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Kwango: le mémorial « Mvunzi Meya » sera inauguré le 16 décembre
La jeunesse du Kwango veut honorer son leader, l’ancien ministre des Affaires coutumières, feu Eyrolles-Michel Mvunzi Meya, décédé en décembre 2020. Elle se propose, ainsi, d’ériger un mémorial en mémoire de l’illustre disparu.
Il s’agit d’une initiative du Professeur Fils Makanzu Imwangana, son directeur de cabinet, qui garde de bons souvenirs de celui qui est rapidement devenu le maître à penser d’une jeunesse qui a trouvé un modèle politique dans le chef de Mvunzi Meya.
Ce mémorial est ce que Meran Mangungu nomme une vangeance par l’intelligence, en ce sens que les jeunes de Kenge n’ont pas réussi à convaincre la famille Meya à obtenir son enterrement dans la ville de Kenge. La famille, fidèle à sa tradition, a choisi le village de naissance du ministre, une petite bourgade perdue dans le secteur de Pelende-Nord, à la frontière avec l’autre secteur de Mosamba. C’est là que la famille a choisi d’enterrer son frère dans la stricte intimité. Auprès de ses deux parents décédés avant lui.

Face à cet aveu d’échec, c’est un mémorial qui sera érigé à Kenge. Pour le directeur de cabinet et ami de Mvunzi Meya, ce sera un cadre où ceux qui ont connu et aimé Michel iront se recueillir et lui rendre les hommages. Il conçoit cet ouvrage également comme un lieu de pèlerinage où ceux qui ont cru au message sur le changement de la classe politique au Kwango de Mvunzi Meya iront le réécouter.
Lors de la dernière réunion du directoire du Renovac, parti politique que Mvunzi Meya dirigeait, le Prof. Fils Makanzu a expliqué les motivations et les contours de l’érection du mémorial à Kenge.
Il prévoit d’installer les reliques du défunt, les photos souvenirs de grands moments de sa lutte, ses discours officiels et de circonstance, allant de son fameux discours de campagne électorale sur le changement de la classe politique au Kwango, jusqu’à ses interventions sur les affaires coutumières.
Fils Makanzu entend par ce geste rencontrer la volonté des forces vives du Kwango et surtout de jeunes qui ont prié que leur idole soit inhumé à Kenge.
Sans tarder, Fils Makanzu a contacté un ingénieur architecte et la maquette a été réalisée et présentée.
C’est une bâtisse en verre et en marbre où trône le portrait et le buste en bronze de l’illustre disparu. Les « touristes » et autres pèlerins auront le loisir de visiter les réliques du défunt et écouter sa voix en « play-back ».
Le projet avance à grands pas. Les jeunes de Kenge que mobilise Fils Makanzu, sont déterminés à inaugurer le mémorial de leur leader le jour du premier anniversaire de sa mort, le 16 décembre 2021. Lundi 25 janvier 2021, Fils Makanzu a signé la correspondance de demande d’espace qui doit abriter le mémorial, adressée au maire de la ville de Kenge. Par ailleurs, nos sources indiquent que le gouverneur de province, Jean-Marie Peti-Peti, qui soutient le projet, a désigné la Place de la Pleureuse, pour l’érection du mémorial Mvunzi Meya.
Prof Fils Makanzu mène également des démarches auprès des autorités provinciales et au gouvernement central, en vue d’obtenir un édit ou une loi instituant la date du 16 décembre comme celle de l’éveil de la jeunesse du Kwango.
Mvunzi Meya est considéré au Kwango comme le leader de la jeunesse, le visionnaire, le libérateur ou le Moïse de toute une génération.
Il est le premier jeune de sa génération à se lancer en politique, domaine longtemps réservé à une caste bien identifiée.
Révolté, Mvunzi Meya a apporté un discours axé sur le changement de la classe politique dans sa province. En 2018, il gagne les élections législatives nationales et bat plusieurs challengers.
Son discours de campagne électorale, marqué par des illustrations de la sagesse bantoue traditionnelle, a été largement entendu et intériorisé par la population de la circonscription électorale de Kenge-teritoire.
Meilleur élu député nationale avec des suffrages pharaoniques, Mvunzi Meya a été nommé ministre au gouvernement Ilunkamba.
Mvunzi Meya a dédié sa victoire politique sur les « bisimbi » à toute la jeunesse kwangolaise. Il répétait qu’il ne s’est pas lancé en politique pour avoir de l’argent ; mais pour offrir un modèle politique à sa génération et aux générations futures. Il disait que plusieurs jeunes se lanceraient en politique dans le but de régner comme lui. « Ce n’est plus un tabou, nous avons cassé le mythe », disait-il. Mvunzi Meya était prophète ?
Altruiste, généreux, serviable, mais surtout rassembleur, Mvunzi Meya est vite devenu la référence et le modèle d’un politique pour les jeunes. Son courant de pensée et son mode de vie a rapidement inspiré dans son entourage et dans toute la communauté.
Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
