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Mwant Jet : Les « Plans de sauvetage et de relance » en action, la société enregistre des avancées notables
Depuis près de deux ans que la société congolaise d’aviation Mwant Jet est sous administration provisoire, les signaux sont bons et rassurants. C’est sur décision de justice du tribunal de commerce Kinshasa Matete rendu le 21 février 2022 sous RCE 1947.
Selon des sources proches de la société Mwant Jet, Jean Pierre Pfingu (actuel administrateur provisoire) avec le concours de Michael Yav Tshikung (l’un des associés de Mwant Jet) ont tout mis en œuvre pour remettre l’entreprise sur le bon chemin. L’Associé Michael Yav a négocié et obtenu, pour son compte, un crédit auprès d’une banque de la place pour soutenir financièrement le plan de sauvetage de l’entreprise.
Plan de sauvetage et plan de relance

Le plan de sauvetage de l’entreprise a été mis en place pour restaurer les fondamentaux du fonctionnement de la société Mwant Jet.
Pour l’Administrateur provisoire, il fallait restaurer un cadre administratif et opérationnel de l’entreprise. L’Administrateur provisoire a, avec le concours de l’associé Michael Yav, accompli toutes les diligences administratives, techniques et financières.
Sur le plan administratif :
-Renouvellement du bail du siège administratif abusivement résilié par Madame Gueda Yav;
-Paiement des arriérés et des loyers en cours;
-Paiement du personnel minimum pour la reprise des activités.
Sur le plan technique et opérationnel :
-La réparation et le retour du premier aéronef, abandonné par Madame Gueda Yav en Afrique du Sud ainsi que le renouvellement de son certificat de navigabilité;
-Le renouvellement de la licence d’exploitation valide jusqu’en 2028;
-Mise en place de l’organigramme correspondant aux exigences de l’Autorité de l’Aviation civile (avec le recrutement du personnel qualifié);
-Mise à jour d’un manuel de procédure conformément aux normes édictées par l’AAC.
Maître Jean Serge Jabur, avocat de Mwant Jet, affirme que « la situation dans laquelle Mwant Jet a été laissée par l’associée Gueda Yav en avril 2022 était inquiétante. Personne ne peut dire le contraire, pas même Gueda Yav, elle-même. Les activités étaient à l’arrêt depuis avril 2022. Quand le premier Administrateur provisoire a pris ses fonctions le 31 mai 2022, soit un mois seulement après l’arrêt de l’exploitation, le personnel accusait déjà près de trois mois d’arriérés, les traites mensuelles auprès de la banque Afriland First Bank n’étaient plus payées depuis plus de deux mois. Elle seule peut dire combien elle a laissé dans les caisses de la société. Parce que aucun administrateur provisoire n’a pu avoir, à ce jour, accès aux comptes de Mwant Jet. C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles Gueda Yav a toujours refusé de faire la remise et reprise avec les différents administrateurs provisoires de la société ».

L’ancienne gérante, indique-t-on, s’est arrangée pour dissiper les traces de sa gestion ; notamment en emportant tous les documents et les pièces comptables ( y compris les ordinateurs de la société).
Malgré ces obstacles, l’Administrateur provisoire, Jean Pierre Pfingu, et l’autre associé, Michael Yav, ont permis à la société Mwant Jet d’atteindre la dernière phase du processus de certification de l’entreprise par l’Autorité de l’Aviation Civile.
Signalons que pendant ce temps, alors que l’Administrateur provisoire et l’associé Michael Yav s’investissent pour la relance de la société, Gueda Yav fait tout pour empêcher la reprise des activités de Mwant Jet.
Elle a demandé à deux reprises en justice la dissolution de la société. En juillet 2022 sous RFC 147, devant le tribunal de commerce de Kinshasa Gombe, elle avait demandé et obtenu la dissolution de la société avant que cette décision ne soit annulée par la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe pour incompétence territoriale sous RFCA 006.
En 2023, alors que l’Administrateur provisoire demandait la prorogation de son mandat pour lui permettre d’accomplir sa mission, dans le but d’empêcher l’audit, Gueda Yav demande encore la dissolution de Mwant Jet devant le tribunal de commerce de Kinshasa Matete sous RCE 2080. Le tribunal a jugé cette demande prématurée étant donné que l’audit des comptes, ordonné par le même tribunal n’avait pas eu lieu. Et cela, du fait de Gueda Yav. En gros, on ne pouvait pas dissoudre sans audit préalable.
Après le retour de l’aéronef à Kinshasa le 4 avril 2023, elle s’est illustrée par des saisies intempestives de l’aéronef pour une prétendue créance imaginaire, sans soubassement sérieux. En tout, il y a eu deux tentatives avortées de saisies et deux saisies pratiquées à la suite des ordonnances du président du tribunal de travail de Kinshasa Gombe et du président du tribunal de commerce de Kinshasa Matete.
Qui veut ravir à Gueda son entreprise ?

Lorsque Me Jean Serge Jabur apprend que Gueda Yav dit qu’on veut lui ravir son entreprise, il s’est dit surpris d’entendre des tels propos.
« C’est une question qui fait rire, entame l’avocat. Maître Jean Serge Jabur soutient qu’une entreprise n’est pas comme un téléphone qu’on peut ravir d’un trait de main. En ce qui concerne Mwant Jet. Qui dit son entreprise qu’on veut ravir voudrait dire que c’était son bien propre. Ce qui n’est pas son cas. Si on dit que Gueda Yav détient 60 % de Mwant Jet, les 40% sont détenus par quelqu’un d’autre. Et sans cela, Mwant Jet ne peut pas exister. Depuis 2022, je vous l’ai dit et je répète que le problème n’est pas qu’on veut lui ravir la société. Mais, le véritable problème c’est la peur qui l’a toujours caractérisée en ce sens que l’audit des comptes de la société sous sa gestion va ressortir, révéler, les cadavres cachés dans le placard ».
En sa qualité de Gérant de la société, elle a le devoir de redevabilité et cela participe de la bonne gouvernance de l’entreprise.
« A défaut pour elle d’avoir organisé dans le délai l’Assemblée générale ordinaire, elle devrait se soumettre à l’audit pour qu’on sache ce qui a été fait durant sa gestion. Peut-être qu’on parle de We Airways, sa société à elle. Ce qui n’est pas le cas de Mwant Jet. Dans une SARL pluripersonnel, l’associé n’est pas propriétaire de la société. Mais de ses parts sociales. Soit 60%, mais pas de Mwant Jet. De la même manière Michael est aussi propriétaire des 40 % de la société et pas de Mwant Jet. La société appartient aux deux », indique l’avocat.
Le fait que l’un des associés demande que la lumière soit faite sur la gestion ne voudrait pas dire qu’il veut s’accaparer l’entreprise.
« Mwant Jet va reprendre ses activités. La détermination de l’Administrateur provisoire et de l’associé Michael Yav, démontrent que la société ne peut que reprendre. Il n’y a qu’une seule alternative : la reprise des activités. A moins qu’il y ait une main noire », conclut Maître Jabur.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
