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Nyiragongo : bientôt la fumée blanche à la chefferie Bukumu
La fumée blanche est attendue pour la chefferie de Bukumu, une entité du territoire de Nyiragongo, dans la province de Nord-Kivu. Pour cause, le conflit de succession qui y règne et met aux prises trois prétendants au trone.
Depuis 5 ans, en effet, les trois princes Lebon Bakunga, Butsitsi Kahembe Isaac et Butsitsi Bigirwa Jeab-Bosco se disputent le pouvoir et se sont engagés dans une bataille sans merci qui s’est étendue jusque dans le microcosme politique de la province.
Pour les concilier et arbitrer le conflit de succession, le ministre délégué de l’Intérieur en charge des affaires coutumières, Eyrolles Michel Mvunzi Meya, a fait le deplacement de Goma, pour y rencontrer les protagonistes et trouver la solution sur place.
Ce conflit préoccupe le gouvernement central, qui croit que les conflits coutumiers sont à la base de l’insécurité.
Dans un entretien qu’il a accordé à la presse à son arrivée à l’aéroport de Goma ce dimanche, le ministre Mvunzi Meya a parlé de la nécessité de mettre rapidement fin au conflit coutumier de la chefferie Bukumu. « Lorsque les conflits coutumiers durent, c’est la cause de beaucoup de problèmes, qui peuvent mettre en cause la paix et la sécurité ».
Mvunzi Meya a fait remarqué que la chefferie de Bukumu est frontalière au Rwanda. « Etant donné que ce conflit se situe au niveau d’une frontière, il est de l’intérêt du gouvernement de faire tout, à travers mon ministère, pour qu’il soit reglé et que tous les protagonistes, qui sont en realité enfants de la même famille, puissent comprendre qu’à un certain moment, il faut qu’un chef, qui est aussi membre de la famille, puisse diriger et que les autres attendent leurs tours ».
Le ministre a rassuré que c’est la procédure coutumière qui sera appliquée: « nous allons aider les interessés à appliquer dans la transparence les règles édictées par la coutume en matriere de désignation d’un chef ».
Mvunzi Meya est devenu une référence en matière de règlement des conflits coutumiers. Récemment, il a éteint un conflit fratricide de plus de 30 ans à la chefferie de Kaponda (Haut-Katanga) et a obtenu le retour à l’alternance pour la chefferie Pelende-Nord (Kwango).
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Quand une rumeur devient virale : Non, le député congolais Agenonga n’a jamais été élu en Ouganda !
Une information largement relayée sur les réseaux sociaux, principalement sur la plateforme X (ex-Twitter), prétend que le député national congolais Hon. Agenong’a Robert aurait été élu député en Ouganda. Cette affirmation, devenue virale en quelques heures, s’est imposée dans certains cercles numériques sans qu’aucune preuve officielle ne vienne l’étayer.
Face à l’ampleur de la rumeur, CONGOPROFOND.NET a immédiatement engagé une recherche inversée et une vérification approfondie. Résultat : une seule source identifiée, un post isolé sur X, sans relais institutionnel, sans communiqué officiel, ni mention dans les médias ougandais crédibles.

Les autorités électorales ougandaises démentent formellement
Contactées par le correspondant de CONGOPROFOND.NET à Kampala, des sources locales, dont un membre de la Commission électorale ougandaise, rejettent catégoriquement cette information.
« Non. Je ne connais pas cet homme. Et je n’ai pas vu son affiche durant la campagne électorale ici à Kampala. C’est mieux d’ignorer ce type de message car actuellement, les gens écrivent n’importe quoi juste pour du contenu », a déclaré ce responsable électoral.
Aucune trace du nom d’Agenong’a Robert ne figure dans les listes des candidats, ni dans les résultats des élections locales ou nationales en Ouganda, confirmant le caractère totalement mensonger de cette rumeur.
La mise au point officielle du député Agenong’a Robert

Face à la désinformation persistante, l’élu congolais a publié une déclaration officielle dans laquelle il dément formellement toute implication dans un processus électoral ougandais. Il rappelle être député national de la République démocratique du Congo, élu lors des élections générales de décembre 2023, représentant le territoire de Mahagi, province de l’Ituri, et en fonction depuis janvier 2024 dans le cadre de la Quatrième Législature (2024–2028).
Il précise que les images et vidéos utilisées pour alimenter la rumeur relèvent d’un contexte strictement privé et familial. Les personnes visibles à ses côtés sont ses beaux-frères, élus conseillers locaux dans la sous-comté de Dei (district de Pakwach). Sa présence sur les lieux était fortuite, liée à un déplacement personnel vers Entebbe dans le cadre d’un voyage international, sans aucun lien avec la vie politique ougandaise.
Une désinformation aux motivations floues
Le député condamne fermement cette tentative de manipulation de l’opinion et appelle le public à ne se fier qu’aux sources officielles et vérifiées. Il rappelle par ailleurs être candidat, en toute transparence, au Comité de pilotage de l’Initiative mondiale des jeunes parlementaires du Groupe de la Banque mondiale et du FMI (mandat 2026–2028), un processus distinct et international, sans rapport avec les élections ougandaises.
Appel à la vigilance numérique

Cette affaire illustre une fois de plus les dérives de la désinformation à l’ère des réseaux sociaux, où une affirmation non vérifiée peut rapidement être érigée en « vérité » numérique. CONGOPROFOND.NET appelle les internautes, les leaders d’opinion et les médias à redoubler de vigilance, à vérifier les sources et à ne pas relayer des contenus infondés susceptibles de semer la confusion politique et diplomatique.
Aucune élection du député congolais Agenong’a Robert n’a eu lieu en Ouganda. L’information est fausse, non sourcée et officiellement démentie par les autorités compétentes et par l’intéressé lui-même.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
