Société
Lubumbashi : Simplice Kongol, étudiant et artiste abattu par les militaires
Le 17 mai 2025, aux alentours de 18 heures, alors que Lubumbashi vibrait au rythme d’activités culturelles majeures, la communauté artistique a été frappée de plein fouet par une tragédie insoutenable.
Le jeune artiste, slameur et designer Kongol Ngoy Simplice, connu sous le nom de L’enfant Noir, a été abattu par balles au quartier Golf Lido, sur la route du jardin zoologique, alors qu’il rentrait paisiblement chez lui, après une prestation de slam au Café Littéraire participatif organisé au Centre d’art et de recherche Picha.
Des témoins rapportent qu’il a été pris à partie par des hommes armés en tenue militaire. Battu, traîné au sol, abattu froidement puis jeté dans un caniveau logeant la clôture du jardin zoologique.

Un acte barbare, commis en plein centre-ville, en marge d’un événement culturel, contre un jeune homme désarmé qui n’avait ni troublé l’ordre public, ni manifesté la moindre résistance.
La mort de L’enfant Noir ne peut rester impunie. Au-delà du deuil, c’est une alerte. Un cri d’alarme face à une ville où les artistes, les jeunes, les rêveurs, peuvent mourir simplement pour avoir marché sur le mauvais chemin au mauvais moment.
L’enfant Noir était un être de lumière. Étudiant en Licence 4 à la faculté des sciences et informatiques de l’Université Don Bosco, département de Design et Multimédias, il était aussi un artiste complet. Slameur reconnu, cofondateur du collectif Pouvoir Slam de Lubumbashi, vidéaste du podcast Culte Nouart, chargé de logistique chez BOOKIN, membre actif du Kiosque Littéraire et fervent promoteur des cultures africaines.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
Société
Kinshasa « Ville morte » du 3 juin : La PNC déployée aux alentours du Stade des Martyrs
En ce du mercredi 3 juin 2026, journée « ville morte » décrétée par la plateforme de l’opposition C64, la Police nationale congolaise a massivement quadrillé les alentours du Stade des Martyrs de la Pentecôte, situé dans la commune de Kinshasa.
Dès les premières heures de la matinée, des pick-up de la Légion nationale d’Intervention et des unités anti-émeutes ont pris position sur le boulevard Triomphal. Casqués et armés, les éléments de la PNC ont installé un dispositif dissuasif devant l’enceinte du stade, symbole majeur de la capitale.
L’appel à la « ville morte » vise à protester contre le projet de changement de constitution et la situation sécuritaire à l’Est, selon les opposants. Si plusieurs artères de Kinshasa ont tourné au ralenti, le déploiement policier autour du Stade des Martyrs illustre la tension. Les commerces environnants sont à moitié fermés et la circulation fortement réduite.
Aucun incident majeur n’a été signalé en fin de matinée. Les autorités avaient prévenu : « la PNC prendra toutes les dispositions pour garantir l’ordre public ». L’opposition dénonce, elle, une « militarisation excessive » pour étouffer l’expression citoyenne.
Blaise ABITA
