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Mandala City : Vitrine de la modernisation made in « Service National »

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Là où hier ne résonnaient que le silence de la brousse et le cri des herbes hautes, s’élève aujourd’hui Mandala City, une cité moderne sortie du sol congolais à la sueur des hommes et sous la volonté affirmée du pouvoir. À Kanyamaka-Kasese, le Service national veut faire de ce coin reculé un cœur stratégique de la République.

Un chantier d’État en pleine campagne

« C’est le bureau du Président. Oui, oui, c’est le bureau du Président », insiste le Général-Major Jean-PierreKasongoKabwik, fier de montrer les contours d’un édifice flambant neuf. Le ton est ferme, presque solennel. « En tant que campagnard, quand il vit en campagne, même s’il est en campagne, n’oubliez pas que c’est le bureau d’un super-maître », poursuit le numéro 1 du Service National.

À quelques pas de là, s’élèvent la salle du Conseil et celle du Conseil des ministres. « Il est très vaste. Et ça sera très beau, je vous jure », confie-t-il encore. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik ne cache pas son ambition : faire de Kasese non pas un simple centre agricole, mais un véritable cœur décisionnel de l’État.

Une cité pensée pour le commandant-suprême

Exigeant sur chaque détail, le commandant Estelle veille au grain. « Il passe, repasse, observe et corrige », témoigne un ingénieur du chantier. Car ici, rien n’est laissé au hasard.

« Si jamais le commandant-suprême arrive et veut tenir une réunion, on la tient où ? Dans une tente ? Non. Ou dans nos vieux bâtiments ? Non. On lui crée quand même les conditions », ajoute le haut officier militaire, en évoquant les 72 chambres, la piscine, les terrains de sport et les salles de musculation prévues pour accueillir les autorités.

« C’est en pleine brousse, oui. Pas de relâche. Vite, mais bien fait », glisse un autre agent, sourire en coin.

Un hôpital ultramoderne et un souffle agricole

À quelques mètres, un hôpital ultramoderne a déjà émergé. « Les équipements sont là, livrés et bientôt installés. Deux ambulances flambant neuves, les lits, les matelas, la pharmacie… tout est déjà commandé », énumère un responsable. Une promesse de solidarité pour les bâtisseurs, leurs dépendants et les réfugiés.

Mais Mandala City, ou Kasese, ne se résume pas au béton. C’est aussi une terre nourricière, symbole d’une vision. En 2019, le site ne comptait que 4 vaches. Aujourd’hui, plus de 6.000 têtes peuplent ses enclos.

« On a commencé en 2023 avec cent bêtes, puis cent dix. Maintenant on est à six mille, parce qu’il y a eu des acquisitions. Et l’année prochaine, on sera au-delà de dix mille », se réjouit un cadre du Service National.

La vision Tshisekedi : Refonder la nation par la terre

Porté par la vision du Président Félix Tshisekedi, le projet de Kanyamaka vise à refonder la nation congolaise par le travail de la terre et la discipline républicaine.

Avec sa piste d’atterrissage opérationnelle, son aérogare moderne et ses infrastructures solides, Kanyamaka a cessé d’être un simple champ perdu au milieu de rien.
Parce qu’ici, chaque brique posée redéfinit l’avenir, chaque vache élevée restaure la souveraineté, et chaque rêve bâti sur cette terre efface un abandon.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante

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À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.

Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».

Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits

Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.

Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».

Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.

Une légende aux accents mystiques

Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.

On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.

Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».

Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.

L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?

La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.

Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».

Du banditisme à la chute

Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.

Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.

Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.

Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».

Prison, oubli… puis rédemption inattendue

Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.

Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.

Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».

Une renommée jusqu’aux États-Unis

L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.

Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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