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La lutte pour la liberté d’expression : La collision entre le pouvoir politique et la presse en RD Congo
La République Démocratique du Congo est le théâtre d’une lutte constante entre le pouvoir politique et la presse, une bataille qui façonne l’avenir de la démocratie et de la liberté d’expression dans le pays. La domination financière de certains acteurs publics sur les médias, l’art et la musique pèse lourdement, étouffant la voix des artistes et des journalistes, limitant ainsi leur capacité à exprimer librement leurs pensées.
Cette emprise financière a entraîné une déformation mensongère de la réalité, sapant la qualité des sujets traités et compromettant le rôle formateur de la presse. Les journalistes et les artistes se retrouvent souvent contraints de s’autocensurer ou de grossièrement spéculer craignant des représailles financières ou même physiques s’ils osent défier le statu quo.
La campagne électorale, qui a abouti aux élections générales du 20 décembre 2023, a été un moment de très grandes illustrations de ces dérives. La manipulation des faits, qui sont pourtant sacrés en journalisme, par certains médias et professionnels de la presse avait atteint des sommets jusque-là insoupçonnés, impensables et inimaginables.
En 2024, le président du CSAC, Christian Bosembe, est confronté à un défi crucial : ouvrir le chantier de la réforme pour garantir la liberté d’expression. Cela nécessitera des mesures audacieuses pour démêler les liens financiers étroits entre le monde politique et les médias, ainsi que pour instaurer des garde-fous contre la censure abusive et la manipulation criminelle de l’information.
Il est impératif que le président Bosembe et ses collègues prennent des mesures concrètes pour garantir que la presse puisse remplir son rôle essentiel de contre-pouvoir et d’éducation citoyenne. En l’absence d’une presse libre, la démocratie congolaise restera entravée, et la voix du peuple continuera d’être étouffée par les intérêts politiques et financiers.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
