Actualité
Mongala : OLPA surpris par l’interruption brusque des émissions d’une radio à Lisala
L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), ONG de défense et de promotion de la liberté de presse, est totalement surpris par l’interruption brusque des émissions de radio Mwana Mboka, station privée émettant à Lisala, chef-lieu de la province de Mongala, au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).
Radio Mwana Mboka a été scellée, le 5 janvier 2022, par le colonel Antoine Masirika, commissaire provincial intérimaire de la police nationale congolaise de Mongala après un ordre verbal de M. Serge Mungulu, gouverneur de province.
L’officier supérieur de police s’est rendu immédiatement au siège de la radio où il a ordonné les journalistes trouvés sur place d’interrompre la diffusion de l’émission » Question d’actualité » sur l’apport de la population de Lisala dans la construction des canalisations d’eau. Les journalistes ont été séquestrés pendant plusieurs minutes au siège de la radio, accusés de diffuser régulièrement des émissions à caractère politique en violation d’une décision d’interdiction du ministre provincial de l’intérieur. Ils ont été relaxés après l’intervention de M. Emmanuel Ebengi, ministre provincial des finances assumant l’intérim du ministre provincial des médias.
De ce qui précède, OLPA condamne vigoureusement cette interruption brusque des émissions en violation de la loi du 10 janvier 2011 portant attribution, composition et fonctionnement du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Ces agissements sont de nature à porter atteinte au droit d’informer et d’être informé garanti par la législation congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Par voie de conséquence, OLPA exige la réouverture immédiate et sans condition de la radio Mwana Mboka.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Vidéo de violences à Kinshasa : une affaire liée à la chanteuse Rebo Tchulo pousse la Justice à ouvrir une enquête
Une enquête judiciaire a été ouverte en République démocratique du Congo après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des actes présumés de violences perpétrés par des individus, dont certains en uniforme, dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, selon un communiqué du ministère de la Justice consulté lundi.
D’après ce document, le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a été saisi le 19 avril par un lanceur d’alerte ayant transmis une vidéo des faits. Ces violences se seraient produites dans la nuit du 18 au 19 avril, aux environs de 4 heures du matin, au quartier Pigeon.
Cette séquence, largement relayée en ligne, est au cœur d’une controverse impliquant la chanteuse congolaise Rebo Tchulo, bien qu’aucune implication officielle n’ait été confirmée à ce stade. Plusieurs versions circulent quant aux circonstances de l’incident. Certaines sources évoquent un présumé vol d’argent, tandis que d’autres parlent d’un différend lié à des biens de valeur. Ces allégations restent, pour l’heure, non vérifiées.

Sans préjuger des responsabilités, le communiqué souligne que, si les faits sont établis, ils pourraient constituer des infractions d’une particulière gravité, notamment des actes de torture, des coups et blessures volontaires, ainsi que des incitations de militaires à commettre des actes contraires à la loi.
Le ministère rappelle également que de tels agissements constitueraient une violation des principes consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo, en particulier ceux relatifs au respect de la dignité humaine, à l’intégrité physique et à l’interdiction absolue de la torture, ainsi que des engagements internationaux du pays, notamment la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
En conséquence, le Ministre d’État a donné injonction à l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) d’ouvrir une enquête en vue d’établir les faits, d’identifier les auteurs et de les traduire devant les juridictions compétentes.
Dorcas Ntumba
