Analyses et points de vue
La carte du sous-sol congolais reste à Tervuren : la Belgique verrouille l’accès aux richesses stratégiques
Le contentieux qui oppose aujourd’hui la Belgique à la RD Congo autour des archives géologiques coloniales n’a rien d’un simple différend technique sur la numérisation de documents poussiéreux. Sous les décombres apparents d’une querelle administrative entre État belge, gouvernement congolais et compagnie minière américaine KoBold Metals, c’est bien un affrontement géostratégique qui se joue.
Kinshasa voudrait accélérer l’exploration de son sous-sol en s’appuyant sur l’intelligence artificielle d’une entreprise américaine, afin de localiser avec précision les gisements de cobalt, lithium ou cuivre dont le monde entier a besoin. Mais Bruxelles refuse de livrer la cartographie minière à un acteur privé étranger sans lien contractuel avec elle, tout en affirmant qu’un projet européen de numérisation est déjà en route.
Derrière les arguments juridiques, une constante immuable des relations internationales se dévoile : les États n’agissent jamais par pure générosité, mais par calcul d’influence, de contrôle et d’intérêt. La position belge illustre avec une netteté presque cynique la manière dont la conservation patrimoniale peut servir d’instrument de puissance différée. L’Africa Museum de Tervuren détient un trésor cartographique unique.
Il détient des décennies de prospections, forages et relevés effectués sous administration coloniale, qui dessinent avec une précision remarquable la géologie congolaise. Ce savoir, Kinshasa voudrait aujourd’hui le confier à KoBold Metals pour en faire un levier de développement accéléré. Mais pour Bruxelles, l’enjeu n’est pas seulement de garantir une transmission ordonnée des archives : il est de contrôler le tempo, les modalités et les bénéficiaires de ce transfert.
En verrouillant l’accès direct à une entreprise non européenne, la Belgique ne défend pas seulement un processus formel ; elle préserve, au bénéfice de ses propres industries et de ses partenaires communautaires, un avantage informationnel patiemment conservé depuis l’indépendance. L’Union européenne elle-même, à travers le financement d’une numérisation publique des archives, agit.
Elle agit moins en médiateur désintéressé qu’en acteur stratégique soucieux de sécuriser l’approvisionnement futur en minerais critiques. En proposant un canal institutionnel exclusif, elle écarte implicitement l’entrée sur ce marché d’un concurrent américain qui dispose pourtant d’une avance technologique réelle dans le traitement des données par intelligence artificielle. Le message est clair : la RDC recevra ses archives.
Mais selon un calendrier, des règles et des circuits qui ne compromettent pas les intérêts miniers européens. Le contrôle des ressources naturelles congolaises, hier assuré par l’administration coloniale directe, passe aujourd’hui par la maîtrise des données, des normes et des temporalités. La souveraineté affirmée de Kinshasa se heurte à une souveraineté de fait de Bruxelles sur son propre passé.
Au-delà du cas belgo-congolais, ce différend révèle une vérité brutale des relations internationales contemporaines : l’accès aux ressources stratégiques demeure le moteur silencieux des politiques étatiques, fût-ce au prix d’une contradiction assumée avec les discours sur la coopération, la réparation ou le partenariat. La Belgique se présente comme garante d’un patrimoine commun en voie de restitution, mais elle en régule étroitement l’usage au profit d’un espace économique dont elle est membre.
La RDC, officiellement future propriétaire exclusive de ces données, se voit privée du droit d’en disposer librement et rapidement. KoBold Metals, entreprise innovante, est tenue à l’écart d’un marché que l’Europe veut capter. Dans ce théâtre d’ombres où se joue l’avenir de la transition énergétique mondiale, les archives de Tervuren ne sont pas seulement des documents historiques : elles sont une arme de domination lente, patiemment conservée dans les tiroirs d’un musée.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
