Diplomatie
Les chefs d’État de l’EAC relancent le projet de la fédération politique
Réunis ce 30 novembre à Arusha pour célébrer le 25ᵉ anniversaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), les chefs d’État ont décidé d’accélérer la création de la Fédération politique. Pour les chefs d’État, ce projet, initié en 1963 par Jomo Kenyatta, Julius Nyerere et Milton Obote, symbolise l’objectif ultime de l’intégration régionale.
« Nos pères fondateurs avaient une vision d’une Afrique de l’Est unie et forte. Mais des faiblesses internes ont retardé sa réalisation », a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni, insistant sur le fait qu’une telle fédération aurait pu éviter de nombreux conflits dans la région.
Entre autre sujet débattu, les protocoles de l’Union douanière et du Marché commun pour dynamiser les échanges intra-régionaux. Les chefs d’État ont ainsi appelé à les rendre pleinement opérationnels. William Ruto, président du Kenya, a salué les progrès économiques de la région tout en insistant sur l’importance de renforcer les partenariats commerciaux et la sécurité régionale.
De son côté Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie, a mis en avant les efforts de son pays pour reboiser et électrifier les zones rurales. Elle a souligné que ces initiatives favorisent l’autonomisation des jeunes et le développement local tout en répondant aux défis climatiques.
La Somalie dans une dynamique régionale
Hassan Sheikh Mohamud, président de la Somalie, a exprimé la volonté de son pays de contribuer activement à l’EAC. Avec ses vastes ressources et une population orientée vers les affaires, la Somalie entend jouer un rôle clé dans le développement régional.
Les chefs d’État, unis par une vision commune, ont réitéré leur engagement à transformer l’EAC en une fédération politique, symbole d’unité, de paix et de prospérité pour l’Afrique de l’Est.
Claudine N. I.
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
