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Analyses et points de vue

Narcissisme politique en RDC : Quand l’élite oublie l’avenir

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La RDC, un pays riche en ressources naturelles, est confrontée à un défi majeur : le narcissisme de son élite politique. Ce phénomène, alimenté par un déni de réalité collective, conduit à des décisions qui compromettent non seulement le présent, mais aussi l’avenir des générations futures. Il y a une dynamique, ses conséquences et l’urgence d’une prise de conscience collective.

Le narcissisme politique se manifeste par un comportement égocentrique de la part des dirigeants, qui privilégient leurs intérêts personnels et leur image au détriment du bien-être collectif. En RDC, cette attitude est exacerbée par des décennies de gouvernance marquées par la corruption, l’inefficacité et le népotisme. C’est presque devenu un sport national.

Les membres de l’élite politique, la pire qui existe dans cet univers, semblent souvent plus préoccupés par leur propre survie politique et leur enrichissement personnel que par les besoins pressants de la population. Ce narcissisme est souvent accompagné d’un déni de réalité, où les dirigeants ignorent les problèmes criants auxquels le pays fait face.

Les crises économiques, les conflits armés, et les violations des droits de l’homme sont minimisés ou carrément niés, tandis que les ressources du pays sont exploitées sans vision d’avenir. Ce déni empêche une analyse objective des enjeux, rendant toutes les décisions politiques majeures non seulement inadaptées, mais aussi contreproductives.

Les choix politiques, souvent axés sur des bénéfices immédiats, négligent les implications à long terme pour la société. Par exemple, l’exploitation des ressources naturelles, bien que générant des revenus à court terme, se fait sans considération pour l’environnement ou le développement durable. De telles pratiques exacerbent la dégradation écologique et la pauvreté.

Elles laissent les générations futures avec un héritage désastreux. Pour inverser cette tendance, un changement de mentalité est essentiel. Cela nécessite une prise de conscience de la part de l’élite politique, mais aussi une mobilisation de la société civile. Les citoyens doivent exiger transparence et responsabilité de leurs dirigeants, tout en s’engageant activement dans le processus politique.

La démocratie ne peut pas être un simple mot ; elle doit être vécue et pratiquée pour véritablement servir les intérêts du peuple. Pour briser le cycle du narcissisme et du déni de réalité, l’éducation joue un rôle clé. Sensibiliser les citoyens aux enjeux politiques, économiques et environnementaux est crucial pour favoriser un débat éclairé.

De plus, encourager un engagement civique actif permet aux jeunes générations de s’impliquer dans la gouvernance, de revendiquer leurs droits et de promouvoir des politiques orientées vers l’avenir. Le narcissisme de l’élite politique congolaise et le déni de réalité qui l’accompagne représentent un défi colossal pour la RDC. L’irresponsabilité est un crime.

Cependant, en prenant conscience de ces dynamiques et en agissant collectivement, il est possible de construire un avenir qui privilégie le bien-être collectif et la durabilité. Il est temps de passer d’une gouvernance centrée sur l’individu à une gouvernance au service de la nation, pour le bien des générations présentes et futures. La responsabilité incombe à tous : à l’élite de changer son approche, et à la population de revendiquer un avenir meilleur.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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UDPS 2028 : Avant même le crash, ils répètent déjà la scène du pillage de l’épave

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Il fallait avoir le cœur bien accroché et le sens de l’absurde chevillé au cervelet pour suivre les derniers épisodes de la sitcom UDPS. On a d’abord vu Peter Kazadi, honorable cadre du parti présidentiel, adresser une lettre incendiaire au Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, André Mbata, oubliant au passage que l’un comme l’autre portent le même maillot.

Puis, summum du vaudeville institutionnel, ce même André Mbata s’est fendu d’un ricanement sardonique après la victoire de son poulain au Sankuru face au candidat du Secrétaire Général Augustin Kabuya, proclamant urbi et orbi que “l’Union Sacrée a gagné contre l’UDPS”. Voilà le décor planté : un parti où la victoire de ses propres structures satellites est célébrée comme une défaite de sa direction. C’est moins une scène de ménage qu’une répétition générale pour un chaos bien plus grand.

La médiocrité de ces querelles byzantines n’est pas un simple défaut de cuirasse ; elle est l’aveu public d’une impréparation stratégique qui donne le tournis. Ce théâtre d’ombres a révélé au monde entier ( et surtout aux Congolais qui attendent encore un projet structurant ) que les cadres au pouvoir ne pensent pas en termes de Nation, mais en termes de casting. Ils ne plancheront jamais sur une vision à 50 ans parce qu’ils sont incapables d’avoir une vision à 50 jours qui ne concerne pas leur propre nomination.

Leur horizon temporel s’arrête au prochain remaniement ministériel ou à la prochaine rotation des mandats provinciaux. Pas un seul d’entre eux n’a porté un débat de fond sur l’industrialisation, la démographie galopante ou la souveraineté énergétique. Non. Leur seul projet structurant, c’est de s’assurer que le voisin de bureau ne récupère pas leur fauteuil. Ce sont des court-termistes purs jus, des opportunistes pour qui le pouvoir est une fin en soi, et non le levier pour transformer un pays.

Ce qui les maintient encore dans une forme de cohésion tectonique, c’est uniquement l’aimant surpuissant de la figure tutélaire de Félix Tshisekedi. Mais 2028 n’est pas une hypothèse d’école lointaine, c’est un mur qui se rapproche à grande vitesse. Le jour où ce point de gravité viendra à disparaître du bulletin de vote, la force centrifuge actuelle n’aura plus aucun frein. Entre Peter Kazadi, André Mbata, Augustin Kabuya, Gecoco Mulumba, Nicolas Kazadi, André Wameso, Judith Suminwa et la longue cohorte des frustrés en réserve, ce ne sera pas une primaire.

Ce sera une curée. Une guerre de tranchées où chacun voudra la peau de l’autre pour hériter des ruines. Ils ont passé huit ans à ne rien bâtir ensemble, et à peine quelques heures à se déchirer pour une élection provinciale. Imaginez ce que donnera la bataille pour le royaume tout entier quand le roi ne sera plus candidat. Ce sera sanglant, et surtout, terriblement inutile pour le Congo.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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