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Kwango : le gouverneur Bitwisila face aux députés en huis clos
Entre l’exécutif et l’organe délibérant, ça tourne au ralenti au Kwango. Depuis un certain temps, les rumeurs font état d’un climat maussade entre les deux institutions. Selon des commentaires sur les réseaux sociaux, les députés voudraient déchoir le gouverneur Willy Bitwisila, et une motion de défiance serait en gestation. De son côté, l’exécutif se méfierait.
Pour dissiper le malentendu, l’Assemblée provinciale a préconisé une rencontre à huis clos, suivant la proposition du député Jean-Marie Peti-Peti Tamata, qui, du reste, est un ancien gouverneur expérimenté.
Selon un député ayant requis l’anonymat, les députés reprochent au gouverneur, notamment, d’entretenir une discrimination parmi eux. Il traiterait bien un groupe de 13 députés qui lui ont accordé leurs suffrages lors des élections d’avril dernier, et considérerait les 11 autres comme des adversaires.
La même source fait également savoir que les députés provinciaux se plaignent du non-paiement du complément d’émoluments qui leur est dû, à la charge de l’exécutif.
Il y a aussi cette question de la gestion du ciment que l’exécutif reçoit périodiquement de Cimko, un assujetti, pour le compte de la DGRKWA (la principale régie financière du Kwango). Certains députés veulent y voir plus clair.
Tous ces sujets, et bien d’autres, créent de la frustration au Kwango.
Les députés ont alors choisi d’échanger « en famille », par ce huis clos, au lieu de convoquer le gouverneur en « interpellation », ce qui donnerait lieu à des interprétations variées.
Émile Yimbu / CONGOPROFOND.NET
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Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
