Culture
Nord-Kivu : « L’Empire du silence » du Belge Thierry Michel présenté au public de Goma
Après Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, le réalisateur Belge Thierry Michel a présenté son tout dernier film à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Ce film documentaire intitulé « L’Empire du silence » vise, selon le réalisateur, à attirer l’attention positive comme négative de plus d’un Congolais.
Pour lui, depuis 25 ans, la RDC est déchirée par des massacres largement ignorées par les médias et la communauté internationale. Les victimes se comptent par centaines de milliers, alors que les auteurs de ces crimes continuent à s’accaparer les richesses du pays.
« Pourquoi cette campagne ? Le Congo est un pays riche au monde en terme des ressources minières et des terres rares. Et pendant plus de 20 ans, des violences de masse, et malgré la présence de plus de 20.000 casques bleus de la Monusco depuis plus de 20 ans, rien ne change et les bourreaux sont toujours au pouvoir. D’où l’objectif est de dénicher ces derniers et mettre fin à ces pratiques ignobles », a-t-il dit devant la presse de Goma ce samedi 3 septembre 2022.
Selon lui, ce 13è et dernier film de sa carrière tente de dénoncer ces violences, l’impuissance des Organisations internationales, et appelle à une réaction de la communauté internationale.
« Cette campagne vise à organiser des présentations publiques du film, avec débat, puis devant les grandes Organisations Internationales telles que le Conseil des Droits de l’Homme, les Nations-Unies, le Congrès Américain, le Parlement Européen, et en RDC avec une tournée dans sept provinces martyres où le film a été tourné. Nous pensons que cela pourra éveiller la conscience des décideurs », a indiqué Thierry Michel.
Pour compléter son message, il a appelé chacun à réagir à son niveau en soutenant la mise en place d’outils de sensibilisation et mobilisation pour demander la mise en place des Tribunaux internationaux, mixtes, spéciaux comme au Rwanda et en Sierra Leone, ainsi que de soutenir la diffusion de ce film tout en s’appuyant sur la justice transitionnelle.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
Société
Gemena : 3 mois d’arriérés, les ouvriers d’IMMO SERKAS dénoncent une gestion défaillante
À Gemena, chef-lieu du Sud-Ubangi, le projet d’asphaltage des voiries urbaines porté par IMMO SERKAS est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse. Derrière l’ambition affichée, les travailleurs dénoncent une situation sociale critique marquée par plusieurs mois d’impayés.
Depuis près de trois mois, les ouvriers affirment vivre dans une précarité grandissante. « Nous attendons nos salaires sans réponse claire », confient-ils, évoquant des difficultés quotidiennes devenues insoutenables.
Ce jeudi 30 avril, la tension est montée d’un cran. Dès le matin, des travailleurs se sont rassemblés devant le site de l’entreprise au camp Cotonnier, dans la commune de Labo. « Nous réclamons simplement notre dû », ont-ils insisté, dénonçant des promesses répétées mais non tenues.
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour pointer une gestion problématique. « Comment un projet structurant peut-il connaître une telle dérive ? », s’interroge un notable local, évoquant une gouvernance jugée opaque.
Les conséquences se font également sentir sur le terrain. Les travaux d’asphaltage accusent un retard important, avec près de trois ans de décalage sur un calendrier initial de 18 mois, alimentant la frustration des habitants.
Déterminés, les ouvriers posent désormais leurs conditions. « Pas de reprise sans paiement intégral », préviennent-ils, tandis que certains acteurs locaux estiment que « les promesses non tenues fragilisent la crédibilité de l’entreprise et compromettent l’avenir du projet ».
Blaise Abita Etambe
