À la Une
MIBA : le DG Mukina réhabilité, le ministre Kwete appelle à l’ordre
Le ministre du Portefeuille Clément Kwete Nyimi Bemuna a jugé irrégulière la décision du conseil d’administration de la Minière de Bakwanga( MIBA) suspendant le directeur général Albert Mukina Kanda Kanda.
« Je tiens à attirer votre attention particulière sur le caractère totalement irrégulier de la décision prise par le conseil d’administration tant sur le plan forme que sur le fond. Je vous instruis donc de convoquer ce conseil d’administration au fin de procéder à l’annulation de cette décision et de retirer vos lettres de notification y relatives », peut-on lire dans sa réaction adressée au président du conseil d’administration de cette entreprise le mardi 01 octobre 2019.
En effet, Clément Kwete rappelle que la décision a été prise en violation tant des statuts de la MIBA SA ainsi du décret portant statut des mandataires publics dans les entreprises du portefeuille de l’État.
Pour ces motifs, « la décision de révocation du directeur général par le conseil d’administration est nulle et de nul effet, le directeur général reste en fonction jusqu’à nouvel ordre », a décidé le patron du portefeuille.
Il importe de rappeler que le conseil d’administration de la MIBA avait suspendu son directeur général Albert Mukina Kanda Kanda.
Dans une lettre adressée au DG MIBA, Albert Mukina et signée le 30 septembre à Kinshasa par le président du conseil d’administration de cette société minière, Monseigneur Dieudonné Mbaya Tshiakany, la Miba a fait constater que le DG a fait preuve des limites et d’incohérences dans la gestion courante de la société et dans l’exécution de ses décisions, mettant en difficulté l’entreprise et l’empêchant d’atteindre les objectifs lui assignés.
MUAMBA CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Kalaa Mpinga, nouveau PCA/Fomin : Un parcours marqué par les conflits de gouvernance, de Mwana Africa à PHC
Nommé Président du Conseil d’Administration du Fonds minier pour les générations futures ( FOMIN), depuis ce mercredi 3 juin, le nom de Kalaa Mpinga n’est pas nouveau dans les milieux économiques et miniers africains. Depuis plusieurs années, il est associé à différents projets d’envergure dans les secteurs minier et industriel. Toutefois, plusieurs de ces initiatives ont été marquées par des tensions récurrentes avec des partenaires financiers, des actionnaires ou d’autres parties prenantes.
L’épisode Mwana Africa : une rupture retentissante avec les actionnaires
L’un des cas les plus documentés demeure celui de Mwana Africa, groupe minier présent dans l’exploitation du diamant, de l’or et du nickel sur le continent africain. Après plusieurs années à la tête de l’entreprise, Kalaa Mpinga est finalement écarté de la direction à la suite d’un vote de défiance organisé lors d’une assemblée générale extraordinaire ( https://www.jeuneafrique.com/234648/economie-entreprises/les-chinois-evincent-kalaa-mpinga-de-mwana-africa/ )
Cette éviction intervient dans un contexte de désaccords persistants avec certains actionnaires, notamment chinois. À l’époque, l’intéressé évoque lui-même des divergences profondes concernant la stratégie de développement du groupe ainsi que son mode de gouvernance. Pour de nombreux observateurs, cet épisode constitue l’une des illustrations les plus marquantes des difficultés relationnelles qui ont jalonné sa carrière, avec des partenariats se terminant souvent par des ruptures ouvertes.
La MIBA : Une implication dans un environnement sous haute tension
Le nom de Kalaa Mpinga apparaît également dans les discussions liées à la relance de la Minière de Bakwanga (MIBA), fleuron historique de l’industrie diamantifère congolaise. À cette époque, l’entreprise traverse une crise profonde, sur fond d’enjeux économiques, sociaux et politiques particulièrement sensibles ( https://lemaximum.cd/2015/11/20/economie/kalaa-mpinga-les-rawji-enfer-ou-paradis-mbuji-mayi-veut-la-relance-de-sa-miba/ )
Bien que ce dossier diffère sensiblement de celui de Mwana Africa, plusieurs analyses soulignent néanmoins un élément commun : la difficulté à construire et préserver des alliances durables dans des secteurs pourtant stratégiques pour le développement économique.
Un style de gouvernance régulièrement pointé du doigt
Au fil des années, certains analystes ont observé que les tensions entourant plusieurs projets auxquels Kalaa Mpinga a été associé ne peuvent être expliquées uniquement par la complexité des environnements d’affaires africains.
Selon eux, ces frictions répétées seraient également liées à un mode de gestion caractérisé par des confrontations fréquentes avec les autres acteurs impliqués dans les projets, qu’il s’agisse d’actionnaires, de partenaires financiers ou de décideurs institutionnels. Cette lecture alimente le débat sur la capacité à maintenir un consensus durable autour de projets nécessitant pourtant stabilité et coopération.
Le dossier PHC dans la continuité d’un historique mouvementé ?
Dans ce contexte, les controverses observées autour de Plantations et Huileries du Congo (PHC) apparaissent, pour certains observateurs, moins comme un cas isolé que comme le prolongement d’un parcours déjà marqué par plusieurs conflits de gouvernance.
Si chaque dossier possède ses spécificités juridiques, économiques et opérationnelles, les critiques formulées convergent souvent vers une même interrogation : celle de la capacité à préserver des partenariats solides et durables dans des secteurs où la confiance entre les différentes parties constitue un facteur déterminant de succès.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
