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Actualité

Kwango : le gouverneur Bitwisila face aux députés en huis clos

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Entre l’exécutif et l’organe délibérant, ça tourne au ralenti au Kwango. Depuis un certain temps, les rumeurs font état d’un climat maussade entre les deux institutions. Selon des commentaires sur les réseaux sociaux, les députés voudraient déchoir le gouverneur Willy Bitwisila, et une motion de défiance serait en gestation. De son côté, l’exécutif se méfierait.

Pour dissiper le malentendu, l’Assemblée provinciale a préconisé une rencontre à huis clos, suivant la proposition du député Jean-Marie Peti-Peti Tamata, qui, du reste, est un ancien gouverneur expérimenté.

Selon un député ayant requis l’anonymat, les députés reprochent au gouverneur, notamment, d’entretenir une discrimination parmi eux. Il traiterait bien un groupe de 13 députés qui lui ont accordé leurs suffrages lors des élections d’avril dernier, et considérerait les 11 autres comme des adversaires.

La même source fait également savoir que les députés provinciaux se plaignent du non-paiement du complément d’émoluments qui leur est dû, à la charge de l’exécutif.

Il y a aussi cette question de la gestion du ciment que l’exécutif reçoit périodiquement de Cimko, un assujetti, pour le compte de la DGRKWA (la principale régie financière du Kwango). Certains députés veulent y voir plus clair.

Tous ces sujets, et bien d’autres, créent de la frustration au Kwango.

Les députés ont alors choisi d’échanger « en famille », par ce huis clos, au lieu de convoquer le gouverneur en « interpellation », ce qui donnerait lieu à des interprétations variées.

Émile Yimbu / CONGOPROFOND.NET

Politique

Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle

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En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.

Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.

Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.

Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.

En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.

En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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