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Société

Limiter la circulation selon les plaques : une illusion face à la vraie source des embouteillages

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Dans un contexte urbain étouffé par les embouteillages, une nouvelle mesure a récemment attiré l’attention : interdire la circulation des véhicules selon le dernier chiffre de leur plaque d’immatriculation. Les plaques impaires circuleraient les jours impairs, et les plaques paires, les jours pairs.

Présentée comme une solution rapide et efficace, cette mesure peut sembler logique en apparence. Pourtant, elle s’avère illusoire, voire inapplicable, face à la réalité complexe des causes profondes des embouteillages.

Une mesure de surface face à des problèmes structurels

Limiter la circulation selon les plaques ne fait que réduire artificiellement le nombre de voitures en circulation sans s’attaquer aux véritables causes du problème. Dans notre contexte, les embouteillages ne sont pas uniquement dus à la densité de véhicules, mais surtout à cinq fléaux bien identifiés :
1. Les tracasseries des PCR (Police de circulation routière) : leur présence sur la voie publique, loin de fluidifier la circulation, engendre souvent des arrêts inutiles, des contrôles arbitraires et parfois même des demandes de pots-de-vin qui bloquent la route et ralentissent tout le trafic.

2. Le mauvais stationnement : l’absence de discipline dans le stationnement transforme les routes en parcours d’obstacles. Les voitures garées en double file ou sur des voies déjà étroites réduisent considérablement la capacité de circulation.

3. L’état délabré des routes : des tas d’immondices, les chaussées impraticables et les zones inondables ralentissent la circulation et forcent les véhicules à manœuvrer constamment, créant des bouchons là où il ne devrait pas y en avoir.

4. L’absence de voies secondaires : la concentration du trafic sur quelques grands axes sans alternative crée une pression insupportable. En cas d’accident, d’intervention ou de simple ralentissement, tout le réseau s’effondre.

5. La mentalité des chauffeurs : impatience, non-respect du code de la route, dépassements hasardeux, klaxons inutiles… Autant de comportements qui aggravent la congestion et empêchent toute fluidité.

Une chose est sûre, des solutions plus pertinentes existent. Avant de chercher à restreindre la circulation par des méthodes arbitraires, les autorités devraient s’attaquer à ces causes profondes. Il faudrait :

– Réformer et former la police de circulation à un travail plus fluide, moins intrusif.

– Créer et sécuriser des parkings publics pour éviter le stationnement sauvage.

– Réhabiliter les routes avec des matériaux durables.

– Aménager des voies secondaires pour désengorger les grands axes.

– Sensibiliser et former les conducteurs à une conduite responsable.

La mesure des jours pairs et impairs est un cache-misère. Elle déplace le problème sans le résoudre et risque même d’encourager certains à acquérir une deuxième plaque d’immatriculation pour contourner la règle, aggravant ainsi la situation. Ce qu’il faut, ce n’est pas punir les automobilistes, mais réformer en profondeur les structures et comportements qui créent le désordre routier. Sans cela, aucune règle, aussi créative soit-elle, ne pourra libérer nos routes de l’asphyxie quotidienne.

Régis NGUDIE/Congoprofond.net

Société

Kinshasa « Ville morte » du 3 juin : La PNC déployée aux alentours du Stade des Martyrs

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En ce du mercredi 3 juin 2026, journée « ville morte » décrétée par la plateforme de l’opposition C64, la Police nationale congolaise a massivement quadrillé les alentours du Stade des Martyrs de la Pentecôte, situé dans la commune de Kinshasa.

Dès les premières heures de la matinée, des pick-up de la Légion nationale d’Intervention et des unités anti-émeutes ont pris position sur le boulevard Triomphal. Casqués et armés, les éléments de la PNC ont installé un dispositif dissuasif devant l’enceinte du stade, symbole majeur de la capitale.

L’appel à la « ville morte » vise à protester contre le projet de changement de constitution et la situation sécuritaire à l’Est, selon les opposants. Si plusieurs artères de Kinshasa ont tourné au ralenti, le déploiement policier autour du Stade des Martyrs illustre la tension. Les commerces environnants sont à moitié fermés et la circulation fortement réduite.

Aucun incident majeur n’a été signalé en fin de matinée. Les autorités avaient prévenu : « la PNC prendra toutes les dispositions pour garantir l’ordre public ». L’opposition dénonce, elle, une « militarisation excessive » pour étouffer l’expression citoyenne.

Blaise ABITA

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