Actualité
Menkao, l’agriculture et le spectre de Bukanga Lonzo : La lettre de Thierry Mbala N. qui interpelle
La relance agricole vantée par le président Félix Tshisekedi à Menkao n’a pas fini de susciter des interrogations. Dans une lettre ouverte au chef de l’État, Thierry Mbala Nkanga, pasteur et entrepreneur, sonne l’alarme : l’histoire pourrait bien se répéter si la gestion du secteur reste concentrée entre les mains des technocrates et des politiciens en cravate.
« L’agriculture ne se fait pas dans des bureaux climatisés. Malheureusement, ceux qui gèrent les fonds à louer pour la réalisation se taillent la part du lion, au détriment des ouvriers et des vrais acteurs du développement communautaire… ce qui conduit à l’échec, comme ce fut le cas pour Bukanga Lonzo », écrit-il.
Le rappel est brutal. Le projet Bukanga Lonzo, lancé en grande pompe sous Joseph Kabila, a englouti des centaines de millions de dollars avant de sombrer dans la corruption et l’abandon. Aujourd’hui, le pasteur redoute un « Bukanga Lonzo 2 » si les tracteurs et autres engins acquis à prix fort ne sont pas confiés à ceux qui travaillent réellement la terre. « Donnez-nous ces tracteurs et accompagnez-nous, nous chasserons la famine, car sans accompagnement nous produisons déjà ! Et on peut faire plus. »
Le plaidoyer de Thierry Mbala repose sur une conviction : sans implication des communautés locales et sans rupture avec la gestion opaque des fonds publics, aucune campagne agricole ne peut réussir. Et derrière la rhétorique officielle de “priorité nationale”, se cache encore le spectre de la prédation.
La question posée par cette lettre est claire : l’agriculture congolaise servira-t-elle enfin à nourrir les Congolais ou restera-t-elle un slogan détourné par les élites pour capter des financements ?
Claudine N. I.
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
