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Livres: «Bibliologie entre Archivologie, Communicologie, Éditologie, Épistémologie, Informatologie et Médialogie»
Le nouvel ouvrage scientifique démontre les relations qui existent entre la bibliologie et d’autres disciplines scientifiques du monde des Sciences de l’information et de la communication (SIC).
Le professeur Bob Bobutaka Bateko, enseignant à l’Institut supérieur de statistique de Kinshasa (ISS/Kin) et à l’Université de Kinshasa (Unikin), vient de publier un énième livre scientifique intitulé «Bibliologie entre Archivologie, Communicologie, Éditologie, Épistémologie, Informatologie et Médialogie». Ce livre de 296 pages publié aux éditions Edilivre est sa quatrième publication dans cette maison d’édition française.
Selon le résumé de l’auteur, «La Bibliologie, une science de l’information et de la communication, dans sa phase de maturation avancée, démontre et explique ses phénomènes, notamment au travers d’une approche interdisciplinaire et transpluridisciplinaire. Pour ce faire, ce livre construit un schème pluriel tendant à l’explication des phénomènes bibliologiques en exploitant l’informatologie, la communicologie, l’éditologie, la médialogie, l’archivologie et l’épistémologie. La synergie de ces disciplines scientifiques dans une même publication est un exercice cognitif complexe. Ces différentes sciences constituent autant les identifiants que les déterminants d’appréhension et de compréhension de la science de l’écrit et de la communication écrite».
Mise en relief de recherches sur la bibliologie
Cette œuvre de l’esprit met aussi en relief les recherches sur la bibliologie effectuées à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa, l’un de plus anciens établissements académiques en Afrique centrale, depuis 1965. Sa section des Sciences et Techniques documentaires existe depuis 1977 et participe activement au renouvellement et à l’enrichissement de la bibliologie dont l’objet épistémologique est l’écrit (multimédia) englobant l’écriture et la lecture. Ces éléments sont significatifs dans le changement du paradigme civilisationnel de l’humanité.

Professeur BOB BOBUTAKA Delphin
Enfin, la bibliologie comme toutes les sciences de l’information et de la communication, s’opérationnalise autour du fait, de l’effet et de l’instrumentalisation ou de l’intermédiation.
Bob Bobutaka Bateko est professeur d’Université, chercheur et écrivain en RDC. Il est docteur en sciences de l’information et de la communication. Il a plusieurs formations, notamment en Archivistique, en Bibliothéconomie, en Documentation, en Bibliologie et en Sciences de l’Information et de la Communication. Son heuristique scientifique exploite, entre autres, l’épistémologie des sciences de l’information et de la communication, la bibliométrie, la biblio-sociométrie, la média-sociométrie, la légistique, l’éditologie, l’éditométrie, l’archivologie, la bibliothécologie, la documentologie, etc. En outre, ses travaux prônent l’approche interdisciplinaire, voire syntagmatique, à côté de l’approche paradigmatique. Ce, en vue de consolider les recherches et les enseignements dans le domaine de l’infocom. Il a collaboré activement avec le professeur-émérite Robert Estivals de l’Université de Bordeaux 3, en France, dans le cadre de la Revue scientifique internationale dénommée Bibliologie, Schéma et Schématisation.
Auteur prolifique
Prolifique, le Pr Bob Bobutaka ne tarit pas d’inspiration et continue des recherches approfondies dans le champ de l’épistémologie. Il a au total publié trois ouvrages courant cette année. L’essai La France, la Belgique et les deux Congo : mémoire historique, approche archivologique et communication politique est paru en février aux éditions Edilivre à Paris en France. Le troisième ouvrage riche et évocateur qui vient d’être mis sur le marché en ce mois de décembre a pour titre Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville. Développement, langue, musique, sport, politique et bibliologie. Bob Bobutaka y aborde l’évolution de la politique, du sport de la culture dans l’espace Kongo. Un livre qui répond à des curiosités sur l’un des espaces aux cultures riches et mystérieuses dans le monde.
Professeur Bob Bobutaka de l’ISS/Kin et Unikin
Les autres livres publiés par le professeur sont Archivistique, Bibliothéconomie, Documentation et légistique : disciplines de la bibliologie, Paris L’Harmattan, 2015, 315 pages ; Archivologie, Bibliologie et communicologie : approche épistémologique , Saarbrücken, Editions universitaires européennes, 2014 ; Bibliologie : science de l’Information et de la communication, Saarbrücken, Edition universitaires européennes, 2015 ; RD Congo – Belgique : archives, bibliothèque et bibliologie, Saarbrücken, Editions universitaires européennes, 2013. Dans ce lot des livres de Bob Bobutaka, il y a également Ecrit, Information, communication en République démocratique du Congo : essai de la bibliologie, L’Harmattan, Paris, 2009 ; Déconstruction du processus bibliologique colonial : installation d’un modèle endogène africain, L’Harmattan, Paris, 2015 co-auteur ; La République démocratique du Congo : les élections et après, L’Harmattan, Paris, 2008, co-auteur ; Bibliothèques, livre, écrit et technologies de l’information et de la communication en République démocratique du Congo, L’Harmattan, Paris, 2005, co-auteur ; et Les bibliothèques congolaises : état des lieux, L’Harmattan, Paris, 2007, co-auteur.
Delphin Bateko Moyikoli
CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
