Société
Kwango : Faut-il détruire la presse ?
Les journalistes de la province du Kwango, notamment ceux de la ville de Kenge (chef-lieu), traversent des moments difficiles où ils doivent braver insécurité et menaces.
Tenez : lundi 16 mai, la ville de Kenge a été bouleversée par l’arrestation spectaculaire du journaliste Joël Kabinzi dit « Mfumu Mpa », animateur d’un programme de Radio Ngoma Kwango. L’arrestation a été opérée par l’avocat général lui-même, qui accuse le journaliste de manquer de respect aux magistrats de Kenge. Joël Kabinzi a été traîné comme un lézard et sa boutique des téléphones cellulaires, d’où il a été cueilli, est restée en débandade.
Après une audition au parquet général, il a été immédiatement transféré au Tribunal de Paix, où l’instruction a continué jusque tard dans la nuit. Il est gardé au cachot communément appelé « Trois Madusu ».
Le directeur général de Ngoma Kwango, Saul Lubamba, s’est plaint de l’intrusion des hommes se présentant envoyés par le parquet pour chercher les enregistrements des émissions de Joël Kabinzi.
« Ces agents n’avaient aucun mandat de perquisition du magistrat et ont tracassé le technicien », a alerté Saul Lubamba.
Ce même lundi 16 mai dans la nuit vers 22 heures, un autre journaliste a failli laisser sa peau dans une attaque d’un policier. Olivier Makambu, Directeur des programmes de la RCRK (Radio communautaire du Renouveau au Kwango), est tombé dans une embuscade lui tendue par un policier isolé.
Après son assistance à son confrère Joël Kabinzi, Olivier Makambu venait de boucler sa prestation et il rentrait chez lui lorsque, de pénombre, un policier l’attaque avec effet. Le journaliste s’est défendu comme un homme et a eu la vie sauve. Dans la lutte pour la survie, il a perdu ses outils de travail (casques, dictaphones, téléphones portables). Le matin, il a porté plainte contre le policier. Cet après-midi, Olivier Makambu a confié à CONGOPROFOND.NET qu’il connait le policier qui l’a agressé.
Dans sa fuite, le policier a proféré des menaces de mort à l’encontre du directeur des programmes de la RCRK.
Cette saga contre les journalistes à Kenge intervient quelques jours après la séance de travail convoquée par le directeur provincial de l’agence des renseignements, qui du reste a laissé échapper des révélations sur ce qui pourrait attendre les journalistes s’ils continuent d’énerver les autorités et la loi.
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
Société
Kinshasa « Ville morte » du 3 juin : La PNC déployée aux alentours du Stade des Martyrs
En ce du mercredi 3 juin 2026, journée « ville morte » décrétée par la plateforme de l’opposition C64, la Police nationale congolaise a massivement quadrillé les alentours du Stade des Martyrs de la Pentecôte, situé dans la commune de Kinshasa.
Dès les premières heures de la matinée, des pick-up de la Légion nationale d’Intervention et des unités anti-émeutes ont pris position sur le boulevard Triomphal. Casqués et armés, les éléments de la PNC ont installé un dispositif dissuasif devant l’enceinte du stade, symbole majeur de la capitale.
L’appel à la « ville morte » vise à protester contre le projet de changement de constitution et la situation sécuritaire à l’Est, selon les opposants. Si plusieurs artères de Kinshasa ont tourné au ralenti, le déploiement policier autour du Stade des Martyrs illustre la tension. Les commerces environnants sont à moitié fermés et la circulation fortement réduite.
Aucun incident majeur n’a été signalé en fin de matinée. Les autorités avaient prévenu : « la PNC prendra toutes les dispositions pour garantir l’ordre public ». L’opposition dénonce, elle, une « militarisation excessive » pour étouffer l’expression citoyenne.
Blaise ABITA
