Société
Me Annie Bambe (Rien Sans les Femmes):« 26,2% des femmes et jeunes filles représentées au niveau des mécanismes et initiatives de paix en RDC »
Le Mouvement « Rien Sans les Femmes »(RSLF) avait organisé une grande activité de collecte des données sur la participation de la Femme et jeunes Femmes dans les mécanismes et initiatives de paix dans les 11 points de coordination ciblés.
Faisant suite à cette étude, une conférence de presse animée par Me Annie Bambe, facilitatrice et médiatrice de paix au sein du mouvement « Rien Sans Les Femmes » (RSLF), a été organisée ce jeudi 28 avril dans les locaux du mouvement.
Me Annie Bambe a indiqué que l’objectif visé dans cette collecte des données était celui d’obtenir la cartographie des mécanismes et initiatives de paix, dans le cadre du projet « Tufaulu Pamoja » (Réussir ensemble) qui vise à contribuer à l’amplification de la voix et la représentativité des femmes et des jeunes filles dans la sphère de prise de décision, la consolidation de la paix et le développement en RDC à tous les niveaux d’ici 2023.
L’objectif est de promouvoir un environnement sécurisé propice au Développement Durable (ODD), lequel Garanti une implication équitable des femmes, des hommes et des jeunes dans les mécanismes et initiatives de paix, en vue de la consolidation de la paix et résolution de paix en RDC.
Me Bambe, médiatrice de paix, a souligné que cette activité vise également la participation égalitaire entre la Femme, l’Homme et la Jeune fille sur un pied d’égalité aux instances de prise de décision, dans les mécanismes et initiatives de paix conformément à la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies en vue de la consolidation de la paix.
Elle a signifié que l’évaluation des mécanismes et initiatives de paix indique que la femme est bien présente dans lesdits mécanismes et initiatives, mais elle est faiblement représentée aux instances de prise de décision.
« Au niveau de mécanismes national, les femmes et jeunes femmes sont représentées au taux de 26,2%, une proportion qui est vraiment faible, alors que la femme est l’actrice principale de la paix, car elle a des aptitudes naturelles d’agir dans la discrétion entre les belligérants dans la résolution pacifique de conflits. Dans les mécanismes et initiatives de paix dans les 11 points de coordination ciblés par le projet, elles sont représentées au taux de 31% », a déploré la facilitatrice et médiatrice de paix du mouvement RSLF.
Elle a révélé que parmi les causes qui atrophient la participation de la femme dans les mécanismes et initiatives de paix, l’étude révèle notamment la faible volonté politique du Gouvernement à appliquer les textes légaux en la matière; l’absence de la budgétisation sensible à la promotion du Genre dans les questions de paix et sécurité; les violences sexistes que les femmes subissent; la méconnaissance des textes légaux favorable à la participation de la femme dans la consolidation de la paix; ainsi que l’absence de mentorat pour la femme et la méfiance entre elle et le rejet par les hommes.
Me Annie Bambe a également évoqué les défis liés à la participation de la femme et des jeunes femmes dans les mécanismes et initiatives de paix, notamment, la faible participation de la femme aux instances de prise de décision dans la prévention, gestion et résolution pacifique de conflits ainsi que la reconstruction post-conflits; la faible appropriation et désintéressement par les décideurs des mécanismes et initiatives des paix en RDC.
Elle a également déploré la méconnaissance du cadre légal qui promeut la participation des femmes et jeunes femmes dans les différents mécanismes de paix par les autorités politico-administratives, les femmes elles -mêmes ainsi que les autres acteurs communautaires; mais aussi la persistance des pesanteurs socioculturels. Elle déploré l’absence des femmes et jeunes femmes dans la résolution du conflit dans les assises tenues actuellement à Nairobi tout en présentant la femme comme solution, une personne éprise de paix et non dirigeante d’aucun groupe armé à l’est de la RDC ; atout que le gouvernement devrait capitaliser en l’associant à la gestion durable de ce conflit.
Mme Bambe a insisté sur la faible vulgarisation de la Résolution 1325 ainsi que des instruments juridiques qui promeuvent les droits des femmes dans le domaine de la paix et la sécurité sur l’ensemble du pays, mais aussi le faible développement du leadership transformationnel de la femme.
Elle a, à cet effet, invité le gouvernement à accroitre le taux de la participation des femmes et jeunes femmes aux instances de prise de décision dans les mécanismes et initiatives à tous les niveaux national, provincial ainsi que local pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits ainsi que la reconstruction post-conflit.
La chargée des programmes du mouvement RSLF, Nathalie Yoka Mbombo qui a remercié les participants, les a invité à s’approprier ce document qui sera très bientôt déposé au ministère du Genre. Une série de plaidoyers auprès des instances décisionnelles a été également annoncée.
La rencontre de ce jour, s’inscrit dans le cadre du projet « Tufaulu Pamoja », mise en œuvre par le mouvement RSLF avec l’appui de CAFOD et la CEJP CENCO, sur un financement de l’ambassade de Suède.
Ce projet vise à amplifier la voix de la femme congolaise pour une plus grande participation aux instances de prise de décision et mécanisme de paix.
Elda Along/CONGOPROFOND.NET
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À l’occasion de son sixième anniversaire, Mapendo Banque Alimentaire dresse le bilan d’un parcours marqué par l’engagement, la résilience et la solidarité. Créée en avril 2020, l’organisation s’est donnée pour mission de lutter contre la faim et le gaspillage alimentaire en République démocratique du Congo, dans un contexte où l’insécurité alimentaire demeure un défi majeur.

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Six ans après, le combat reste entier. Mais l’ambition de Mapendo s’est renforcée : devenir un véritable réseau humanitaire national, capable d’étendre ses activités à travers toute la RDC. L’objectif est clair : apporter une réponse durable et structurée à la problématique de la faim et de la pauvreté, en s’appuyant sur deux valeurs fondamentales : la solidarité et la justice sociale.
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Par ailleurs, l’organisation invite tous les acteurs de la chaîne alimentaire, producteurs, distributeurs, marchés, entreprises et partenaires techniques, à s’engager dans une collaboration durable. L’enjeu est de bâtir des partenariats solides et fructueux, capables de réduire significativement le gaspillage alimentaire tout en répondant efficacement aux besoins des populations.
Alors que la RDC continue de faire face à des défis socio-économiques importants, l’action de Mapendo Banque Alimentaire apparaît comme une réponse concrète et porteuse d’espoir. Après six années d’existence, l’organisation entend poursuivre son combat avec la même détermination : faire de chaque geste un pas de plus vers une société plus juste et plus solidaire.
Régis NGUDIE
