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L’Archidiocèse de Kinshasa menace ses travailleurs contre une éventuelle grève
Le passage biblique « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? » (Mathieu 7 : 3) s’applique actuellement à la situation que traverse l’archidiocèse de Kinshasa, alors que ses employés menacent d’aller en grève. La hiérarchie de l’église catholique à Kinshasa s’est érigée depuis un certain temps en fer de lance pour exiger des meilleures conditions de travail et de traitement des enseignants des écoles publiques catholiques.
Mais elle s’avère elle-même incapable d’appliquer à son propre personnel le même traitement qu’elle exige de l’État congolais. Pour preuve, le syndicat des travailleurs de l’archidiocèse de Kinshasa menace d’entamer une grève générale à partir du lundi 8 novembre 2021, jusqu’à ce que l’employeur payera la totalité du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
« Nous disons non au salaire médiocre et demandons le départ de l’abbé Pérenne Musimu, Économe diocésain, et de l’abbé Dieu-Merci Babakidi, chef de Division Administrative/ Ressources Humaines », lit-on dans un document de ce syndicat parvenu à Congoprofond.net.
Dans une note circulaire d’octobre 2021 signée par l’abbé Pérenne Musimu Nkunku, l’Économat diocésain a affirmé avoir désavoué plusieurs permanents syndicaux, declarés personae non grata dans ses installations de l’Archidiocèse de Kinshasa. Il a demandé aux différents syndicats de désigner de nouveaux permanents.
Face aux menaces de grève dont elle fait l’objet, l’Archidiocèse de Kinshasa avance que la correspondance du syndicat n’a aucune valeur juridique et n’est source d’aucun droit. Par ailleurs, elle menace tout travailleur qui se livrerait à une grève sauvage de toutes formes des conséquences légales.
Contacté par nos sources, un membre du syndicat affirme que « ce n’est pas à l’employeur de désavouer des représentants de ses employés. C’est une voie vouée à l’échec ».
Face à la grève des enseignants des écoles conventionnées catholiques observée depuis le début de la rentrée scolaire 2021 sur l’ensemble du territoire national, l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo avaient pris fait et cause pour ses enseignants et avait dit ceci : « À moins qu’on me dise le contraire, la grève est un droit constitutionnel dans notre pays. On ne peut pas intimider quelqu’un parce qu’il fait la grève, mais s’il a respecté les conditions pour une grève, c’est un droit. Tout ce que je demande au ministre de l’EPST et aux enseignants, c’est de privilégier le dialogue.
Il avait fait cette déclaration, le jeudi 7 octobre dernier, à l’ouverture de la session de renforcement des capacités des membres de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique-centrale (ACEAC).
Et pourquoi ne dialogue-t-il pas avec ses propres agents qui menacent de faire la grève si l’Archidiocèse de Kinshasa ne paie-t-elle pas la totalité du SMIG ? Le ministre du Travail ne doit-il pas se saisir de ce cas vu que l’Église catholique viole déliberement la loi en n’octroyant pas à ses agents le salaire minimum fixé par l’État congolais ?
La fameuse apostrophe de Caron de Beaumarchais dans le Barbier de Seville reste encore d’actualité : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être Valets ? ».
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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Des ex-kulunas à la craie et au tableau : 500 bancs-pupitres de nouveau pour les écoles de Camp Luka
Le geste peut sembler répétitif, mais sa portée est profondément patriotique. À Camp Luka, quartier presque enclavé de la capitale congolaise, la dotation de 500 pupitres par le Service National, au nom du chef de l’État, a suscité une vive émotion. Les responsables de l’EP 1&7 Kimpangi et du lycée technique Tolendisa n’ont pas caché leur satisfaction face à cet appui matériel venu répondre à un besoin longtemps ignoré.

La gratitude d’une communauté longtemps oubliée
Dans cette cité périphérique de Kinshasa, l’attention du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a immédiatement laissé place à la gratitude.
« Nous avons un sentiment de joie et de reconnaissance pour ce que le chef de l’État, notre autorité numéro un, a fait pour la cité de Camp Luka », a confié une responsable scolaire, visiblement émue.
Pour ces établissements, souvent confrontés à un déficit criant d’infrastructures, ces pupitres symbolisent bien plus qu’un simple mobilier scolaire : ils incarnent une reconnaissance et une restauration de la dignité des élèves.
500 pupitres, symbole d’une réinsertion réussie

Au-delà de l’aspect matériel, cette dotation est l’un des résultats palpables de la transformation des anciens “kulunas”, aujourd’hui formés et réinsérés grâce au Service national. Un modèle salué unanimement par la population locale, qui appelle à sa pérennisation.
« Tous les chapeaux au Service national pour tout ce qu’il fait pour notre pays, pour les jeunes et pour les enfants », a déclaré la responsable de l’école, plaidant même pour l’acheminement de nouveaux contingents de jeunes vers Kanyama Kasese, afin de poursuivre les efforts de réinsertion, de transformation et de formation.
Former les Congolais de demain selon les besoins du pays

Présent lors de la cérémonie, le lieutenant général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, patron du Service national, a profité de l’occasion pour lancer un appel fort : celui de repenser en profondeur la formation de la jeunesse congolaise.
« Voilà ce qui peut arriver lorsqu’on veut. Si les jeunes kulunas peuvent devenir en moins de trois ans des hommes utiles à la nation, qu’est-ce que cela ne peut pas produire pour ces jeunes élèves ? », a-t-il interrogé, invitant à rompre avec un enseignement purement théorique et déconnecté des réalités nationales.
L’éducation, pilier du développement national

Pour le chef de l’État, le message est clair : il n’y aura pas de développement sans un encadrement efficient et clairement orienté de la jeunesse. Les temps d’un enseignement routinier sont révolus. Les jeunes Congolais doivent désormais être formés en fonction des besoins réels du pays, afin d’éviter qu’ils ne deviennent les laissés-pour-compte de demain.
Tchèques Bukasa
