Société
EPST : les jeunes chômeurs de Goma se disent prêts à remplacer les enseignants grévistes
Depuis le 04 octobre dernier, date prévue pour la rentrée scolaire 2021-2022, sur toute l’étendue de la République Démocratique Congo, les cours ne se donnent pas dans les écoles publiques.
Et pour cause, les enseignants avaient décidé d’entamer une grève, pour n’avoir pas eu des réponses favorables à leurs revendications.
En effet, peu avant le lancement de ce mouvement de grève, une commission paritaire entre Gouvernement et banc syndical des enseignants, avait été organisée à Kinshasa, du 27 au 30 septembre 2021, mais avait accouché d’une souris.
Actuellement, de nouvelles négociations entre banc syndical et Gouvernement congolais sont en cours à Mbuela Lodge, dans la province du Kongo central et les conclusions sont attendues.
Pendant ce temps, malheureusement, à Goma, les cours n’ont toujours pas repris.
Ce mouvement de grève est perçu différemment par les habitants de la ville touristique.
Certains parents réclament la reprise des cours, peu importe la manière.
Par contre, d’autres préfèrent attendre que le Gouvernement congolais trouve des solutions aux revendications des enseignants.
De leur côté, les jeunes chômeurs de Goma disent en avoir marre. Ces derniers encouragent le Gouvernement congolais à poursuivre des pourparlers avec le banc syndical des enseignants.
Par la bouche de Job Kamable, leur porte-parole, ces jeunes chômeurs disent aussi soutenir le remplacement des enseignants grévistes par d’autres enseignants qui pourront travailler.
Egalement, ils se disent disposés à jouer ce rôle et même remplacer les enseignants grévistes.
« Nous, jeunes congolais, certes chômeurs, nous pensons que les enseignants grévistes sont instrumentalisés par des politiciens. Cela est apparemment fait pour combattre la gratuité que reconnait la constitution congolaise et que le chef de l’Etat a décidée de mettre en pratique. Tout de même, nous encourageons le Gouvernement congolais à poursuivre les négociations avec le banc syndical pour que soient trouvées des vraies solutions aux désidératas des enseignants. Et si les enseignants ne retournent pas dans des écoles, le temps que leurs syndicalistes négocient avec le Gouvernement congolais, nous soutenons le ministère de tutelle dans sa décision de vouloir remplacer ceux qui ne veulent pas retourner à l’école », explique Job Kambale.
A l’en croire, les jeunes chômeurs sont disposés à embrasser la carrière de l’enseignement. Ils sont prêts à œuvrer même comme nouvelles unités du système éducatif congolais.
« D’abord, nous sommes au chômage, nous avons besoin du boulot et sommes prêts à travailler avec courage. Comme ces enseignants-là, nous sommes aussi congolais. Nous leur recommandons juste de reprendre avec leur boulot. Par ce que nous, une fois à leur place, jamais on se plaindra disant que le salaire est insuffisant, par ce que nous, on a rien. Même s’il est vrai que leurs conditions doivent être améliorées », martèle-t-il.
A la fin de la semaine passée, l’intersyndical des enseignants, par la bouche de Godefroid Matondo, son porte-parole, avait décidé de suspendre la grève, tout en appelant à la reprise des cours, dès le lundi 01 novembre 2021. Cet appel a été boudé par les enseignants qui disent ne pas faire confiance aux promesses du Gouvernement congolais.
Qu’adviendra-t-il des enfants inscrits dans les écoles publiques de la RDC où les cours n’ont jamais repris, alors que ceux des écoles privées étudient depuis le 04 octobre dernier ?
Les observateurs s’interrogent et disent attendre, l’avenir en dire plus.
Néanmoins, il y a lieu de s’interroger sur les véritables motivations de ces jeunes chômeurs qui se portent candidats au remplacement des enseignants grévistes et qui encouragent le ministre à poser des actes illégaux.
Ne sont-ils pas instrumentalisés, eux-mêmes, par des politiciens, comme ils le prétendent pour les enseignants grévistes ?
Il est bon, à ce sujet, de noter qu’on ne s’improvise pas enseignants parce qu’on est au chômage. L’enseignement est une profession qui requiert une qualification. Il faut avoir fait la pédagogie ou l’agrégation pour avoir la qualité d’enseignant.
Ces compatriotes, jeunes chômeurs gomatraciens, remplissent tous ce critère ?
Aussi, l’opinion doit retenir qu’il a été prouvé, noir sur blanc, que la désactivation des enseignants grévistes, était une mesure illégale et le ministre de l’EPST a été contraint à réactiver les enseignants désactivés pour motif de grève. Aujourd’hui, c’est chose faite.
Bref, la démarche entamée par ces jeunes gomatraciens, qui se présentent aujourd’hui en bon samaritain, n’a aucune chance d’aboutir.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
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Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
