCC sous le statut d’éternel canard boiteux.
Kimp/Le Phare
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
