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Lubero : À Mighobwe, la solidarité n’est plus un slogan, mais une pratique
Dans les entités du territoire de Lubero, précisément à Mighobwe, des organisations locales issues des villages prennent des initiatives innovantes pour répondre aux besoins communautaires. Après mûre réflexion, des groupes d’hommes se sont réunis autour d’un objectif commun : initier des actions concrètes afin d’acquérir des biens utiles et durables au service de la population locale.

S’inspirer de la ville pour bâtir le village
Par imitation des pratiques urbaines, ces communautés rurales, longtemps considérées comme sous-développées, ont commencé à créer et à mutualiser des biens matériels destinés à être utilisés lors des grandes cérémonies sociales. Mariages, dots, funérailles, anniversaires ou autres festivités constituent désormais des occasions où ces équipements sont mis à la disposition des habitants.
Motards, écoles et groupes mutualistes en première ligne
Parmi les exemples cités figurent les groupes de motards, certaines écoles et des mutuelles communautaires telles que Silwamughima. Ces structures ont investi dans l’achat de matériels d’aide événementielle : bancs, tentes, matelas, plateaux, casseroles, voire des ordinateurs. Les bénéficiaires louent ces équipements pour un nombre de jours déterminé, moyennant une contribution financière fixée à l’avance.
Une gestion encadrée et responsable
La gestion de ces biens est confiée à des comités bien structurés, chargés de tracer les entrées, sorties et l’entretien du matériel. Ce mode d’organisation garantit la durabilité des équipements et renforce la transparence au sein des groupes. Dans un contexte où il est difficile pour une personne privée de posséder seule des matériels capables de servir une centaine de personnes, la mutualisation apparaît comme une solution efficace et solidaire.
L’exemple d’un sage initiateur
Interrogé par notre rédaction, un initiateur de cette dynamique explique avoir commencé par fabriquer 25 bancs destinés aux cérémonies organisées dans sa famille. « Lorsqu’il y a une fête, les membres de la famille ou du village viennent récupérer les bancs », confie-t-il. En contrepartie, le propriétaire perçoit une somme modique d’amortissement par jour d’utilisation. Un système qui s’étend aujourd’hui à d’autres matériels comme les tentes, les matelas ou les ustensiles de cuisine.
Une solidarité qui fait école
À Mighobwe, ces initiatives de mutuelles communautaires illustrent une nouvelle forme de solidarité rurale, pragmatique et tournée vers l’autonomie. Elles témoignent de la capacité des communautés locales du territoire de Lubero à innover, à s’organiser et à poser les bases d’un développement endogène fondé sur l’entraide et la responsabilité collective.
Sadrack Bihamba/CONGOPROFOND.NET
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RDC/Filière cupro-cobaltifère : GATT-RN salue la levée partielle de la suspension et plaide pour une application définitive et équitable
Le Groupe d’Appui à la Traçabilité et à la Transparence dans la gestion des Ressources Naturelles (GATT-RN) a réagi favorablement au communiqué du Ministère des Mines annonçant la suspension, suivie d’une levée partielle, des activités des entités de traitement de la filière cupro-cobaltifère dans la province du Lualaba.
Une étape jugée cruciale pour l’assainissement du secteur
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 6 janvier 2025, le réseau estime que cette mesure constitue « une étape importante dans le processus d’assainissement du secteur minier artisanal ». GATT-RN souligne toutefois la nécessité de prendre en compte les réalités économiques et sociales des milliers d’artisanaux et de familles dont la survie dépend directement de cette activité.
Pour une levée définitive fondée sur la conformité
Membre actif de la société civile congolaise, GATT-RN recommande que la levée temporaire de la suspension soit effectivement appliquée sur le terrain et qu’elle débouche, après la mise en conformité exigée, sur une levée définitive pour les entités respectant les obligations légales, techniques et de traçabilité. Le réseau insiste sur l’importance d’une application « rigoureuse et équitable » afin d’éviter des perturbations économiques, des tensions sociales et la précarisation des communautés minières.
La dimension sociale au cœur des mesures d’accompagnement
Par ailleurs, GATT-RN invite le Ministère des Mines à veiller à ce que les mesures d’accompagnement intègrent pleinement la dimension sociale, notamment la protection des revenus des artisanaux, la stabilité des coopératives minières et le maintien d’un climat apaisé dans les zones d’exploitation.
Une disponibilité réaffirmée pour la collaboration
Tout en saluant la décision gouvernementale, le réseau réaffirme sa volonté de coopérer avec les autorités congolaises et l’ensemble des parties prenantes. « Le GATT-RN réaffirme enfin sa disponibilité à collaborer étroitement avec le Ministère des Mines et l’ensemble des parties prenantes afin de promouvoir un secteur minier responsable, transparent, socialement juste et véritablement bénéfique pour la République démocratique du Congo », souligne la déclaration.
Trouver l’équilibre entre régulation et protection des communautés
Cette prise de position met en lumière l’enjeu majeur d’un équilibre durable entre la régulation du secteur minier et la protection des populations locales, dans un contexte où la filière cupro-cobaltifère demeure un moteur économique essentiel pour de nombreuses communautés congolaises.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
