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RDC/Filière cupro-cobaltifère : GATT-RN salue la levée partielle de la suspension et plaide pour une application définitive et équitable
Le Groupe d’Appui à la Traçabilité et à la Transparence dans la gestion des Ressources Naturelles (GATT-RN) a réagi favorablement au communiqué du Ministère des Mines annonçant la suspension, suivie d’une levée partielle, des activités des entités de traitement de la filière cupro-cobaltifère dans la province du Lualaba.
Une étape jugée cruciale pour l’assainissement du secteur
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 6 janvier 2025, le réseau estime que cette mesure constitue « une étape importante dans le processus d’assainissement du secteur minier artisanal ». GATT-RN souligne toutefois la nécessité de prendre en compte les réalités économiques et sociales des milliers d’artisanaux et de familles dont la survie dépend directement de cette activité.
Pour une levée définitive fondée sur la conformité
Membre actif de la société civile congolaise, GATT-RN recommande que la levée temporaire de la suspension soit effectivement appliquée sur le terrain et qu’elle débouche, après la mise en conformité exigée, sur une levée définitive pour les entités respectant les obligations légales, techniques et de traçabilité. Le réseau insiste sur l’importance d’une application « rigoureuse et équitable » afin d’éviter des perturbations économiques, des tensions sociales et la précarisation des communautés minières.
La dimension sociale au cœur des mesures d’accompagnement
Par ailleurs, GATT-RN invite le Ministère des Mines à veiller à ce que les mesures d’accompagnement intègrent pleinement la dimension sociale, notamment la protection des revenus des artisanaux, la stabilité des coopératives minières et le maintien d’un climat apaisé dans les zones d’exploitation.
Une disponibilité réaffirmée pour la collaboration
Tout en saluant la décision gouvernementale, le réseau réaffirme sa volonté de coopérer avec les autorités congolaises et l’ensemble des parties prenantes. « Le GATT-RN réaffirme enfin sa disponibilité à collaborer étroitement avec le Ministère des Mines et l’ensemble des parties prenantes afin de promouvoir un secteur minier responsable, transparent, socialement juste et véritablement bénéfique pour la République démocratique du Congo », souligne la déclaration.
Trouver l’équilibre entre régulation et protection des communautés
Cette prise de position met en lumière l’enjeu majeur d’un équilibre durable entre la régulation du secteur minier et la protection des populations locales, dans un contexte où la filière cupro-cobaltifère demeure un moteur économique essentiel pour de nombreuses communautés congolaises.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
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Concession de l’UNIKAN : La ministre O’Neige Nsele casse la cession à la CNSS et désavoue le gouverneur Kambulu
Le Gouvernement central s’est officiellement saisi du dossier controversé de la concession de l’Université de Kananga (UNIKAN), après la cession de 8 hectares de terrain à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une décision qui suscite de vives réactions dans la province du Kasaï-Central.
Dans deux correspondances signées le mardi 19 mai 2026, la ministre nationale des Affaires foncières, O’Neige Nsele Mimpa, a dénoncé ce qu’elle qualifie de « cession illégale » d’une partie de la concession universitaire et a sévèrement recadré le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu.
Selon la ministre, l’acte signé le 4 mai 2026 viole plusieurs dispositions de la législation foncière en vigueur en République démocratique du Congo. Elle reproche également au gouverneur provincial de s’être immiscé dans une procédure de mutation foncière impliquant deux entités autonomes, estimant que cette démarche ne relevait pas de ses compétences légales. « Son acte de cession est illégal », insiste la ministre dans ses correspondances adressées aux autorités concernées.
Face à cette situation, O’Neige Nsele Mimpa annonce avoir instruit les services compétents de son ministère afin de rétablir la concession de l’UNIKAN dans sa configuration initiale. Elle exige également la suspension des agents fonciers impliqués dans ce dossier, en attendant l’aboutissement des enquêtes administratives annoncées.
Cette prise de position du Gouvernement central pourrait relancer le débat sur la gestion du patrimoine foncier public et universitaire dans le Kasaï-Central, où plusieurs voix s’étaient déjà élevées pour dénoncer la réduction progressive des espaces réservés à l’Université de Kananga.
Le dossier reste suivi de près par la communauté universitaire ainsi que par plusieurs acteurs de la société civile, qui réclament davantage de transparence dans la gestion des concessions publiques.
Mike Tyson Mukendi
