Justice
La justice congolaise démasquée : Au-delà de la corruption, l’obscénité
Depuis des décennies, la justice congolaise a été entachée par des scandales de corruption, mais les récentes divulgations ont révélé un visage encore plus sombre et abject. Les pratiques d’arbitrage électoral opaque, le remplacement des députés élus par des non-élus sous prétexte d’une simple erreur matérielle et l’achat de conscience ont atteint l’apogée.
La réhabilitation d’élus invalidés pour fraude manifeste ont transformé le système judiciaire en un théâtre de l’absurde. Les procès, autrefois censés être des garants de la justice et de l’équité, sont devenus des outils de manipulation politique. Lorsque des acteurs politiques s’opposent au gouvernement en place, les procès sont programmés avec une célérité surprenante.
Cependant, dès qu’ils rejoignent les rangs de la majorité présidentielle, les procès sont mystérieusement repoussés, jetant ainsi une ombre sur l’impartialité du système judiciaire. Cette décadence de la justice congolaise soulève des questions fondamentales sur l’état de la démocratie et de l’État de droit dans le pays. Et pourtant, c’est la justice qui élève une nation.
Les citoyens sont en droit de demander des comptes à un système judiciaire qui semble avoir trahi son devoir de protéger les intérêts du peuple au profit de quelques puissants. Il est grand temps que la lumière soit faite sur ces pratiques scandaleuses, et que des mesures concrètes soient prises pour restaurer la confiance du peuple congolais envers son système judiciaire.
L’heure est venue de dénoncer sans équivoque l’injustice et l’abus de pouvoir qui gangrènent la justice congolaise, et d’exiger des changements radicaux pour un avenir plus juste et équitable pour tous. La justice, c’est comme la Sainte Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe. Car la justice, la vraie, imprime la paix parce que la force provoque la résistance.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Justice
Butembo : le COVISMAKI exige justice pour les victimes des massacres de Kikyo, 28 ans après
« Nous demandons que justice soit faite pour les victimes de Kikyo », a déclaré Junior Mastaki Milton, ce mardi 14 avril 2026 à Butembo, lors de la commémoration des massacres du 14 avril 1998. À travers cette prise de parole, le coordonnateur du COVISMAKI a réaffirmé l’engagement des victimes et de leurs familles à obtenir réparation pour ce drame longtemps resté impuni.
Organisée à la paroisse Saint Sacrément de Lyambo, dans la commune de Kalemire, cette journée de mémoire a rassemblé plusieurs fidèles, autorités locales et acteurs communautaires. Le COVISMAKI a profité de cette célébration eucharistique pour rappeler l’importance de préserver les lieux d’inhumation et de transmettre la mémoire des victimes aux générations futures.

Dans son intervention, Junior Mastaki Milton a insisté sur la responsabilité collective face à ce passé douloureux : « Chaque 14 avril, nous entretenons les tombes pour que les traces ne disparaissent pas », avant d’ajouter que « si ces massacres ont été reconnus, il est incompréhensible que la justice tarde encore à être rendue ».
La commémoration a également connu la participation de plusieurs députés provinciaux, dont Chafi Musitu, Kambale Kibakose Moïse et Christian Mafungula, venus témoigner leur solidarité. Tous ont relayé le message de justice et de reconnaissance en faveur des victimes et de leurs familles.

Des survivantes ont livré des récits poignants, à l’image de Cécile Kavira, qui a perdu son mari enseignant lors des violences. « Il a été tué par balle en tentant de fuir et enterré près du lieu du crime », a-t-elle confié, évoquant aussi les difficultés persistantes auxquelles font face les veuves et les orphelins depuis ce drame.
La journée s’est clôturée par une procession à travers les principales artères de la ville jusqu’au cimetière de Kitatumba, où des gerbes de fleurs ont été déposées au mémorial de Kikyo. Près de trois décennies après les faits, les familles continuent de dénoncer l’absence de justice pour ces centaines de civils tués ou enterrés dans des fosses communes en 1998.
Dalmond Ndungo
