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Kinshasa célèbre les 50 ans du combat Ali-Foreman : Mike Tyson ranime la flamme du « Rumble in Jungle »
Ce samedi 18 octobre 2025, l’hôtel Hilton de Kinshasa a vibré au rythme de l’histoire et de la nostalgie à l’occasion de la conférence de presse officielle marquant le lancement des festivités du cinquantenaire du légendaire combat entre Mohamed Ali et George Foreman, tenu le 30 octobre 1974 dans la capitale congolaise.
Sous les projecteurs et dans une ambiance chargée d’émotion, plusieurs personnalités ont honoré de leur présence cette rencontre mémorable, notamment la légende mondiale Mike Tyson, l’organisateur Déo Kasongo, le représentant de l’ambassadeur des États-Unis, ainsi que de nombreux acteurs politiques et sportifs congolais.
Dans son allocution, le diplomate américain a salué l’initiative du gouvernement congolais, qu’il a qualifiée de symbole d’unité, de fraternité et de mémoire partagée entre les peuples congolais et américain. Il a également remercié la population kinoise pour l’accueil exceptionnel réservé à Mike Tyson, rappelant que cette commémoration dépasse la simple dimension sportive : elle est un pont entre les générations et les cultures.
Très ému, Déo Kasongo a exprimé sa profonde gratitude envers Dieu et le président de la République, qu’il a remercié pour leur appui moral constant. Il a tenu à préciser qu’il porte ce projet depuis plus de cinq ans, avec un mandat spécial du Chef de l’État, mais sans aucun financement public, preuve de sa détermination à immortaliser un pan glorieux de l’histoire congolaise.
Le moment le plus marquant de cette conférence fut l’annonce du rebaptême du terrain principal du complexe Tata Raphaël, désormais dénommé « Ali-Foreman », en hommage au combat mythique qui y fut disputé il y a cinquante ans. Le complexe sportif, pour sa part, conservera son appellation historique de Tata Raphaël, symbole de la mémoire nationale.
Les activités commémoratives se poursuivront ce dimanche 19 octobre 2025 avec un footing populaire au Palais du Peuple, suivi d’une séance d’entraînement au stade Tata Raphaël aux côtés de boxeurs congolais, avant un échange entre Mike Tyson et la jeunesse de Kinshasa autour des valeurs du sport, de la persévérance et de la discipline.
Présent à Kinshasa pour 48 heures, Mike Tyson n’a pas caché son émotion en foulant la terre du « Rumble in the Jungle ». L’ancien champion du monde a confié son désir symbolique de remonter sur le ring à Kinshasa, sur ce même sol mythique où Ali avait terrassé Foreman en 1974.
Au-delà du sport, cette commémoration s’impose comme un message de résilience, de fierté africaine et d’unité universelle. Cinquante ans après, Kinshasa demeure le berceau d’un moment légendaire de l’histoire mondiale de la boxe, un souvenir vivant qui continue d’inspirer le monde.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
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Jean Angwalima : Le “Al Capone” kinois, entre mythe urbain et réalité troublante
À Kinshasa, le nom « Angwalima » dépasse aujourd’hui la simple identité d’un homme. Il est devenu un mot du jargon populaire, synonyme de voleur rusé, méthodique et insaisissable.
Pourtant, comme le rappelle le chroniqueur Ngimbi Kalumvueziko, « Angwalima n’est pas qu’un mythe urbain : c’est d’abord un homme bien réel qui a marqué Léopoldville au lendemain de l’indépendance ».
Jean Angwalima s’impose ainsi comme l’un des personnages les plus fascinants – et controversés – de l’histoire criminelle congolaise.

Léopoldville, théâtre de ses exploits
Dans les années 1960, alors que la ville de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) se transforme après l’indépendance, Angwalima multiplie les cambriolages spectaculaires.
Il cible particulièrement les quartiers huppés (Kalina, Limete, Mont Stanley ou encore Ma Campagne ) où réside une nouvelle bourgeoisie congolaise ayant succédé aux colons européens.
Selon Ngimbi Kalumvueziko, « ses opérations, d’une précision presque chirurgicale, nourrissaient autant la peur des riches que l’admiration silencieuse des petites gens ».
Dans les rues, les récits de ses coups audacieux circulent, amplifiés par l’imaginaire collectif.
Une légende aux accents mystiques
Très vite, Angwalima dépasse la simple figure du voleur pour entrer dans la légende.
On lui prête des pouvoirs surnaturels : invisibilité, capacité d’hypnotiser ses victimes, ou encore maîtrise mystérieuse des serrures les plus complexes.
Ngimbi Kalumvueziko note à ce sujet que « la ville fabrique elle-même son héros nocturne, entre fascination et exagération ».
Ses arrestations répétées, suivies d’évasions spectaculaires de la prison de Makala, renforcent encore son image d’homme insaisissable.
L’audace ultime : un cambriolage présidentiel ?
La rumeur la plus persistante reste celle d’un cambriolage de la résidence du président Joseph Kasa-Vubu.
Bien que jamais confirmée, cette histoire contribue à bâtir son aura quasi mythique.
Comme l’écrit Ngimbi Kalumvueziko, « qu’elle soit vraie ou non, cette rumeur suffit à consacrer Angwalima comme un défi vivant à l’autorité de l’État ».
Du banditisme à la chute
Avec le temps, Angwalima quitte le cambriolage pour rejoindre une bande de criminels armés opérant en périphérie de la capitale.
Mais cette escalade marque un tournant tragique. Après le meurtre d’une fermière dans la région de Kasangulu, il est arrêté avec ses complices.
Le chef de bande, Ngabidila, est condamné à mort et exécuté publiquement. Angwalima, lui, échappe de justesse à la peine capitale.
Selon Ngimbi Kalumvueziko, « des interventions discrètes, notamment d’officiers originaires de l’Équateur, auraient pesé dans la commutation de sa peine ».
Prison, oubli… puis rédemption inattendue
Condamné à la prison à vie, Angwalima est transféré à Luzumu, dans le Kongo Central.
Libéré dans les années 1970, il disparaît progressivement des radars après s’être installé à Bana, dans un ancien village de “paysannat”.
Le plus surprenant reste sa dernière métamorphose : son retour à Kinshasa dans les années 1990… comme prédicateur.
Ngimbi Kalumvueziko conclut avec une pointe d’ironie : « le destin d’Angwalima rappelle que les trajectoires humaines échappent souvent à toute logique ».
Une renommée jusqu’aux États-Unis
L’écho de ses exploits dépasse les frontières du Congo. Le prestigieux The New York Times lui consacre un article en 1963, le comparant à Al Capone.
Une consécration internationale pour celui que Kinshasa n’a jamais cessé de raconter.
Entre mythe et mémoire collective
Aujourd’hui encore, Angwalima reste une figure ambiguë : criminel pour les uns, héros populaire pour les autres.
Mais comme le souligne Ngimbi Kalumvueziko, « ce n’est pas seulement l’homme qui survit, mais l’histoire que la ville a choisi de raconter à travers lui ».
Une légende urbaine née dans les ruelles de Léopoldville, et gravée à jamais dans la mémoire kinois.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
