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Nord-Kivu : Déjà 5000 ménages déplacés après la résurgence du M23 !
Déclenchés aux premières heures de ce lundi 28 mars 2022, les affrontements entre les miliciens du Mouvement du 23 Mars ( M23) et les Forces Armées de la RDC engendrent déjà des graves conséquences sur le plan humanitaire, en territoire de Rutshuru. A en croire des sources de la Société civile locale, déjà plus 5000 ménages passent leur nuit à la belle étoile, forcés par la situation d’abandonner leurs habitations dans les villages de Chanzu, Runyonyi, Gitovu,Nyagasozi, Nyakaliba, Nyarubara, RANGIRA, Rwanguba, Rubona, Cyeya, Tchengerero, tous du groupement de Jomba dans le territoire de Rutshuru.
Mbusa Mukanda Aimé, un des notables de Rutshuru, qui donne ces chiffres précise que certains ménages ont pris la direction de l’Ouganda, précisément dans la province de Kisoro, depuis l’avant-midi de ce lundi.
»Certains sont à Kisoro, en Ouganda, d’autres se dirigent à Rutchuru centre et groupement de Busanza et d’autres vers Rubare, Kalengera et Bweza », ajoute-t-il.
Par ailleurs, Aimé Mbusa Mukanda rappelle que depuis la matinée de ce lundi, les affrontements sont signalés vers Chanzu, Ndiza, Runyonyi, Chanyangutbe (Chinyamuhara) dans le groupement Jomba, territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, à plus de 80 kilomètres au Nord de la ville de Goma.
Cet activiste dit également regretter le fait, selon lui, que depuis l’instauration de l’état de siège, cette nouvelle attaque soit la septième en série dans trois endroits différents, notamment à Chanzu, Kanombe ( dans le groupement de Jomba) et Nyesisi dans celui de Rugari.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
