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Massacre au sein de la Garde Républicaine : Le caporal Isaac Bahati Kasongo condamné à mort pour triple meurtre

Le verdict est tombé comme une sentence implacable : le caporal Isaac Bahati Kasongo, soldat de la redoutée Garde républicaine, a été condamné à la peine de mort, ce jeudi 15 mai, par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema. Il avait froidement abattu trois de ses frères d’armes dans la nuit du 14 au 15 mai, au camp militaire Babylone.

Selon les détails livrés par le président du tribunal, le capitaine-magistrat Guy Kweshi, le caporal Bahati a été reconnu coupable de triple homicide volontaire, de vol d’arme de guerre et de dissipation de munitions de guerre, des infractions d’une gravité extrême, qui ont bouleversé l’institution militaire.

Mais la justice ne s’est pas arrêtée à la peine capitale. Le condamné écope également de dix années de servitude pénale pour les charges secondaires, et le tribunal a exigé le versement de 50.000 dollars américains aux familles des trois militaires tués, en guise de réparation morale et matérielle.

Une nuit de terreur au camp Babylone

Le drame s’est noué aux alentours de trois heures du matin. D’après les éléments recueillis au cours de l’enquête, le caporal Bahati aurait ouvert le feu sans sommation, abattant ses trois camarades dans leur sommeil ou en position de repos. Il aurait ensuite récupéré leurs chargeurs avant de disparaître dans la pénombre.

Sa cavale a duré plusieurs heures. C’est sur un chantier abandonné, non loin de l’avenue Kivu, qu’il a été localisé, encerclé et arrêté au terme d’un violent échange de tirs avec la Police militaire.

Un acte isolé ou un symptôme ?

Ce fait divers d’une rare violence soulève de nombreuses interrogations : l’armée congolaise, et en particulier la Garde républicaine-censée être l’unité d’élite chargée de la protection du chef de l’État-est-elle à l’abri de dysfonctionnements internes majeurs ? Qu’est-ce qui a poussé un militaire formé, encadré, à retourner son arme contre les siens ? Le procès n’a pas permis d’éclaircir les motivations profondes du caporal Bahati, resté mutique durant l’essentiel des audiences.

Alors que les familles endeuillées réclament justice et vérité, cette affaire met en lumière la nécessité urgente d’un encadrement psychologique, disciplinaire et éthique renforcé au sein des forces armées congolaises.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET