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Kwilu/COVID-19/Caritas: aide d’urgence aux déplacés d’Idiofa expulsés de l’Angola
Un projet d’aide d’urgence multisectorielle de la Caritas Rd congo et Allemagne vient d’être mis en place en faveur des déplacés internes d’idiofa, retournés forcés de l’Angola et la population hôte, de la province du Kasaï-Central dans le cadre de la riposte contre la pandémie de COVID 19.
C’est dans le but de contribuer à la contention de la propagation de la pandémie de la COVID-19 et à la réduction de la morbi-mortalité liée à cette pandémie dans la province du Kwilu, que Mgr Moko, Évêque du diocèse d’Idiofa, a lancé ce projet mercredi 09 septembre 2020 en l’Espace Cana de la ville d’Idiofa. Présents à cette cérémonie, le Secrétaire Exécutif de la Caritas Congo Asbl et des autorités politico-administratives et sanitaires locales.
D’une durée de six mois, ce projet, qui vise la réduction de risque de transmission de la covid19 dans 5 zones de santé du territoire d’Idiofa, est financé par la Caritas Allemagne à hauteur de 583.000 dollars américains. Il est exécuté par la Caritas-Développement Idiofa, sous l’accompagnement technique et financier de la Caritas Congo Asbl, qui en a mené le plaidoyer auprès de son partenaire allemand.
Ce projet fait suite à un autre projet exécuté avec l’appui financier du même bailleur dans la province voisine du Kasaï Central, notamment d’où sont partis plusieurs compatriotes expulsés de l’Angola.
Durant les six mois du projet, l’action de la Caritas Congo Asbl et de la Caritas-Développement Idiofa consistera à renforcer les capacités des prestataires (Médecins, Infirmiers, Animateurs Communautaires…) ; renforcer les capacités des techniciens de
Laboratoire et des hygiénistes sur la COVID 19. Ces Zones de Santé seront dotées des intrants /matériels pour renforcer les gestes-barrières et la prévention de COVID.
En outre, les personnes de 3ème âge et les enfants abandonnés vivant dans les hospices et /ou couvents bénéficieront d’une prise en charge alimentaire, au-delà de la sensibilisation.
Pour le Secrétaire Exécutif de la Caritas Congo Asbl, Boniface Nakwagelewi ata Deagbo, la Caritas Rdcongo et Allemagne attendent un suivi pour la réalisation optimale des objectifs de ce projet.
“La COVID-19 est là ; nous devons vivre avec. Mais, tout en respectant l’application
stricte des mesures ad hoc pour freiner la maladie”, a-t-il souligné.
“A ce jour, la province du Kwilu, distante de la ville de Kinshasa d’environ 550 Kms par route, rapporte 6 cas confirmés de COVID-19.
Cependant, il est important d’attirer l’attention de notre population que cette pandémie COVID-19 risquerait de progresser très vite dans cette province, si des mesures-barrières édictées par le Ministère de la Santé ne sont pas appliquées correctement », a-t-il relevé.
L’Eveque d’Idiofa a insisté sur l’utilisation des kits qui sont des biens communs et sacrés en appelant la communauté d’idiofa à la vigilance sur leur utilisation.
Elda ALONG/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
