Analyses et points de vue
Le sabotage du phare de Kimpundji à Siamfumu – une attaque lâche contre la CVM et la DG Jeanne Kawanda Walwom
Dans la nuit du 18 septembre 2025, un incendie suspect a ravagé partiellement le phare de Kimpundji, un symbole historique de guidance et de sécurité pour les navires naviguant dans les eaux territoriales de la RD Congo. Situé à Siamfumu, ce phare, vieux de plus d’un siècle, a été la cible d’une attaque délibérée visant à compromettre non seulement les infrastructures maritimes, mais aussi la stabilité économique et sociale de toute la République.
Les gardiens du phare ont alerté les autorités après avoir repéré un foyer de feu à mi-hauteur de la structure, à environ 6 mètres du sol – une localisation atypique qui exclut toute cause naturelle. En effet, comme l’a confirmé l’enquête technique, “un feu de brousse ne dépasse généralement pas 2 mètres”. Les dégâts, bien que limités aux parties boisées, révèlent une intention malveillante : saboter un outil essentiel sans égard pour les vies qui en dépendent.
Face à cette crise, la Directrice Générale Jeanne Kawanda Walwom a immédiatement pris les choses en main. Accompagnée des responsables de l’agence de Banana et des équipes techniques, elle s’est rendue sur place dès le 19 septembre pour évaluer les dégâts et coordonner les réparations. Son leadership a permis de rassurer les équipes et de maintenir la continuité du service.
Le phare, grâce à ses parties maçonnées et métalliques intactes, continue d’émettre sans interruption, assurant la sécurité des navires sur une zone de couverture allant jusqu’à 500 000 km en haute mer . Mais au-delà de cette réponse opérationnelle, Madame Jeanne Kawanda Walwom incarne une résilience exceptionnelle. Dans un message interne, elle a rappelé son engagement à “préserver l’outil de travail et améliorer le social des travailleurs”.
Elle a évoqué la prochaine acquisition d’une nouvelle drague pour renforcer les capacités portuaires. Son courage face à des forces obscures qui cherchent à la déstabiliser force l’admiration. Les circonstances de cet incendie pointent vers un acte criminel orchestré dans l’ombre. Comme le souligne le rapport technique, la localisation du feu et son mode de propagation sont “atypiques et suspects”.
Cette attaque ne semble pas isolée : elle s’inscrit dans un contexte plus large de tentatives de déstabilisation de l’entreprise, probablement fomentées par certains membres du Conseil d’Administration. Animés par une haine mesquine contre la Directrice Générale, ces individus n’hésiteraient pas à saboter l’outil de travail pour obtenir sa tête, s’inspirant peut-être des récentes suspensions de dirigeants à la RVA et à la SNEL.
Leur objectif ? Créer un climat d’instabilité et de peur, affaiblir la crédibilité de Madame la DG Jeanne Kawanda Walwom, et finalement prendre le contrôle de l’institution. Cette hypothèse est corroborée par des précédents internationaux. En Norvège, des hackers pro-russes ont récemment saboté un barrage, visant délibérément les infrastructures critiques pour “créer un sentiment d’instabilité et identifier les forces et faiblesses du pays”.
De même, en Ukraine, des actes de sabotage contre des raffineries et des postes de commandement russes ont été perpétrés pour déstabiliser l’adversaire. Si les méthodes diffèrent, la logique reste la même : frapper là où ça fait mal pour semer le chaos. Le phare de Kimpundji n’est pas qu’un simple instrument de navigation. Depuis l’époque coloniale, il trône sur la zone côtière, guidant les navires et symbolisant la résilience d’une nation.
Son sabotage est une attaque directe contre l’histoire et la souveraineté du pays. Cet équipement de haute facture oriente et met en confiance les navires en approche des eaux territoriales. Le chef coutumier du village, responsable de sa surveillance, a été profondément affecté par cet incident, rappelant que la communauté locale considère ce phare comme un patrimoine ancestral. Les autorités judiciaires ont été saisies pour déterminer l’origine exacte de l’incendie.
Le parquet a ouvert une enquête, et les services spécialisés réaliseront une analyse technique judiciaire pour établir la vérité. Cette démarche est cruciale, car elle pourrait révéler des complicités internes et externes. Dans un climat où “les tentatives de déstabilisation du pays” se multiplient, il est impératif de démasquer les responsables et de les traduire en justice. Le sabotage du phare de Kimpundji est bien plus qu’un acte de vandalisme.
C’est un coup fourré destiné à affaiblir une institution vitale et à éliminer une dirigeante intègre. Jeanne Kawanda Walwom, en héroïne moderne, continue de se battre pour préserver l’outil de travail et assurer l’avenir des générations futures. Face à cette cabale, la mobilisation de tous est essentielle – employés, autorités judiciaires, et citoyens – pour dénoncer ces agissements criminels et défendre les valeurs de solidarité et de justice.
Restez informés : Nous suivrons de près les développements de cette enquête et les actions de la Directrice Générale pour rétablir la sérénité au sein de l’institution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
