Diplomatie
25 ans de l’EAC : Entre bilan et projections pour l’avenir
Arusha, en Tanzanie, abrite ce 29 novembre 2024, le 24e Sommet Ordinaire et le 25e anniversaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC).
Les Chefs d’État des pays membres se réunissent pour une importante session sous le thème « Un peuple, un destin », et qui met en lumière les progrès réalisés depuis un quart de siècle, tout en ouvrant des perspectives sur les défis et les opportunités à venir.

En 25 ans, l’EAC a accompli des avancées significatives, notamment dans le domaine du commerce. Les réformes comme le Single Customs Territory ou les Postes frontières à guichet unique ont contribué à fluidifier les échanges entre les membres. Ces initiatives, soutenues par l’interconnectivité numérique, visent à faire de la région un hub commercial dynamique. Le système de paiement régional, East African Payment System (EAPS), constitue un autre pilier de cette transformation. En facilitant les transactions transfrontalières dans des monnaies locales, il réduit les coûts pour les acteurs économiques tout en renforçant l’autonomie financière de la région.

Cette célébration est aussi une occasion de réévaluer les ambitions de paix et de sécurité dans une région confrontée à des menaces transfrontalières. Les discussions s’articulent autour du renforcement de l’architecture régionale de sécurité et de l’utilisation des technologies numériques dans les initiatives de maintien de la paix. L’objectif est clair : garantir une stabilité durable qui soutienne à la fois le développement économique et social.

Avec une population dépassant les 300 millions d’habitants et un potentiel de croissance économique remarquable, l’EAC continue de prouver que l’intégration régionale est un moteur essentiel pour le développement.
Claudine N. I.
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
