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Insalubrité à Kinshasa : Lettre ouverte à Monsieur Daniel Bumba Lubaki, Gouverneur de la Ville-Province ( Par TEDDY MFITU Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR)

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Monsieur le Gouverneur,

Je me permets de vous adresser cette lettre ouverte avec une conviction profonde pour évoquer un sujet d’une importance capitale : l’insalubrité de notre capitale, Kinshasa. Ce fléau, qui semble être devenu une fatalité pour les Kinois, peut pourtant être reconsidéré non pas comme un obstacle ou une fatalité, mais comme une opportunité inexploitée et un atout économique à transformer.

Un défi, qui non seulement résoudra notre problème, mais nous propulsera vers un avenir radieux, économiquement viable et durable. En transformant nos déchets en matières premières, nous pouvons non seulement améliorer la qualité de vie des habitants, mais également faire de Kinshasa un modèle de développement durable en Afrique.

Chaque jour, Kinshasa produit des tonnes de déchets, que ce soient des déchets organiques, plastiques ou métalliques. Au lieu de les voir comme un fardeau à gérer, envisageons-les comme une ressource non exploitée, un potentiel économique colossal. La gestion des déchets n’est pas seulement une question de propreté ou de santé publique ; c’est une question de création de valeur.

En valorisant nos déchets, nous pouvons générer des revenus, créer des emplois et offrir une nouvelle perspective à notre jeunesse. Le recyclage des plastiques peut donner naissance à des produits dérivés tels que des matériaux de construction, du diesel, des textiles ou des emballages. De même, les déchets organiques peuvent être transformés en compost ou en biogaz, source d’énergie renouvelable.

Nous pourrions explorer des collaborations pour exporter nos déchets, mais aussi importer des technologies qui nous permettraient de les transformer sur place en créant une véritable industrie verte à Kinshasa. Pour entrer des devises, il est crucial de se tourner vers les marchés internationaux. Le marché du compost et autres produits dérivés est d’ailleurs en pleine expansion.

Les déchets plastiques, par exemple, sont de plus en plus recherchés dans certains pays, où ils sont recyclés pour produire de nouveaux matériaux. En mettant en place un système de collecte et de tri efficace, nous pouvons garantir une qualité de déchets suffisante pour attirer des acheteurs étrangers. En investissant dans des projets de biogaz, nous pourrions non seulement réduire notre insalubrité, mais également générer des revenus en vendant ces produits sur le marché intérieur et extérieur.

Pour réussir cette transformation, il est impératif de sensibiliser et d’éduquer la population. L’insalubrité est souvent le résultat d’un manque de conscience et de formation sur la gestion des déchets. En organisant des campagnes de sensibilisation, des ateliers et des formations sur le tri des déchets, nous pouvons impliquer la population dans cette démarche salvatrice.

L’insalubrité est un défi qui affecte notre santé, notre environnement et notre image. Chaque jour, des tonnes de déchets s’accumulent dans nos rues, défigurent notre paysage urbain et posent des risques sanitaires majeurs. Il est temps de briser le cycle de l’inaction et de transformer cette situation en une matière première stratégique.

Les déchets organiques, par exemple, sont utilisés pour produire du biogaz, une source d’énergie renouvelable capable d’alimenter des millions de foyers. Cela pourrait non seulement alléger notre fardeau local, mais aussi générer des recettes pour notre ville. La mise en place d’unités de conversion des déchets en énergie pourrait résoudre le problème crucial de l’électrification de notre capitale.

En utilisant les déchets organiques et non organiques pour produire de l’électricité, nous pourrions non seulement réduire la quantité de déchets qui aboutissent dans nos décharges, mais également fournir une source d’énergie renouvelable pour alimenter nos foyers, nos entreprises et nos infrastructures publiques. L’économie est avant tout la transformation des énergies.

Cette transformation des déchets en matière première peut être un levier puissant pour notre développement. En créant des emplois dans la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des déchets, nous pouvons non seulement améliorer notre économie locale, mais aussi renforcer notre tissu social en impliquant une partie de notre jeunesse désœuvrée dans ces initiatives.

Des programmes de sensibilisation et d’éducation sur la gestion des déchets pourraient également jouer un rôle clé dans le changement des mentalités et des comportements. Il est essentiel de repenser notre urbanisme pour intégrer ces initiatives de valorisation des déchets. Des quartiers écologiques pourraient voir le jour, où la gestion des déchets est au cœur de l’aménagement urbain.

Des espaces verts, des jardins communautaires et des infrastructures durables pourraient transformer notre ville, la rendant plus agréable à vivre et plus attractive pour les investisseurs. Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous devons également envisager comment rendre notre capitale plus attractive pour le tourisme qui est un levier trop négligé.

En réinventant notre image, en mettant en avant nos richesses culturelles, notre biodiversité et notre histoire, nous pouvons attirer des visiteurs du monde entier. Des initiatives comme la création de villages touristiques, de circuits écologiques et culturels, intégrant nos efforts de gestion des déchets et de développement durable, pourraient faire de Kinshasa la destination phare de l’Afrique.

Enfin, la mobilité est un enjeu crucial qui doit être intégré dans notre réflexion. En développant des systèmes de transport public écologiques et efficaces, nous pourrions réduire la congestion, améliorer la qualité de l’air et faciliter les déplacements. Imaginez des tramways ou des bus électriques, alimentés par l’énergie produite à partir de nos déchets. Ce serait une véritable révolution.

Monsieur le Gouverneur,

En transformant l’insalubrité de Kinshasa en matière première, nous ne faisons pas seulement face à un défi, mais nous embrassons une opportunité de renaissance. La poussière et les déchets qui jonchent nos rues peuvent devenir les fondations d’une économie circulaire, une source d’innovation et de prospérité pour la belle capitale du continent.

En valorisant ce que d’autres considèrent comme déchet, nous écrivons un nouveau chapitre de notre histoire, où chaque morceau de plastique, chaque reste organique devient un symbole de résilience et de créativité. En cultivant cette vision audacieuse, nous invitons notre population à participer à cette métamorphose et à transformer le déchet en ressources économiques.

Vendre nos déchets comme matières premières aux marchés du monde entier, générer des devises pour Kinshasa à partir de l’insalubrité est une opportunité, un atout qui élèvera notre ville au rang de modèle de durabilité et d’innovation. Kinshasa ne devra plus jeter les vieux vêtements. Avec la mise en place de nos propositions, elle les transformera désormais en nouveaux rêves.

La ville-province de Kinshasa peut devenir une lumière dans l’obscurité, une source d’inspiration pour d’autres villes du pays, du continent voire même du monde prouvant que la beauté peut émerger des lieux les plus inattendus. Ensemble, ouvrons la voie vers un avenir où chaque déchet est un pas de danse vers la grandeur car de la cendre renaît la vie.

Respectueusement,

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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