Société
Lubumbashi : Simplice Kongol, étudiant et artiste abattu par les militaires
Le 17 mai 2025, aux alentours de 18 heures, alors que Lubumbashi vibrait au rythme d’activités culturelles majeures, la communauté artistique a été frappée de plein fouet par une tragédie insoutenable.
Le jeune artiste, slameur et designer Kongol Ngoy Simplice, connu sous le nom de L’enfant Noir, a été abattu par balles au quartier Golf Lido, sur la route du jardin zoologique, alors qu’il rentrait paisiblement chez lui, après une prestation de slam au Café Littéraire participatif organisé au Centre d’art et de recherche Picha.
Des témoins rapportent qu’il a été pris à partie par des hommes armés en tenue militaire. Battu, traîné au sol, abattu froidement puis jeté dans un caniveau logeant la clôture du jardin zoologique.

Un acte barbare, commis en plein centre-ville, en marge d’un événement culturel, contre un jeune homme désarmé qui n’avait ni troublé l’ordre public, ni manifesté la moindre résistance.
La mort de L’enfant Noir ne peut rester impunie. Au-delà du deuil, c’est une alerte. Un cri d’alarme face à une ville où les artistes, les jeunes, les rêveurs, peuvent mourir simplement pour avoir marché sur le mauvais chemin au mauvais moment.
L’enfant Noir était un être de lumière. Étudiant en Licence 4 à la faculté des sciences et informatiques de l’Université Don Bosco, département de Design et Multimédias, il était aussi un artiste complet. Slameur reconnu, cofondateur du collectif Pouvoir Slam de Lubumbashi, vidéaste du podcast Culte Nouart, chargé de logistique chez BOOKIN, membre actif du Kiosque Littéraire et fervent promoteur des cultures africaines.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
Société
Retour à la mère nourricière : 30 ans après, les anciens du Collège Elikia posent un geste de cœur
L’attachement à leur alma mater demeure intact. Trente ans après l’obtention de leur diplôme d’État, les anciens élèves du Collège Elikia ont posé, vendredi 17 avril 2026, un geste fort de générosité en faveur de leur ancien établissement. À travers une série de dons matériels et de travaux de réhabilitation, ces vétérans ont tenu à exprimer leur gratitude envers l’école qui a contribué à leur formation.
Face à l’état de dégradation progressive de l’établissement, marqué notamment par la vétusté de certaines infrastructures, les anciens ont décidé d’agir. Faute de moyens financiers suffisants pour une réhabilitation complète, la priorité a été accordée à la peinture des salles de classes des finalistes, afin d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage plus décent et motivant.
Au-delà des infrastructures, ces anciens élèves ont également pensé au développement physique et culturel des apprenants. Des ballons de football ont été remis à l’école, tandis que des ballons de basketball devraient suivre dans les prochains jours. Ils ont également entrepris des démarches pour la réfection du terrain de basket, dans le souci de redynamiser la pratique sportive au sein de l’établissement.
Fidèles à l’adage Mens sana in corpore sano un esprit sain dans un corps sain les anciens ont aussi mis l’accent sur l’éveil intellectuel des élèves. À cet effet, des jeux de Scrabble ont été offerts afin de promouvoir la culture générale, la maîtrise de la langue et l’esprit de réflexion. Leur ambition est également de voir renaître des activités académiques telles que les “Génies en herbe”, qui ont autrefois révélé plusieurs figures de la presse et de la vie politique congolaise.
Malgré des moyens limités, l’impact de cette action reste considérable. Ce geste de cœur témoigne de l’amour profond que ces anciens continuent de porter à leur “mère nourricière” et de leur volonté de contribuer à l’avenir des générations futures du Collège Elikia.
Adonikam Mukendi, stagiaire UCC
