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Kinshasa : Les « gratteurs » de l’iPhone, quand la photo de rue devient un business de survie

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À Kinshasa, où l’accès à l’emploi formel demeure un défi majeur pour la jeunesse, l’ingéniosité devient une arme de survie. Chaque jour, de nombreux jeunes inventent de nouvelles formes d’activités génératrices de revenus. Parmi elles, un phénomène urbain gagne du terrain : celui des photographes de rue armés d’iPhone.

Un smartphone comme seul outil de travail

Sans studio ni matériel professionnel, ces jeunes utilisent uniquement leur smartphone ( le plus souvent de la marque Apple ) pour capturer des clichés de passants. On les retrouve devant les supermarchés, les malls, dans les artères animées du centre-ville ou encore dans les lieux de forte affluence.

« Les gratteurs », une pratique qui interpelle

Surnommés « les gratteurs », ces photographes improvisés prennent des photos spontanées avant d’aborder leurs sujets. Les images sont ensuite proposées à un tarif unique, généralement fixé à 2 000 francs congolais par photo. Une offre simple, directe et accessible.

Souvenir express ou service alternatif

Pour certains clients, ces clichés représentent un souvenir instantané pris sur le vif ; pour d’autres, une solution rapide et moins coûteuse, évitant le passage par un studio photographique classique. Cette proximité et cette spontanéité séduisent une clientèle variée.

Entre controverse et résilience

Si cette activité divise l’opinion (oscillant entre débrouillardise créative et travail informel) elle illustre surtout la capacité d’adaptation de la jeunesse kinoise face à une réalité économique difficile. Loin d’être un simple effet de mode, ce phénomène traduit une lutte quotidienne pour la survie.

L’iPhone, symbole d’une économie informelle inventive

En attendant des solutions structurelles et durables à la crise de l’emploi, l’iPhone devient pour ces jeunes bien plus qu’un simple téléphone : un véritable outil de travail et de survie économique, au cœur de la capitale congolaise.

Désiré Rex Owamba

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La mosaïque d’un peuple-monde : RDC, l’empître géologique qui défie l’indifférence du monde

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Avec ses 250 ethnies, ses 450 tribus, ses 78 855 villages et sa myriade de provinces, villes, territoires et chefferies, la RD Congo n’est pas un pays : c’est un continent d’humanité. Là où d’autres nations peinent à gérer trois langues ou dix régions, la RD Congo tient, vivante, bouillonnante et résiliente, une diversité qui ferait vaciller n’importe quelle administration occidentale.

Ce n’est pas un chaos, c’est un miracle politique et social – un laboratoire du vivre-ensemble à l’échelle de l’Afrique tout entière. Sous ce kaléidoscope humain repose un sous-sol à faire pâlir les milliards du Golfe : coltan, cobalt, cuivre, or, diamants, lithium… La RDC est le scandale géologique par excellence, un coffre-fort naturel que le monde pille sans vergogne tout en feignant d’ignorer sa dette historique.

Chaque batterie de nos smartphones, chaque transition énergétique “verte” repose sur les entrailles congolaises – et pourtant, ce pays reste traité en périphérie du jeu mondial. Quelle autre nation supporterait une telle contradiction sans imploser ? La grandeur doit être exigée à tous ceux qui osent prétendre la diriger. Alors oui, diriger cette exception planétaire ne se mesure ni en sièges dorés ni en discours lisses.

Celui qui aspire à gouverner la RD Congo doit porter en lui la hauteur vertigineuse de ce peuple et l’humilité face à cette terre prodigieuse. Il ne s’agit pas de gérer une crise, mais d’incarner une renaissance. Si les dirigeants congolais prenaient pleinement la mesure de ce qu’ils ont – cette diversité, ces ressources, cette âme indomptable – leur stature deviendrait aussitôt celle des plus grands bâtisseurs d’histoire. Car la RD Congo n’attend pas un chef : il attend un géant à sa mesure.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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